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Comment arrêter de culpabiliser ?

© Shutterstock
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La culpabilité se glisse aisément dans nos esprits. Elle pompe notre énergie et chasse notre joie. Comment cesser de se blâmer et dépasser ce blocage ? Témoignage.

Je me rappelle encore cette sensation de crampe à l’estomac dans mon enfance, ce sentiment de culpabilité. Le flacon du précieux parfum de ma mère qui explose sur le sol, le nez cassé de ma petite soeur lors d’un de nos jeux stupides , mon premier zéro en maths… Autant d’occasions pour les remords de me ronger.

Beaucoup de ces petits drames anodins de l’enfance, sont encore trop solidement ancrés en nous malgré leur petite importance. Aujourd’hui, ce zéro, ce flacon, cette dispute me semblent insignifiants. Pourtant, rien qu’à y repenser, mon estomac se tord encore, signe de cette culpabilité qui me pétrifiait alors et bloquait toute action, toute réflexion.

Appréhender cette culpabilité peut, certes, servir de garde-fou, mais cette peur finit par paralyser. Au lieu d’être une motivation pour évoluer et grandir, elle se transforme en découragement jusqu’à miner l’estime de soi.

Le non-respect d’une date limite au bureau, une altercation inutile avec un collègue, une amie négligée pendant deux semaines… ajoutez à cela deux kilos superflus et me voilà sans espoir, devant un miroir qui reflète une misérable bonne à rien.

Nous connaissons toutes ce sentiment, ressenti trop douloureusement au plus profond d’une version de nous-même envahie par le remord. Freud dirait que notre sentiment de culpabilité découle de la difficulté qu’a notre Ego à accepter nos imperfections face aux exigences fixées par le Surmoi. Pour le dire plus simplement, nos attentes – qu’elles soient sociales, morales ou intellectuelles – sont incompatibles avec la réalité : cette situation d’échec constant finit par nous convaincre que nous sommes… nulles.

Quelles sont les origines de notre culpabilité ?

Difficile de déterminer la source de cette croyance avec certitude. Enfant déjà, la rivalité fraternelle et notre système socio-éducatif – dans lequel un élève est constamment jugé par rapport aux autres – forment les prémices d’une future lutte, d’une compétition qui accompagnera beaucoup d’entre nous dans la vie active. On se compare, on s’observe, et lorsque l’autre est meilleur, c’est forcément que nous sommes mauvais. Il y aura toujours quelqu’un de plus avancé que soi. Nous nous reprochons nos imperfections en oubliant – ou sans jamais en prendre conscience – que le mieux, c’est encore d’être soi-même (et ce n’est déjà pas si simple !).

La joie de d’une existence sans comparaison

Isabelle Taubes, psychologue et journaliste pour Psychologies magazine, affirme que la première étape, pour se dégager de la culpabilité, c’est de prendre une certaine distance pour se permettre de découvrir – ou redécouvrir – le plaisir d’être ensemble. C’est ainsi que vous devriez commencer votre lutte contre cette culpabilité toxique. Cessez-donc de vous regarder à travers le prisme des avantages et des réalisations des autres. Commencez à apprécier votre propre existence, indépendante et unique. Simplement.

Culpabilité VS responsabilité

Les remords (ceux qui sont nocifs, toxiques) apparaissent quand, tellement accaparées par nos fonctions, nous perdons de vue la limite entre responsabilité, et culpabilité. En conséquence, non seulement nous nous sentons plus mal encore, mais nous devenons également totalement inefficaces.

Isabelle Taubes explique comment un tel processus fonctionne via l’exemple d’une grand-mère qui attend un appel téléphonique pendant des semaines. Typiquement, nous aurons trois réactions possibles :

A. Les excuses (bidons) : « J’ai tellement de choses à faire ! » ou sa variante « Le boulot, la maison, les enfants… Je n’ai pas le temps pour tout !»
B. L’auto-flagellation : « Je suis une mauvaise, mauvaise petite-fille ! »
C. Banaliser : « Ce n’est rien, je l’appellerais dans quelques jours. »

Toutes ces options résultent d’un sentiment de culpabilité, plus ou moins conscient, que nous tentons de noyer, d’effacer ou d’excuser. Mais, franchement, qu’est-ce qu’elle en a à faire, votre grand-mère ?

Dans les faits c’est le résultat qui compte. C’est une question d’efficacité. Lorsque, plutôt que de nous concentrer sur notre responsabilité, nous nous focalisons sur le poids de la culpabilité, Toutes nos actions, notre progression, seront bloquées.

Au lieu de se prendre en main, se remettre au travail, on préfère parfois s’appesantir sur nos états d’âme émotionnels.

Voilà pourquoi les justifications ou les fustigations sont inutiles ; une seule question devrait vous préoccuper : que ressent votre grand-mère lorsqu’elle attend de vos nouvelles ?

Ensuite, on peut passer aux choses sérieuses : que pouvez-vous y faire ? Répondre à ces questions nous motivera à trouver non seulement un plan d’action, mais également la motivation pour nous y tenir.

Ce modèle montre une situation certes triviale, mais qui peut se traduire dans presque chaque domaine de la vie. Indépendamment du déclencheur de votre culpabilité, que vos déboires soient survenus au travail, lors d’une dispute avec votre homme ou même votre grand-mère, concentrez- vous sur l’action et non sur le blâme. Ainsi vous éviterez le remords, déclencheur irréfutable de la baisse de l’estime de soi, tout en résolvant la situation indésirable.

La conscience n’a pas pour but de nous écraser sous une culpabilité accablante ; elle respecte nos décisions et nous rappelle les valeurs auxquelles nous choisissons de rester fidèles. Apprenez- donc à écouter votre « Jiminy Cricket », prenez-garde à ses appels et faites-en bon usage.

Retrouvons ensemble – et sans se comparer aux autres – la satisfaction de l’effort et le plaisir d’être soi-même. Aucune de nous n’est idéale, nous sommes toutes parfaites précisément parce qu’aucune de nous ne l’est. Alors, plutôt que de s’accuser de tous les maux, se blâmer et se reprocher nos échecs, concentrons-nous sur nos besoins et agissons !

 

Cet article est une traduction de la version polonaise de Aleteia For Her

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