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Emmanuel Macron devant la pyramide du Louvre : un signe pour les francs-maçons ?

Emmanuel Macron devant la pyramide du Louvre, le 7 mai 2017, lors de son discours après avoir été élu président de la République.
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L'intervention du nouveau président de la République devant ses militants réunis dimanche soir n'a pas manqué de faire circuler les théories les plus catégoriques sur une supposée symbolique occulte, Illuminati ou maçonnique.

Il fallait s’y attendre. En prenant la parole devant les soutiens du mouvement En marche ! au pied de la pyramide du Louvre, Emmanuel Macron, vainqueur du second tour de l’élection présidentielle, a immédiatement déclenché une vague de commentaires à tonalité complotiste sur les réseaux sociaux. Les francs-maçons seraient à l’œuvre ! Il faut dire que la mise en scène avait de quoi troubler le moins paranoïaque des observateurs. Filmé en légère contre-plongée, Emmanuel Macron apparaissait comme enchâssé dans ce triangle transparent, surplombé d’une mystérieuse lueur rouge.

Selon ce que prétend, entre autres, le Da Vinci Code — dont l’intrigue se déroule en partie au Louvre — il s’agirait là d’un symbole Illuminati évident, comparable à la pyramide que l’on peut observer sur les billets de banque américains. Pour tous ceux qui s’intéressent à la franc-maçonnerie, la pyramide évoque le triangle équilatéral au cœur de la symbolique maçonnique. Ce symbole remonte à l’Égypte ancienne dont les rites ont influencé certaines loges depuis le début du XIXe siècle. Mais ce symbole évoque aussi bien le Dieu trinitaire des chrétiens, devenu pour la franc-maçonnerie « le grand Architecte de l’univers ».

La gestuelle du président élu a donné elle aussi matière à interprétation : ses deux bras, levés à angle droit, formaient ainsi une équerre renversée s’entrelaçant avec le triangle de la pyramide. Pour beaucoup d’internautes, pas de doute, Emmanuel Macron — immédiatement surnommé « Franc-Macron » — faisait ainsi allégeances aux puissances occultes qui l’auraient mené à l’Élysée.

Une vieille antienne

Déjà du temps de la construction de la pyramide du Louvre — voulue par François Mitterrand et inaugurée en 1989 — des voix s’étaient élevées pour dénoncer l’influence supposée des « frères » sur l’ancien pensionnaire des frères maristes de la rue de Vaugirard. De la grande arche de la Défense à la pyramide du Louvre, le prédécesseur d’Emmanuel Macron aurait voulu inscrire la symbolique maçonnique dans l’urbanisme de la Ville-Lumière, affirmaient alors certains observateurs.

Incontestablement, à l’heure des « fake news » et des « faits alternatifs », la réalisation de cette séquence du 7 mai au soir donnait du grain à moudre à tous les théoriciens du complot actifs sur les réseaux. Cependant, il convient d’y regarder à deux fois avant de lancer des accusations basées uniquement sur des interprétations. Et, en tant que chrétiens, nous nous interdisons tout procès d’intention. Or, l’intention déclarée par M. Emmanuel Macron dans le choix du parvis du Louvre pour fêter sa victoire avec ses partisans était de trouver un lieu intermédiaire entre la Bastille « de gauche » et la Concorde « de droite », un lieu imprégné de l’histoire monarchique, impériale et républicaine de la France, et abritant les plus belles œuvres témoignant du génie culturel et artistique de l’humanité. Jusqu’à preuve du contraire, c’est l’intention principale qu’il nous faut retenir. Bref, s’il ne s’agit pas de nier l’influence occulte de la franc-maçonnerie sur la scène politique (influence assumée d’ailleurs), il convient pour en rendre compte de s’en tenir aux faits avérés et de rester cohérents avec nos valeurs. Avec vigilance et sans naïveté, bien-sûr.

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