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Père José Caldas : « Fatima s’est développé par les plus pauvres »

PÈRE JOSÉ CALDAS
Père José Caldas
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À la veille du pèlerinage du pape François au Portugal pour le centenaire des apparitions de Fatima et la canonisation de deux des trois bergers, l'agence I.MEDIA a rencontré le directeur du Collège pontifical portugais, qui réaffirme la dimension profondément "universelle et populaire" du sanctuaire.

I.MEDIA : Quels sont les liens du Collège pontifical portugais avec Fatima ?
Père José Caldas : Le Collège a d’abord eu un lien étroit… avec Lourdes ! Il a été fondé en 1900, à une époque où l’avion de ligne n’existait pas. Les premiers formateurs se sont donc rendus ici par voie terrestre, en s’arrêtant à Lourdes. De là est née une vraie dévotion à Notre-Dame de Lourdes et le Collège s’est rapidement confié à son patronage, 17 ans avant les apparitions de Fatima !

Ensuite, en 1929, avant même l’approbation officielle des apparitions de Fatima par le Saint-Siège, une grande statue en bois de la Vierge de Fatima a été envoyée au pape Pie XI, qui l’a bénie. Celle-ci a plus tard été donnée au Collège pour reposer dans sa chapelle, où elle demeure encore.

Pour les 50 ans des apparitions, le 13 mai 1967, Paul VI s’est rendu à Fatima. Le même jour, le responsable du Collège a porté là-bas la première pierre du nouveau bâtiment de la communauté. Elle a alors été bénie par le pape avant d’être intégrée dans la construction, ici à Rome. Il faut aussi souligner la visite de Jean Paul II en 1982. Le cardinal Joseph Ratzinger, quant à lui, venait tous les ans en retraite ici pendant une semaine.

Le Portugal est un des pays les plus catholiques d’Europe. A-t-il des rapports privilégiés avec le Saint-Siège ?
Historiquement, les rapports ont toujours été bons, du fait que le Portugal est l’un des premiers pays à avoir été reconnu par le Saint-Siège, en 1179. Mais le Portugal est aussi un pays très modeste, sans privilège particulier auprès du Vatican. Il est vrai cependant que ce pays conserve un intérêt certain pour le Saint-Siège, parce qu’il conserve une culture catholique profonde et des valeurs très chrétiennes. Fatima y contribue énormément : j’en veux pour preuve qu’à l’occasion du voyage du pape, l’État portugais a offert la possibilité aux fonctionnaires de ne pas travailler les 12 et 13 mai. L’actuel président de la République, Marcelo Rebelo de Sousa, est un vrai chrétien : la première chose qu’il a fait après avoir été élu est d’être allé à la messe, et son premier voyage en tant que chef d’État a été au Vatican.

Quelles sont les caractéristiques du sanctuaire de Fatima ?
Par rapport à Lourdes, plutôt tourné vers les malades, Fatima est un sanctuaire profondément universel et populaire, fréquenté par toutes les catégories de fidèles. Du fait de son histoire, Fatima s’est développé d’abord grâce aux gens simples, aux pauvres, aux laissés pour compte. Chacun s’y rendait pour confier les épreuves rencontrées dans son quotidien.

Ce n’est pas l’Église qui a imposé Fatima aux fidèles, mais bien les fidèles les plus modestes qui l’ont imposé à l’Église, par leurs prières. Si les petites gens n’avaient pas été au rendez-vous, le sanctuaire aurait sombré dans l’oubli il y a bien longtemps. Car au début, on n’a tendance à ne plus s’en rappeler aujourd’hui, l’Église était plutôt opposée aux apparitions. L’approbation ne date que de 1930.

À quel moment le sanctuaire s’est-il fait connaître ?
Des pèlerins se sont rendus sur place seulement lorsque s’est ébruité que trois petits enfants avaient beaucoup souffert pour délivrer un message de la Vierge. Il faudra ensuite attendre les mémoires de Sœur Lucie, écrites en 1935, pour que des foules entières s’y pressent.

Faut-il rappeler que les apparitions se sont manifestées à trois petits bergers, à une époque où dans la majorité des pays, les enfants ne comptaient pour rien ? Au Portugal, les enfants n’avaient aucune scolarité, ni aucun droit fondamental. C’est intéressant que Dieu ait choisi, une fois de plus, les plus humbles et les plus pauvres, pour se manifester. Et ce dans un minuscule village inconnu au Portugal.

Que peuvent apporter les messages de Fatima à l’époque actuelle ?
Ils portent en eux un appel à la conversion, à la paix, l’espérance et la réparation. Le message de Fatima est avant tout évangélique : d’abord en choisissant comme destinataire des enfants, il met l’accent sur les plus petits. Mais aussi en appelant à la conversion. Celle-ci ne se fera pas de manière révolutionnaire, dans un déluge ou par les armes, mais bien dans le cœur de chaque individu, au service de la conversion des autres et à travers la prière.

Le message comporte aussi en lui le principe de « réparation ». La conversion ne consiste pas à rester isolé, mais au contraire à chercher à interagir avec autrui pour le changer, l’améliorer, le réparer en somme.

C’est enfin un message d’espérance et de paix, à un moment où l’Église était persécutée, au Portugal, après la loi sur la séparation de l’Église et de l’État, comme ailleurs. Peu importe le mal qui règne, la Vierge Marie assure que le Malin ne vaincra pas au final.

Pourquoi le Portugal a-t-il été consacré au cœur de Marie ? [Tous les évêques portugais ont en effet consacré le Portugal au Cœur Immaculé de Marie le 13 mai 1931, consécration qu’ils renouvelèrent le 13 mai 1938. La Vierge Marie a par ailleurs été proclamée Reine et patronne du Portugal en 1646, par le roi Jean IV]
Le Portugal a été consacré au cœur de Marie, à défaut de ne pouvoir encore lui consacrer la Russie comme la Vierge de Fatima le demandait. Elle a aussi confié aux petits bergers que Dieu voulait établir dans le monde la dévotion à son Cœur immaculé, ce à quoi a répondu le Portugal.

La consécration n’est pas une simple prière, c’est un vœu fait par l’ensemble d’une communauté de se focaliser sur l’amour et la paix représentés par le Cœur de Marie. Au lieu de condamner et séparer les nations, la Vierge Marie demande de mettre son Cœur au centre du monde pour y amener l’amour et la paix.

Les voyants vont être canonisés par le pape François : qu’apportent-ils aux fidèles ?
Il faut d’abord souligner que François et Jacinthe sont parmi les premiers saints enfants non-martyrs. Ils ont une vie très courte et n’ont rien réalisé de leur vivant, ni même écrit quoi que ce soit. Ils ont seulement parlé du message de la Vierge Marie, de ce qu’ils ont vu et entendu.

Le reste de leur vie, tous trois récitaient tous les jours le rosaire, priaient pour la conversion des pécheurs : François visitait tous les jours le Christ dans le tabernacle.

Ils sont l’exemple même de la fidélité à la Madone, en s’opposant à leur propre famille, aux évêques, aux autorités qui les ont emprisonnés et intimidés. Malgré tout cela, ils n’ont jamais faibli dans leur témoignage. C’est extrêmement impressionnant.

Propos recueillis à Rome par Arthur Herlin pour I.MEDIA.

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