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Entre Arles et Rome : les reliques de saint Césaire exposées au Vatican

Tunique de Saint Césaire
Tunique de saint Césaire © Musée Départemental Arles Antique
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Barbara Jatta a inauguré sa première exposition en tant que directrice des musées du Vatican. Et c'est une figure française qui est mise à l’honneur : le saint évêque d’Arles, Césaire.

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Le 23 mars, en présence de S.E.R. Giuseppe Bertello, président du Governatorato de l’État de la cité du Vatican, Barbara Jatta a inauguré sa première exposition en tant que directrice des musées du Vatican. Et c’est une figure française qui est mise à l’honneur : le saint évêque d’Arles, Césaire.

Aux élus du département des Bouches-du-Rhône, accompagnés de leur présidente Martine Vassal, s’étaient joints Mgr Christophe Dufour, archevêque d’Aix et Arles, et Mgr Jean-Marc Aveline, évêque auxiliaire de Marseille, ainsi que le curé de la paroisse d’Arles, pour participer à cet événement. L’ambassadeur de France près le Saint-Siège, Philippe Zeller n’a pas manqué de souligner le caractère inhabituel de cette délégation : « Il n’est pas banal que des élus de la République française, voyagent en délégation officielle avec deux archevêques et cinq prêtres ! », s’est-il amusé.

Née de l’enthousiasme des conservateurs du musée Pio-Cristiano au Vatican (Umberto Utro et Alessandro Vela) et d’Arles (Claude Sintès), l’exposition est installée dans le parcours permanent des Musées du Vatican. Ce projet rappelle la richesse de la fin de l’Antiquité — que l’on assimile toujours à une phase de décadence — et le rayonnement de la Gaule paléochrétienne.

Parmi les pièces principales de l’exposition, se trouvent les pallia de Césaire qu’il avait reçus en 513 du pape Symmaque (498-514), restaurés ces dernières années. En latin, pallium signifie « manteau ». Il se portait comme une étole antique, drapée autour du cou et reposant sur le bras gauche. Ce symbole liturgique symbolise le lien personnel et institutionnel qui unit l’évêque au pape. Tissé en laine blanche d’agneau, il évoque le bon pasteur et la brebis égarée, portée sur ses épaules, mais aussi l’Agneau pascal.

Le premier pallium est orné du chrismon, c’est à dire du X (chi) et du P (rhô), les deux premières lettres du mot Χριστός (Christ) réalisé en soie et laine. Le second pallium, orné de croix rouges brodées, a été retrouvé dans une enveloppe médiévale de soie brodée sur laquelle figurent des « lièvres courants » et évoque les tissus coptes et fatimides de l’Egypte ancienne conservées dans les musées du Vatican.

Tout comme ces pallia, la tunique funéraire de saint Césaire a été restaurée pendant de longues années par Anastasia Ozoline qui a consacré sa vie à saint Césaire. « Lors de l’ouverture des reliques, à l’intérieur de l’atelier de restauration, la pièce était roulée en boule et ressemblait à une serpillère ! Je me souviens des réflexions un peu étonnées de mes collègues : “Que vas-tu faire d’une serpillère ?”. Mais on a eu la confirmation qu’il s’agissait d’un textile funéraire. Il était complet. C’était totalement incroyable ! »

Saint Césaire mérite d’être plus amplement connu. Il exerce son ministère épiscopal alors qu’une civilisation millénaire s’effondre. Après Rome, c’est Arles qui est envahie, et c’est à ce moment que cet homme venu de Bourgogne arrive en Provence. Arrivé pour se soigner auprès des médecins les plus réputés, il deviendra évêque d’Arles pendant plus de quarante ans. Célèbre par la grande quantité de ses sermons exprimés dans un langage compréhensible pour tous, ce que prouvent les exemples conservés dans un codex de la bibliothèque apostolique vaticane, prêtée le temps de cette exposition.

L’inauguration de cette exposition s’est achevée avec la lecture de quelques uns de ses textes, les « vraies reliques », par les initiateurs de ce projet. En tissant des liens avec les « barbares », Césaire fait partie de ceux qui ont sauvé l’héritage de la civilisation romaine. La mission d’aujourd’hui est de faire connaître Césaire en France, lui qui est presque plus connu aux États-Unis qu’à Marseille.

Arles, la petite Rome des Gaules

La cité arlésienne a été fondée par Jules César, vainqueur des guerres civiles, qui implante une colonie de vétérans à l’embouchure du fleuve Rodanus. Alors que Marseille s’était rangée du côté de Pompée le Grand, César offre à la nouvelle cité le statut de colonie, prenant ainsi le nom de Colonia Iulia Paterna Arelate Sextanorum, marquant ainsi la filiation de la cité arlésienne au victorieux César. La cité jouit d’une position favorable : elle est la porte d’entrée sur les Gaules, et son emplacement sur le Rhône est stratégique. Le fleuve est un axe de communication majeur puisqu’il rejoint la capitale des Gaules, Lugdunum, mais aussi par les Alpes les cités de Lousonna (Lausanne-Vidy) et de Octodure (Martigny). De plus en plus riche, Arles devient même la « Rome des Gaules » comme se plaisent à le dire ses contemporains. Par ses richesses, la cité s’embellit et est aujourd’hui une des plus riches cités romaines en vestiges, dont la qualité pourrait faire envier tous les archéologues travaillant à Rome.

Alors que la capitale de l’Empire tend à un déclin provisoire, Arles et la Provence, entourée des autres cités d’Aquae Sextiae (Aix) ou Aurasio (Orange), va prendre une importance de plus en plus grande. Mais ces deux villes présentent des similitudes géographiques : sa localisation en plaine, à proximité de la mer, traversée par un fleuve : en soit deux cités méditerranéennes.

Une belle leçon d’Histoire antique attend donc chaque curieux et visiteur des musées du Vatican, visible jusqu’au 25 juin 2017, et nous permet de connaître plus encore ces siècles mal connus.

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