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L’exemple de saint Paul, témoin de la miséricorde de Dieu

LA CONVERSION DE SAINT PAUL DE CARAVAGE
© Wikimedia
"La conversion de saint Paul" de Caravage (détail)
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La Bonne Nouvelle ne s’adresse pas qu’aux "purs" et aux "élus" : cette vérité centrale des Évangiles devrait être répétée sans relâche.

Lors d’un des débats opposant saint Augustin aux adeptes du donatisme — hérésie et schisme qui secouèrent l’Église aux Ve et Ve siècles — l’un d’eux, à court d’arguments face à Augustin qui, avec sa profondeur intellectuelle et ses qualités de rhéteur, portait des arguments théologiques décisifs contre cette hérésie, s’écria : « Il n’est pas possible qu’Augustin enseignât la vérité parce qu’il a été un grand pécheur ! » – le donatiste faisait référence au passé tumultueux d’Augustin avant sa conversion. Le donatisme s’était cristallisé sur une vision très binaire de l’Église : celle qui s’ouvre aux purs et bannit les autres, les pécheurs.

En déclarant si péremptoirement Augustin est illégitime et inapte à accéder à la vérité de la foi du fait de ses péchés passés, ce donatiste ne s’était vraisemblablement pas bien approprié le récit de la conversion de Saul, devenu Paul (Ac 9, 1-20). Jésus est allé chercher Saul pour qu’il porte l’Évangile chez les gentils (païens), lui le persécuteur des chrétiens, lui l’avorton comme il se qualifiera lui-même (1 Co 15, 3-8), consentant à la lapidation d’Étienne (Ac 8, 1). Cet homme est « l’instrument que j’ai choisi pour faire parvenir mon nom auprès des nations », tranche le Seigneur. On voit alors s’exprimer la perplexité d’Ananie à qui Paul est confié : « N’est-ce pas lui qui persécute tes fidèles », s’inquiète-t-il ?

Résister à la tentation du repli

Comme Ananie, il nous arrive de perdre de vue la puissance de la grâce rédemptrice de Dieu offerte au pécheur, et alors, comme les donatistes, nous proclamons la damnation définitive de ceux qui, comme nous-mêmes pourtant, ont trébuché. Je me rappelle l’attitude d’une chrétienne qui s’offusquait du fait que l’on célèbre une messe de funérailles pour son frère décédé, parce que selon elle, et elle était très convaincue de son jugement, « il n’allait pas à la messe ». Pourtant, et elle ne l’ignorait évidement pas, il était baptisé ; de plus, je l’ai connu comme une bonne personne, généreuse, serviable, que je n’avais jamais vue en colère – le minimum dans ce cas fut simplement d’observer les lois de l’Église qui réservent les funérailles à tout baptisé qui n’a pas notoirement renoncé à sa foi catholique. Quoi qu’il en soit, une telle radicalité dans le regard porté sur les autres est en contradiction avec l’attitude de Jésus qui va inlassablement vers le faible et vers le pécheur, enseignant que c’est pour eux qu’Il est venu. Songeons que c’est Lui qui repart à la rencontre de Pierre qui l’avait pourtant renié trois fois.

Baptisés, nous sommes à notre tour appelés à faciliter l’accès des autres aux moyens de la grâce. Les chrétiens de ce temps doivent résister à la tentation du repli, de l’enfermement face à la boue du monde qu’ils se contentent juste de critiquer, de juger et de fuir. Une telle attitude s’oppose à leur mission prophétique : être sel et lumière du monde (Mt 5, 13). Comme le Christ descendu de sa royauté céleste pour embrasser la crasse de nos péchés, il nous faut aller à la rencontre du monde défiguré pour lui tendre la main du Christ qui guérit : auprès des jeunes, dans les lieux de travail et les milieux intellectuels (où nous avons presque capitulé face à la bataille philosophique post-Lumières), etc. Notre mission est d’annoncer, d’exhorter, de pratiquer la correction fraternelle avec charité mais sans renoncer à la vérité : pour la suite, il faut faire place au jugement seul de Dieu. Mais nous savons que celui-ci ne se fait pas en dehors de son amour. L’exemple de Paul nous le confirme, Dieu déploie et étend sa miséricorde au-delà des frontières insoupçonnées de notre raison. Les bras de sa miséricorde sont longs ; les épaules de son pardon larges. Cette vérité forme le cœur de la Nouvelle Alliance scellée en Christ ; c’est le noyau de son Évangile, car sans elle, la pâques est vidée de sa puissance salvifique.

Dieu est amour et miséricorde

Lorsque, regardant le poids de nos péchés, ou considérant avec contrition notre âge avancé, nous nous demandons s’il n’est pas trop tard pour obtenir notre rachat, méditons sur le témoignage de Paul et d’autres que le Seigneur a rachetés à grand prix, saint Augustin par exemple. Dieu n’est pas un juge intrépide qui a plaisir à guetter nos péchés afin de nous jeter dans la géhenne de feu : ce plaisir, c’est l’accusateur, c’est le malin qui l’éprouve. La joie de notre Père qui est aux Cieux, c’est que nous soyons sauvés, que nous ayons la vie en abondance (Jn 10, 10). C’est pourquoi Il a livré son Fils à l’humiliation de la mort sur une croix (Philippiens 2, 6-11). Dieu est amour et miséricorde ; Il nous accorde sans cesse une chance de conversion. Il attend de nous un pas vers lui, le pas de la contrition. Laissons-nous en ce temps pascal réconciliés avec Lui, assurés qu’Il ratisse large, ouvrant en abondance son pardon à ceux qui se repentent de leurs péchés. C’est alors que s’entrouvre la porte de notre salut et que comme Paul, nous devenons des instruments au service de son Évangile.

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