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Les 6 phrases qu’il ne faut jamais dire à un enfant

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Elles sont involontaires ou maladroites, n'empêche, certaines phrases des parents blessent l'enfant. Pour les éviter, le discours de l'adulte doit être adapté, tout particulièrement envers les plus petits. Voici 6 expressions, super négatives pour les enfants, et leur alternative positive.

Les mots des parents dépassent souvent leur pensée. L’enfant, avec son regard et son approche différents, n’entend pas les choses de la même façon et ces mots sont souvent facteurs de stress pour lui. « Au lieu de créer un jeu de pouvoir et de punition, avec un semblant d’autorité, mieux vaut se mettre à l’écoute de l’enfant », conseille la psychothérapeute Isabelle Filliozat. Il est en effet préférable d’être intrusif et de l’accompagner en lui demandant :  « Qu’est ce qui se passe ? J’ai l’impression que c’est difficile pour toi ? ». Dans tous les cas, le dialogue est un début de piste pour résoudre une situation compliquée. Il faut trouver les bons mots pour ouvrir une discussion et pour que l’enfant exprime ce qu’il ressent.

Voici 6 exemples de phrases négatives pour un enfant et leur alternative positive, d’après les conseils d’Isabelle Filliozat.

La phrase négative : « Tu es insupportable ! »

Très souvent, cette phrase est le résultat d’un parent démuni. Le stress le mène à attaquer l’enfant et il reporte sa colère. Ce sont des mots extrêmement violents et méchants. Le risque est de voir l’enfant se figer, il perd son tonus musculaire, son organisme se met en silence. Mais, très rapidement,  son corps se délie et l’enfant devient agressif. Il va attaquer, non pas son parent, mais l’un de ses frères et sœurs, par exemple. C’est une réaction de stress extrême, un comportement débordant.

L’alternative positive : « Je me rends compte qu’on n’est pas assez sorti aujourd’hui et que tu n’as pas d’autres solutions que de sauter sur le canapé ! ».

La phrase négative : « Va dans ta chambre ! »

C’est une exclusion très difficile à entendre pour l’enfant. Cette phrase est doublement négative, elle signifie « je ne veux pas te voir ici et quand tu vas mal ». Au moment où l’enfant a le plus besoin du parent, celui-ci lui demande de s’isoler. Les zones du cerveau de stress sont activées. Plus l’enfant est petit, plus il a besoin du parent en face pour s’auto-réguler. Avant 13/14 ans, il n’est pas apte à contrôler ses émotions, après il le devient. On se rend compte qu’en mettant des mots sur son chagrin, en lui disant : « Je vois les larmes couler sur ton visage », la parole tisse une auto-régulation des émotions.

L’alternative positive : « Viens à côté de moi, on va parler, faire un câlin. »

La phrase négative : « Tu te fiches de moi, tu viens de faire exactement ce que je t’ai interdit ! »

Depuis la naissance, le cerveau est différent selon les âges. Un enfant entre 2 et 3 ans n’entend pas la négative. Quand on lui dit,  par exemple, « ne rentre pas dans la maison avec tes bottes pleines de boue ! », il entend « rentre dans la maison avec tes bottes pleines de boue ! ». Il va le faire en regardant le parent pour être sûr qu’il répond bien à sa demande.

Dès le moment où l’on interdit quelque chose, il y a le risque pour l’enfant de vouloir le refaire. L’adulte a l’impression de reprendre le contrôle. Il fige l’enfant avec un sentiment de peur et de honte mais il ne l’éduque pas. La relation de cause à effet n’est pas définie. L’enfant va faire et refaire l’interdit jusqu’à la maîtrise de la situation de peur et de honte.

L’alternative positive : « Qu’est ce qui se passe ? Dis-moi ce que tu ressens. »

La phrase négative : « Arrête tes caprices ! »

Lorsque l’enfant semble faire un caprice, il faut rebondir sur l’objet ou sur le besoin réel. L’enfant exprime quelque chose. Si sa demande est incessante pour regarder un dessin-animé, par exemple, ce n’est pas ce qu’il veut profondément. Il réclame en fait de l’attachement, un câlin,  pour répondre au stress émis, pour calmer son cerveau. Selon la situation et le caractère de l’enfant, la réponse est de lui proposer un moment de repos ou un temps de jeu dehors.

L’alternative positive : «Est-ce que tu aimerais aller te balader ?» ou « Et si on faisait un jeu de société ou un dessin ? »

La phrase négative : « Assieds-toi ! »

C’est l’une des phrases les plus toxiques que l’on puisse dire à un enfant. Le forcer à s’assoir le met dans une position de stress maximal, ce n’est pas naturel pour lui. Au contraire, l’enfant a besoin de courir ou monter dans les arbres pour son bien-être mais aussi pour favoriser sa concentration en classe, par exemple. Le mouvement profite à son attention. Plus on le contraint à faire ses devoirs assis, plus un enfant sera victime de stress avec des difficultés. Chacun a ses propres envies, certains enfants peuvent se mettre debout pour travailler, en mettant un bureau en hauteur. D’autre part, être assis en permanence endommage les muscles du dos et du périnée. L’enfant a besoin de se muscler pour permettre un tonus corporel et minimiser le stress. Avec comme résultat une meilleure santé pour le cerveau et une régulation émotionnelle.

L’alternative positive : « Dans quelle position as-tu envie de te mettre ? »

La phrase négative : « Tu m’épuises ! »

Très souvent utilisée, cette phrase est une façon de faire porter à l’enfant l’état émotionnel de son parent, il en est le responsable. C’est un grand facteur de stress pour l’enfant. Au lieu de lui faire porter cette  fatigue, on peut signifier son humeur de façon imagée, avec un magnet sur le frigo, par exemple. Un soleil pour les jours où tout va bien, un petit nuage pour les moments où l’on se sent un peu moins bien et un éclair les jours difficiles. L’enfant est naturellement empathique, par contagion il va comprendre les sentiments de ses parents et agir en conséquence.

L’alternative positive : « Je suis fatigué(e) et j’ai besoin d’un câlin. »

En savoir plus : « Comment élever les enfants les plus heureux du monde ? Les recettes du bonheur danois, de Jessica-Joelle Alexander et Iben Dissing Sandahl (éditions JC Lattès)

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