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Un Breton extraordinaire : saint Yves Hélory, juge et prêtre

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"Saint Yves" par Rogier van der Weyden (XVe siècle).
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Sa mère, Azou du Quinquis, l'avait exhorté à de nombreuses reprises en ces termes : « Vivez mon fils de telle manière à devenir un saint ». Elle a été entendue au-delà de toute espérance. À l'occasion de la Saint-Yves, fêtée le 19 mai, retour sur la vie de ce Breton qui a consacré sa vie aux pauvres.

En 1253, Yves Hélory vient au monde dans une famille noble, en Bretagne. Il perd très tôt son père. Sa mère, grâce à la fortune familiale, l’engage à faire des études. Ses qualités intellectuelles le conduisent à l’université de Paris où il étudie les lettres, le droit et la théologie. Il terminera ses études en droit à Orléans avant de revenir dans sa région natale.

À l’âge de 27 ans, Yves devient « official », ce qui signifie juge ecclésiastique. C’est donc lui qui au nom de l’évêque rend la justice. Ce qui le différencie, c’est sa capacité à juger les pauvres comme les nobles de manière équitable. En 1284, il est ordonné prêtre.

C’est un infatigable prêcheur : « Il prêchait avec un charme extrême la parole de Dieu au clergé et au peuple. […] Cela se passait à Tréguier, dans la cathédrale et le cimetière, et parfois dans les églises de Pleubian et de Pleumeur déjà mentionnées. Comme on le disait communément, il lui est arrivé maintes fois de prêcher le même jour dans plusieurs églises. Je l’ai vu et entendu prêcher un vendredi saint dans l’église de Pleubian, et beaucoup disaient qu’il avait prêché ce même jour dans sept églises. La chose paraissait vraisemblable, car après son sermon dans l’église de Pleubian, il était fatigué au point qu’il pouvait à peine se soutenir. »

Un prêtre complètement donné aux autres

Juge, prêtre et homme, Yves choisit de tout donner aux pauvres par une charité de tous les instants. Lui qui possède beaucoup par ses fonctions et son rang, il nourrit, habille et héberge les plus démunis, notamment dans le manoir familial de Kermartin. Lui-même opte pour un mode de vie frugal, renonçant aux mondanités.

C’est à l’âge de 50 ans, le 19 mai 1303, que le père Yves Hélory meurt. Sa vie, ainsi que les nombreux miracles qui l’accompagnent, de son vivant comme post-mortem, lui valent vite une réputation de saint auprès des populations bretonnes. Devant cette popularité, un procès en béatification s’ouvre en 1330. Il est canonisé par le pape Clément VI le 19 mai 1347.

Une mémoire populaire qui ne s’effrite pas

Depuis des siècles, il est de coutume de fêter la Saint-Yves le 19 mai. Il existe à ce jour deux processions pour célébrer ce grand jour ; l’une à Tréguier et l’autre à Minihy. Ce saint prêtre a tant marqué les mémoires populaires que bon nombre de bretons connaissent encore le cantique de saint Yves ou le pardon de saint Yves.

Saint Jean Paul II, à l’occasion du septième centenaire de la naissance de saint Yves, adressa un message à l’évêque de Saint-Brieuc et Tréguier de l’époque. Le pape polonais rappelait que « la figure et la vie de saint Yves peuvent donc aider nos contemporains à comprendre la valeur positive et humanisante du droit naturel. […] Il revient en particulier aux juristes, à tous les hommes de lois, aux historiens du droit et aux législateurs eux-mêmes d’avoir toujours, comme le demandait saint Léon le Grand, un profond “amour de la justice” (Sermon sur la Passion, 59) et de chercher à asseoir toujours leurs réflexions et leurs pratiques sur des principes anthropologiques et moraux qui mettent l’homme au centre de l’élaboration du droit et de la pratique juridique. Cela fera apparaître que toutes les branches du droit sont un service éminent des personnes et de la société ».

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