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Emmanuel Macron, du triomphe aux tractations

FRANCOIS HOLLANDE EMMANUEL MACRON
PHILIPPE WOJAZER I POOL I AFP
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Commencée triomphalement, l’avant-première semaine du nouveau président s’est compliquée avec l’élaboration inachevée des listes électorales de La République en marche !.

L’élection d’Emmanuel Macron, huitième et plus jeune président de la Ve République, a été aussitôt saluée comme un exploit par les médias du monde entier, constatait Le Figaro du 8 mai. La presse britannique toutefois « n’oublie pas de rappeler la force du vote Front national et les défis qui attendent le nouveau président sur le dossier européen », redoutant que Macron rende « les négociations de May avec l’UE plus dures». Vu d’Allemagne ou d’Italie, c’est plus simple : « La presse transalpine note que la victoire de l’ex-ministre, jamais élu auparavant, est le symbole d’une France qui croit en l’Europe » ; « Pour l’Allemagne, l’enjeu du second tour de la présidentielle se résumait à un simple pour ou contre l’Europe. » D’où un soulagement général qui n’empêche pas que « les Allemands demeurent très préoccupés par la crise politique traversée par notre pays. »

Une séduction à l’épreuve de la composition d’une majorité

Qui est le nouveau président de la République ? D’où vient-il ? L’itinéraire de fils de médecins d’Amiens arrivé « pied au plancher » à l’Élysée après un parcours d’excellence (Sciences Po, l’ENA, la banque Rothschild, Bercy et l’Élysée, via la commission Attali) est retracé par Nathalie Raulin et Guillaume Gendron dans Libération (11 mai). Ils dépeignent un Macron « chaleureux, jamais pontifiant, toujours d’humeur égale », capable de séduire aussi bien le philosophe Paul Ricœur que le personnel de Bercy « de l’huissier aux pontes ». Il brille par « cette capacité à se mouvoir dans tous les milieux, à comprendre immédiatement les codes des univers où il mettait les pieds.» Bref, « le nouveau président a façonné son ascension éclair en usant de sa capacité à séduire, quel que soit son interlocuteur. »

Mais la majorité des citoyens n’a pas encore succombé au charme, constate Famille Chrétienne : « Les Français attendent leur nouveau président au tournant, lui dont l’élection porte l’ombre de l’abstention et du vote blanc ». Et les questions sur sa ligne politique et sa capacité à la mettre en œuvre restent ouvertes : « Le nouveau président sera-t-il vraiment différent du précédent ? » « Emmanuel Macron sera-t-il en mesure de gouverner et de tracer un cap avec une coalition aussi hétéroclite autour de lui ? »

Le secrétaire général de La République en marche !, Richard Ferrand, avait annoncé une diversité politique, dans laquelle toutes les sensibilités seraient représentées. Mais la promesse n’était pas au rendez-vous en fin de semaine : « Pour l’instant, on trouve dans cette liste les écologistes François de Rugy et Barbara Pompili, le conseiller en communication de François Hollande, Gaspard Gantzer, l’ex-collaboratrice d’Alain Juppé et François Fillon Marie Guévenoux, et 35 candidats du MoDem… Un nombre très insuffisant pour François Bayrou, qui a convoqué un bureau politique ce vendredi 12 mai pour convenir d’investitures communes. La pluralité résistera-t-elle aux négociations avec le président du Modem ?», s’interroge L’Obs (12 mai). Ces investitures, « c’est une opération recyclage du Parti socialiste. La grande lessiveuse. Je ne laisserai pas faire ça », avait confié la veille le maire de Pau à L’Obs, s’émouvant de la présence, sous l’étiquette En Marche !, de « tous les candidats repoussoirs du PS ».

« Déstabiliser une partie de la droite »

Jeudi soir, 11 mai, sur France 2, l’émission « Envoyé Spécial » diffusait un documentaire sur la campagne d’Emmanuel Macron. « Lors d’une réunion à son QG, Emmanuel Macron expose sa stratégie par rapport aux Républicains, rapporte Le Parisien : « Il faut déstabiliser une partie de la droite qui ne se retrouve pas dans le vote Fillon. […] Pour des raisons politiques, les états-majors ne viendront pas. […] Je ne cherche pas à les faire venir, je cherche à les déstabiliser en leur ouvrant les bras, pour que le coût de la rupture soit de leur côté. »

Déjà épineuse avec le MoDem, « la recomposition du paysage politique » promise par En Marche ! est loin d’être acquise s’agissant de débaucher des LR : « Des personnalités de droite posent en effet comme préalable à leur collaboration avec le mouvement d’Emmanuel Macron le choix d’un premier ministre de leur camp. Mais cette nomination ne peut avoir lieu avant la passation de pouvoirs, dimanche », rapporte Le Monde (11 mai). L’un des pressentis pour ce poste est l’ancien porte-parole d’Alain Juppé pendant la primaire de la droite et du centre, Edouard Philippe, maire Les Républicains du Havre. Jeudi soir, lors d’une réunion électorale où beaucoup de médias étaient présents, « il a fait remarquer que la “tradition” voulait qu’un président élu désigne un Premier ministre issu de sa majorité, rapporte Paris Match. “Aujourd’hui”, a-t-il poursuivi, “on ne sait pas si le président de la République nouvellement élu va s’installer dans cette forme de tradition (…) ou s’il va transgresser”, en s’affranchissant des règles habituelles. “S’il choisit la tradition (…) nous regarderons cela avec respect mais avec distance (…) S’il transgressait, alors la situation politique serait nouvelle, parce que le fait politique serait nouveau, et je ne vois pas comment on peut répondre par avance à quelque chose qui n’a jamais été proposé”, a-t-il ajouté, en se démarquant de la ligne majoritaire de LR. »

Autre pressenti pour Matignon, Xavier Bertrand, président LR des Hauts-de-France, a quant à lui décliné cette proposition mais, accuse-t-il dans une interview au Figaro, « mon nom a continué à être évoqué par les équipes de M. Macron pour entretenir le doute. » Il précise : « Je reste un homme de droite et j’ai d’importantes différences de fond [sur le terrorisme, la dérive islamique, l’augmentation de la CSG…] Il faut que les cinq prochaines années permettent de redresser la France et de remonter la pente. (…) Pour cela, il nous faut une majorité à l’Assemblée nationale. Nous pouvons gagner ces élections législatives. »

Le Parti socialiste près d’exploser

Le PS est en fâcheuse posture, entre La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon (qui est allé défier à Marseille le député PS  Patrick Mennucci en déclarant : « Je ne veux pas affaiblir le PS, je veux le remplacer ») et La République en marche !. « Il peut exploser dans les prochaines semaines » prévient le journaliste Kévin Boucaud-Victoire, auteur de La Guerre des gauches (Cerf, 2017) dans Valeurs Actuelles : « D’un côté, nous aurions Valls et la majorité des cadres du parti qui formeraient un vrai parti social-libéral. Cela fait un moment que de nombreux cadres du PS, Valls en tête, souhaitent changer le nom du parti, au motif qu’il faut “assumer pleinement l’économie de marché”. De l’autre, les frondeurs formeraient un parti social-démocrate, qui sans remettre en question le capitalisme, aurait pour objectif de l’aménager. » Toutefois, il estime « peu probable qu’En marche puisse remplacer le PS, même en cas de victoire électorale [aux législatives], car ce mouvement manque à sa base de vrais militants – c’est-à-dire avec une vraie culture militante – et de cadres, malgré des soutiens de poids. »

Quant au Front national, il panse ses plaies et cherche à se ressouder après une fin de campagne jugée catastrophique. La semaine a vu le départ pour « convenances personnelles » de Marion Maréchal Le Pen tandis que son adversaire au sein du FN, Florian Philippot, menaçait lui aussi de prendre la porte jeudi sur RMC/BFMTV, si son parti abandonnait son projet d’une sortie de l’euro à l’issue des législatives.

« Emmanuel Macron doit travailler à la cohésion et à la réconciliation »

Pour le président de la Conférence épiscopale française, Mgr Georges Pontier, interrogé par La Croix (10 mai), « Emmanuel Macron doit travailler à la cohésion et à la réconciliation », rassembler les Français et écouter les plus faibles au terme d’une campagne « violente du début à sa fin ». Mgr Pontier précise : « L’unité n’étant pas l’uniformité, les évêques ne demandent pas que les catholiques pensent tous de la même façon. Mais nous devons continuer à apprendre et à pratiquer le dialogue entre nous, créer des modules de formation et de débat. » La prochaine étape, ce sont bien sûr les législatives : « Le visage de l’Assemblée nationale rejaillira sur la capacité du nouveau gouvernement à gouverner. » Un gouvernement que les évêques ne renonceront pas à interpeller si ses prises de position « ne correspondent pas ou heurtent la sensibilité des catholiques » qu’il s’agisse par exemple de « l’accueil des migrants » ou de « la défense de la vie ». 

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