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L’endométriose : la maladie liée aux règles n’est pas une fatalité

Jeune femme qui a mal au ventre

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Bénédicte de Dinechin - Publié le 26/04/17

Alors que le gouvernement lance une semaine d’information sur l’endométriose, maladie caractérisée par des règles excessivement douloureuses, on s'interroge : au-delà du délai de diagnostic qu’il fallait raccourcir, des mesures de prévention sont-elles possibles ?

Lou* proteste : « on ne m’avait jamais dit que mes règles seraient un cauchemar ». Tous les mois, la jeune fille a des douleurs telles qu’elle s’est parfois évanouie dans le bus, et son cycle menstruel devient plus une source de tracas qu’une promesse de fécondité. Elle n’est pas la seule dans ce cas puisque les douleurs excessives des règles touchent 10% des femmes en France. Un diagnostic trop long, en moyenne 6 ans, et une pathologie jugée discriminatoire pour les femmes par la ministre des familles, à l’origine d’une grande campagne d’information en mars dernier.

Une maladie au dépistage tardif

L’endométriose est une maladie chronique concernant les femmes en âge de procréer, caractérisée par la présence de foyers d’endomètre en dehors de la cavité utérine et accompagnée de douleurs pendant les règles chez 80 % des femmes atteintes. Ele provoque un risque important d’infertilité, concernant 30 % à 40 % des femmes concernées .

On déplore un important retard de diagnostic, 6 à 10 ans après les premiers symptômes, pour une maladie qui peut avoir un fort retentissement sur la qualité de vie des femmes : arrêts de travail, hospitalisations …

Facteurs de risque et symptômes

Le risque de développer une endométriose semble plus important pour les femmes ayant eu des règles précoces, des cycles courts et réguliers, des règles abondantes ou une proche parente (mère ou sœur) atteinte d’endométriose. Les manifestations cliniques de l’endométriose sont très variables selon le type d’atteinte. Un point important à souligner est qu’il n’existe pas toujours de corrélation entre la sévérité de la maladie et l’intensité des symptômes : une endométriose superficielle peut être très douloureuse et une endométriose sévère passe parfois inaperçue.

La douleur pendant les règles (dysménorrhée) est présente chez 80 % des femmes atteintes. Il s’agit du symptôme le plus fréquent, suivi par les douleurs pelviennes. 
Le développement de la maladie entraîne des douleurs chroniques, très invalidantes avec une sensation de douleur permanente. Les douleurs pendant les rapports sexuels (dyspareunie) sont présentes chez 25 à 40 % malades.

L’infertilité est l’autre manifestation importante et grave de la maladie, présente chez 30 à 40 % des femmes souffrant d’endométriose.

Une prévention qui passe par l’alimentation

La grande absente de la campagne gouvernementale est la prévention, comme si l’endométriose était une fatalité. Pourtant, qu’ils soient hormonaux ou chirurgicaux, des traitements existent.  Le Docteur Anne Legrand, médecin gynécologue, remarque : « La carte des populations concernées montre que cette maladie est présente essentiellement en Amérique du Nord et en Europe, zone où la nutrition est comme par hasard très inflammatoire. En cause en tout premier, l’excès de sucre et l’alimentation industrielle. » Elle préconise « une réorganisation de la prise en charge alimentaire, qui est une condition certainement insuffisante, mais indispensable pour espérer faire diminuer l’intensité des douleurs ainsi que le nombre de femmes concernées. » Supprimer les sucres blancs et les produits industriels, un conseil valable à tous les âges de la vie d’une femme, que ce soit pour lutter contre l’acné, la fatigue chronique ou les effets de la pré ménopause.

Oser en parler, un cap difficile mais indispensable

Jeune élève à l’école des Mines Paris Tech, Olivia* a témoigné dans le journal des élèves : « Pendant les épreuves écrites de Normale Sup’, je ne pouvais plus réfléchir tant j’avais mal, et n’ai pas osé prendre de médicaments de peur des effets secondaires. Je pense que c’est la cause de mon échec, mais le plus douloureux est que ce soit un sujet tabou. » Difficile de concilier une saine pudeur féminine et la nécessité d’une parole libératrice sur le cycle féminin. Un discours d’autant plus absent que les femmes elle-même, généralement très vite sous pilule, connaissent mal leur corps et le fonctionnement de leurs organes génitaux. Un défi que sauront relever les nouvelles générations de jeunes femmes de plus en plus séduites par une approche écologique de la gestion de leur fertilité, que ce soit avec les cups vaginales ou les méthodes naturelles de régulation des naissances.

* Les prénoms ont été changés

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