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15 apports fondamentaux du christianisme à l’Europe et au monde

© Patrick Hertzog | AFP
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Le pardon, l’idée de la "personne", la gratitude, sont quelques exemples vivants de ce que le christianisme apporte, quotidiennement, au monde.

« De toutes les religions qui ont jamais existé, la religion chrétienne est la plus poétique, la plus humaine, la plus favorable à la liberté, aux arts et aux lettres. Le monde moderne lui doit tout, depuis l’agriculture jusqu’aux sciences abstraites, depuis les hospices, bâtis pour les malheureux, jusqu’aux temples élevés par Michel-Ange et décorés par Raphaël. Il n’y a rien de plus divin que sa morale, rien de plus aimable, de plus pompeux que ses dogmes, sa doctrine et son culte ; elle favorise le génie, épure le goût, développe les passions vertueuses, donne de la vigueur à la pensée, offre des formes nobles à l’écrivain et des moules parfaits à l’artiste. »

Cet extrait du Génie du christianisme de Chateaubriand aurait pu servir d’incipit au dernier livre d’Antoni Matabosch, prêtre, professeur et ancien président de la Fondation Joan Maragall, qui vient d’être décoré de la croix de saint Georges par le gouvernement de Catalogne. Selon l’auteur, en ce XXIe siècle, il est possible de distinguer quinze héritages principaux..

L’idée de « personne »

Dans la tradition judéo-chrétienne, nous recevons la bonne nouvelle selon laquelle Dieu veut établir une relation d’amour et d’amitié avec chaque homme et chaque femme. Tous les êtres humains sont amis de Dieu de la même manière. La dignité suprême de chaque homme et de chaque femme est un bien indéniable pour la démocratie. C’est un apport culturel suprême et non négociable. Dans l’avancée de la réflexion chrétienne, cette dignité humaine fut par la suite dénommée « personne ». En voici les quatre dimensions principales : chaque personne a sa subjectivité et son individualité. Chacun s’appartient, et est autonome (c’est ce qui fait la valeur unique et singulière de chaque personne). Une personne est également ouverte à un autre « soi » et aux autres. Être une personne, c’est être parmi les autres, dans la solidarité. C’est, pour finir, une propension à s’ouvrir à Dieu.

La primauté de « l’être » sur « l’avoir »

Si l’on n’accorde pas une place de choix à chaque personne humaine et à son développement personnel, on a tôt fait de tomber dans le « fétichisme de la marchandise » dont parle Marx. Le consumérisme et le productivisme à outrance nous enferment dans un système où nous sommes absorbés par ce qui est extérieur. Or, l’excès ne nous rend pas meilleur en tant qu’individu. Au contraire, il nous fait tomber dans le piège de la toute-puissance de l’apparence extérieure et de la tyrannie de la propagande.

La synthèse du logos (la raison) et de l’agapè (l’amour)

La tradition grecque nous a montré la valeur de ce qui est rationnel, de la raison, dont les fruits furent nombreux au cours de l’histoire de l’Europe, et plus particulièrement dans l’ère moderne. C’est pourquoi nous devons faire preuve de prudence à l’égard des courants de pensée actuels qui parlent de « pensée faible » (Vattimo), de « pensée ou de société liquide » (Bauman) ou encore de post-vérité. Cependant, nous devons également rejeter le rationalisme unidimensionnel. La dignité humaine exige que tout (même ce qu’il y a de plus subtil et pointu sur le plan intellectuel) doit être imprégné de l’amour. Ce n’est pas pour rien que l’on parle de nos jours d’intelligence émotionnelle. Saint Augustin, en son temps, disait déjà : « Point de vérité sans charité ». Seule la raison ancrée dans ce qu’il y a de plus fondamental – l’amour – s’avère être la matrice la plus raisonnable et donc la plus fructueuse d’une bonne culture. Cet équilibre, entre raison et amour, nous aide aussi à comprendre le côté rationnel de la foi.

L’Histoire, cet espace dans lequel agit la liberté créatrice de l’humanité

Le progrès historique trouve son sens dans l’activité humaine, qu’elle soit individuelle ou collective. Il n’existe pas de déterminisme fataliste ni d’éternel retour. Il existe un monde et une société qui peu à peu, crée la culture par le biais de l’intervention de l’homme. On ne pourrait donc être plus éloigné d’une vision tragique du processus historique même si, du fait de la liberté de l’homme, l’humanité peut avancer comme elle peut reculer. La réalité est le produit de la liberté.

Les droits de l’Homme, la valeur de la démocratie, l’État de droit

Le fait de comprendre l’être humain comme étant une personne dont la dignité est inaliénable a mené, petit à petit, à l’affirmation universelle des droits de l’Homme, qui fut finalement l’objet de la déclaration des Nations unies, en 1948. Les droits de l’Homme offrent une base solide pour établir et vivre dans une démocratie, qui repose sur l’État de droit.

L’ouverture à la transcendance

Quand une société se replie sur elle-même et qu’elle ne s’ouvre pas à ce qui la dépasse, elle suffoque et finit par s’assécher. Il est capital pour une société de s’ouvrir aux « transcendantaux » que sont la beauté, la vérité et la bonté. Cela comprend la religion, associée à une ouverture à d’autres dimensions. Cette ouverture est la source de grandes initiatives, de créations nouvelles.

L’œcuménisme et le dialogue interreligieux

L’œcuménisme cherche à favoriser l’unité des chrétiens, et de leurs différentes églises, dans une Europe au visage chrétien multiple et qui fut, par le passé, le foyer de nombreux conflits de religion. L’œcuménisme repose sur la liberté religieuse ; sur l’acceptation des valeurs des autres où chaque groupe a son identité propre et clairement établie, mais reste ouvert à des idées nouvelles. Il s’appuie également beaucoup sur le dialogue. D’autre part, le spectre des religions qui composent l’Europe évolue. L’expérience du dialogue inter-religieux entre membres des différentes confessions contribue grandement au maintien de la paix et à une coexistence pacifique.

L’encouragement à un « islam européen »

Certaines valeurs et perspectives chrétiennes profondément ancrées dans la culture européenne, et qui en font désormais partie intégrante, peuvent aider les musulmans installés en Europe à pratiquer un islam qui ne soit pas une transposition pure et simple des traditions religieuses de leurs pays d’origine. Les valeurs qui fondent l’Europe pourraient les mener à une acceptation plus large de tous les droits de l’Homme, en introduisant une dimension herméneutique dans les textes sacrés de l’islam, pour que l’islam devienne peu à peu une religion purement religieuse.

L’unité de la famille humaine et la solidarité universelle

La tradition européenne, basée sur l’enseignement de la Bible, nous enseigne que tous les hommes et toutes les femmes sont égaux dans leur dignité et constituent une seule humanité. Il faut donc que nous soyons solidaires de tout le monde habité. « L’Europe, que nous avons été appelés à construire, doit être capable d’offrir au monde entier un nouvel apport de sagesse : une sagesse qui prend sa source dans cette culture millénaire qui a mûri au fil des siècles, par l’élan du christianisme. Ce que l’on attend de l’Europe, c’est qu’elle ne se referme pas sur elle-même, mais qu’elle continue à être ouverte à toute forme de coopération, en priorité pour venir en aide aux peuples et aux pays qui en ont le plus besoin. Il s’agit aussi de construire une civilisation dans laquelle l’homme se réconcilie à nouveau avec la création, avec son prochain, avec lui-même », disait le cardinal Martini. Il ne suffit pas de « créer une maison européenne commune » ; nous devons contribuer à la création d’une « famille de nations ».

Une culture nouvelle de solidarité accueillante

La tradition chrétienne met l’accent sur l’amour des autres par le biais des œuvres de miséricorde. L’Europe doit apprendre à créer un système et une culture de l’asile, de l’immigration. Nos portes devraient être ouvertes aux immigrés et aux réfugiés. Le rejet de l’autre fait de l’Europe un continent égoïste et triste.

Le droit des peuples

Dans les « nouveaux » droits de l’Homme, il faut compter, aux côtés des droits individuels et des droits économiques, les droits des peuples, ces peuples qui, basés sur une culture propre, forment une nation même s’ils n’ont pas d’État. Jean Paul II l’a répété à de nombreuses reprises, notamment au siège des Nations unies en 1995. L’Europe devrait se pencher sérieusement sur les problèmes et les injustices qui émanent du fait qu’elle n’est fondée que sur des États-nations. Elle devrait également s’intéresser à un processus d’unification universelle et à la pluralité des entités qui la composent.

La distinction entre politique et religion, entre État et religion

Les vicissitudes de l’Histoire furent diverses et variées. Mais si nous remontons aux racines du christianisme, les chrétiens sont en mesure de véhiculer l’idée de l’importance de la séparation de l’Église et de l’État, de l’importance de la liberté religieuse, de l’État qui reconnaît les bases positives de la religion, et la nécessité de créer des terrains d’entente et des concordats pour assurer la paix sociale.

Des structures universelles et le principe de subsidiarité

Afin de parvenir à construire et à consolider un monde solidaire, dans lequel tous les peuples de la terre sont respectés, il est plus que nécessaire de créer des structures internationales : nouveau droit international, une nouvelle structure économique et financière mondiale, des cours de justice qui aident à surmonter les tensions entre les peuples, un gouvernement universel et démocratique qui soit au-dessus des formes actuelles de souveraineté, etc. La ligne directrice de cette nouvelle forme de communauté mondiale serait nécessairement l’application rigoureuse du principe de subsidiarité, selon lequel tout ce qui peut être fait à un niveau inférieur d’autorité n’a pas besoin d’être effectué à un niveau plus élevé, ceci dans le but de favoriser la participation du maximum de personnes à tous les échelons. Il serait bon que l’Europe soit un exemple en la matière.

La création d’une « maison européenne commune »

L’assemblée œcuménique européenne de Bâle a insisté sur le fait que les chrétiens doivent contribuer à la redécouverte de l’âme de l’Europe, à réinstaurer une sorte de « maison européenne commune », un mode de vie fondé sur l’humanisme comportant des « règles de la maison » qui seraient observées avec un souci d’égalité, de partage de valeurs, de dialogue et d’hospitalité, etc.

Le pardon qui réconcilie, l’hospitalité et la gratitude

Afin de pouvoir mettre en pratique ces valeurs qui appartiennent à la tradition européenne, il est nécessaire d’appliquer certaines pratiques dont l’origine chrétienne ne fait aucun doute et qui sont gage d’humanité. Quand il s’agit de surmonter des conflits, des guerres ou encore le terrorisme de manière sincère et efficace, il arrive un moment où seul le pardon peut mener à une réconciliation et à une paix durable et profonde. Seule une attitude qui accueille tous les modes de vie et toutes les personnes (qu’elles viennent de près ou de loin) peut établir une base solide qui permette aux citoyens de vivre ensemble en harmonie. La gratitude est la capacité à pouvoir reconnaître ce que l’on reçoit comme étant un cadeau, comme un présent qu’il faut protéger. L’Europe et le monde devraient mettre en place une sorte de système d’échange de cadeaux mutuels.

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