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Génocide arménien : le combat harassant des descendants des victimes

L’Église de la Sainte-Croix d’Aghpag ou de Saint-Édchmiadzin de Sorader -Façade ouest, 2011 (Coll. P. Maguesyan).
L’Église de la Sainte-Croix d’Aghpag ou de Saint-Édchmiadzin de Sorader -Façade ouest, 2011 (Coll. P. Maguesyan). © Le collectif 2015
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En 1915, l'Empire ottoman massacrait ses citoyens arméniens et spoliait leur bien, 102 ans après, la Turquie n'a pas soldé ses comptes avec la nation arménienne.

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Il y aurait environ 3000 églises ou monastères arméniens, datant d’avant le génocide, disséminés dans la Turquie orientale. Inutile de chercher la trace de ces témoins du passé dans les pages du ministère de la culture turque, constate Haroutioun Khatchadourian, l’un des auteurs de Localités et Biens cultuels arméniens dans la Turquie Ottomane. Seule une quarantaine de ces lieux y sont décrits, et le qualificatif d’arménien est à peine prononcé !

Biens spoliés, jamais rendus

Pour parvenir à ce chiffre de 3000 édifice religieux arméniens en Turquie, l’auteur s’est fondé sur des inventaires et des recensements antérieurs à 1915. Quelle que soit la méthode de calcul, assure-t-il, ils sont bien plus nombreux que ceux qui sont présentés officiellement. Beaucoup de ces monuments sont arasés, ruinés, transformés en mosquées, en granges… L’existence de biens chrétiens spoliés au moment du génocide participe, de toute évidence, aux raisons qui poussent la Turquie à refuser de reconnaître les fautes de son pays en 1915.

Une rature dans le roman national

L’une des premières mesures du président turc, Mustapha Kemal Atatürk, fut de fonder en 1931 la « Société d’histoire turque », qui avait pour fonction de raconter un passé turc officiel et glorifié. « Le problème, assure Haroutioun Khatchadourian, c’est que cette propagande fait encore autorité dans les écoles turques ! » La place du génocide, dans un tel roman national, est forcément réduite à sa portion congrue. Mais plus profondément, la volonté de faire disparaître les Arméniens, pour fonder un État-nation homogène ethniquement et religieusement n’a pas disparue. Le génocide de 1915 a concerné d’abord les hommes, puis les monuments enfin les informations, et cette phase continue aux yeux de l’auteur, qui dénonce une « destruction de la mémoire ». « Ils ont continuellement changé même les noms des lieux, des monuments, des villages, pour qu’ils prennent une consonnance turque et pas arménienne ».

Méfiance des gouvernements turcs

À chaque fois que les Arméniens et descendants d’Arméniens demandent que l’État turc reconnaisse sa responsabilité, et répare ce qui peut l’être, ils obtiennent la même réponse, regrette l’auteur : « C’est un non-événement ». Et pour les autres États qui refusent l’évidence « ce n’est pas le moment (… de froisser un partenaire)». Pourtant, des Turcs prennent leur parti, s’intéressent à la culture de leur pays sans gommer son héritage chrétien, mais les gouvernements turcs successifs continuent à voir dans la diversité de l’histoire de leur pays une menace pour son identité, se désole l’auteur : « Cela fait plus d’un siècle que ce n’est pas le moment ! » Les gouvernements turcs ont en commun une gestion de leur pays « sous pression », animée par la nostalgie de l’Empire Ottoman et la crainte de voir l’unité de la nation se déliter.

Quand les cloches résonneront-elle en Turquie ?

Et l’actualité récente, avec le renforcement de l’exécutif de Recep Tayyip Erdogan, ne porte pas les Arméniens à l’optimisme. « Nous voudrions que le génocide soit reconnu, que les biens cultuels religieux nous soient restitués et que l’État turc restaure et reconstruise les biens détruits », détaille l’auteur, qui admet que ces objectifs demeurent lointains. « Les génocides ont chacun leurs propres caractéristiques, conclut-il, et une spécificité du génocide des Arméniens c’est qu’il est toujours persistant sous différentes formes ! »


Le livre Localités et Biens cultuels arméniens dans la Turquie Ottomane sera présenté par ses auteurs, Haroutioun Khatchadourian, Jean Michel, Lucie et Patrick Aslanian, à la maison de la culture arménienne, 9 rue de Madrid à Alfortville 74 140, vendredi 29 avril à 20h. contact@otc-france.org.

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