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Présidentielle : un second tour sans suspense mais pas sans interrogations

MARINE LE PEN ET EMMANUEL MACRON
© LOIC VENANCE / AFP
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Il n’y a guère de surprise à attendre du verdict des urnes, dimanche soir : Emmanuel Macron devrait être élu. Mais les suites s’annoncent compliquées, à commencer par la bataille des législatives.

Selon la plupart des observateurs, le « grand débat » télévisé du mercredi 3 mai entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron a tourné à l’avantage de ce dernier. Selon la dernière enquête de l’institut Elabe réalisée pour BFMTV et L’Express, le candidat d’En Marche ! était gratifié de 62% d’intentions de vote, soit trois points de plus qu’avant le débat télévisé. Fondamentalement, un débat ne change pas la donne : selon Jérôme Fourquet, directeur du département « Opinion » de l’Ifop, les estimations de reports venant des électorats de François Fillon et de Jean-Luc Mélenchon « sont restées globalement stables depuis le 24 avril dernier – ce qui explique la constance du pronostic pour le second tour, rapporte La Croix : « C’est notamment le cas des électeurs de François Fillon, dont 44 % prévoient de se reporter sur Emmanuel Macron et 30 % sur Marine Le Pen, constituant ainsi le principal réservoir de voix de la candidate. »

Le rendez-vous manqué de Marine Le Pen

« Marine Le Pen a raté son rendez-vous avec le peuple français », souligne Elisabeth Lévy dans Causeur : « Marine Le Pen aurait pu être la porte-parole du parti de l’inquiétude (…) elle aurait pu évoquer le séparatisme islamiste et l’immense tâche qui nous attend consistant à convaincre des dizaines, peut-être des centaines, de milliers de jeunes Français de l’excellence de leur pays, de ses arts, ses armes et ses lois. Or, du début à la fin, elle a paru retourner à son adversaire le procès en légitimité dont elle est sans cesse l’objet. Incapable de lui concéder le moindre point, autant que de lui opposer une véritable vision. »

Trop agressive sur la forme, elle s’est aussi auto-déstabilisée sur le fond, remarque Guillaume Tabard dans son contrepoint du Figaro : ses hésitations sur l’euro sont apparues en direct. Prise entre le besoin de garder l’abandon de l’euro comme cheval de bataille et le désir de satisfaire une partie de ses électeurs actuels ou potentiels en crevant le « plafond de verre » que constitue notamment le retour au franc, elle s’est décidée à « bouger » in extremis : « Trop tard pour être interprété autrement que comme une manœuvre tactique. Trop tard pour être présenté de manière compréhensible et crédible aux électeurs. Trop tard pour reconstruire tout un discours cohérent. Noyée dans des explications trop complexes, Marine Le Pen a perdu sur les deux tableaux. Elle déroute ceux qui veulent le retour au franc. Sans convaincre ceux qui redoutent une sortie de l’euro. »

Les Français sceptiques devant Macron

Pour Emmanuel Macron, la victoire promise ne s’ouvre pas sur une voie triomphale et semée de pétales de rose, comme il a pu le vérifier, dès le lendemain du débat, lors de son déplacement à Albi, sur les terres de Jean Jaurès : « Emmanuel Macron a été vivement interpellé par des militants syndicaux sur la loi travail » rapporte Cnews. En cas de victoire, « je n’aurai pas d’état de grâce » annonce-t-il sur Europe 1 « “La minute d’après, rien ne sera acquis. Les cinq ans qui viennent seront éminemment atypiques”, assure le candidat qui explique vouloir passer “beaucoup de temps pour apaiser les tensions”, à l’issue d’une campagne riche en rebondissements qui a vu une véritable recomposition du paysage politique avec l’effacement des partis traditionnels de gouvernement. »

Il aura en effet du mal à convaincre les Français, à en croire ce sondage post débat Harris interactive pour Atlantico (5 mai) : « Seuls 15% des Français ayant entendu parler du débat pensent que l’élection d’Emmanuel Macron entraînerait une amélioration de leur situation personnelle contre 41% qui pensent que cela entraînerait une dégradation. »

Qui mènera la bataille des législatives ? « Mon Premier ministre », répond Emmanuel Macron au Parisien, sans toutefois révéler son nom, « quelqu’un qui a vocation à mener ce combat, qui a toutes les qualités de compétence, de connaissance de l’appareil de l’État et de champ politique». « En clair, commente le Parisien, s’il y aura bien des personnalités dites de la société civile dans son gouvernement, Emmanuel Macron veut un Premier ministre qui a « une expérience politique ». « Car il ou elle devra avoir la capacité de mener une majorité nouvelle, poursuit-il. Il doit avoir une bonne connaissance de la vie parlementaire ».

À droite, recomposition ou refondation ?

Chez Les Républicains, c’est François Baroin qui a été désigné « chef de file du comité de campagne de la droite et du centre » pour diriger la campagne des législatives les 11 et 18 juin. Pour François Baroin, la bataille des législatives est « gagnable » par LR et ses alliés de l’UDI, et peut déboucher sur une cohabitation. Mais l’unité n’est pas au rendez-vous, selon Le Monde : « Les partisans d’une ligne modérée ne décolèrent pas contre le communiqué publié par le parti le 24 avril, appelant à voter contre le Front national, tout en permettant un vote blanc ou l’abstention » le 7 mai. Pourtant, Jean-Frédéric Poisson, président du Parti chrétien démocrate, député des Yvelines, ex candidat à la primaire de la droite et du centre, et tenant du « ni, ni » au second tour de la présidentielle, a été menacé de perdre son investiture par le secrétaire général Les Républicains, Bernard Accoyer. « Nous vivons notre vie comme des grands » lui a répondu le président du parti chrétien-démocrate (PCD) sur LCP.

Selon Jean-Frédéric Poisson, interviewé par le Huffington Post : « L’explosion en vol de la droite le 23 avril appelle la création d’une nouvelle formation politique». Critiquant «la rapidité avec laquelle des cadres Les Républicains se sont jetés dans les bras de Macron », le président du Parti chrétien démocrate (PCD) s’engage à former une droite privilégiant « la défense de la dignité humaine », défendant « un modèle de société dans lequel l’économie doit rester soumise à la politique, c’est-à-dire à la vie sociale » ainsi que « la liberté et l’initiative personnelle ». Et de conclure : « Cette conception subsidiaire de la société doit aussi être au fondement de la refondation de l’Union européenne. »

Seule consigne de l’Église : voter en conscience

S’agissant de la hiérarchie de l’Église catholique, si quelques évêques ont pris position en indiquant voter pour Macron contre le Front national, Mgr Georges Pontier, président de la Conférence des évêques de France (CEF), a expliqué le 3 mai sur le site de la CEF le refus de celle-ci de se prononcer en faveur d’un candidat. Dans « ce climat hystérisé », l’archevêque de Marseille estime que « le rôle de l’Église est, plus que jamais, de ne pas prendre parti pour l’un ou l’autre candidat mais de rappeler à chaque électeur ce que notre foi nous invite à prendre en compte […] Il appartient alors à chacun d’exercer, en conscience, son discernement propre et de voter. Nous n’avons pas à le faire à sa place. » Pour éclairer les consciences, Mgr Pontier rappelle les différents critères à prendre en compte avant de voter : « Le respect de la dignité de toute personne humaine, l’accueil de l’autre dans sa différence, l’importance de la famille et le respect de la filiation, la nécessité de respecter la liberté de conscience, l’ouverture au monde, la juste répartition des richesses, l’accès au travail, au logement… » Puisque « aucun programme ne remplit tous ces critères. C’est donc à chacun, à la lumière de l’Évangile, d’effectuer sa propre pondération et de voter en conscience. Ne retenir qu’un seul critère ne peut suffire à fonder entièrement un vote ».

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