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Une chrétienne égorgée par Daesh élevée au rang « d’icône pour l’Église »

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À la basilique Saint-Barthélemy de Rome, le pape François a honoré samedi 22 avril les "nouveaux martyrs" de l’ère moderne et dénoncé la cruauté envers les réfugiés, enfermés comme dans des "camps de concentration".

Les martyrs sont « le sang vivant de l’Église », ils sont « les témoins qui font avancer l’Église », en vivant « en cohérence » avec leur foi, ils attestent que « Jésus est ressuscité, qu’il est vivant », a souligné le pape François en célébrant, samedi 22 avril, la mémoire des « Nouveaux Martyrs » des XXe et XXIe siècles, dans la Basilique Saint-Barthélemy, sur l’ile Tibérine, à Rome.

De quoi l’Église a-t-elle besoin aujourd’hui ? De saints « dans la vie ordinaire » mais aussi « de ceux qui ont le courage d’accepter la grâce de témoigner jusqu’à la fin, jusqu’à la mort », a-t-il ajouté en offrant à cette église, consacrée à leur mémoire par Jean Paul II, en l’an 2000, une nouvelle icône : une chrétienne, « égorgée » par des terroristes, sous les yeux de son mari musulman, pour avoir refusé d’enlever la croix qu’elle portait.

Parmi les objets, exposés dans les six chapelles latérales de la basilique, le bréviaire du père Jacques Hamel, assassiné dans son église en Normandie le 26 juillet 2016. Roselyne, sa sœur, est intervenue, au milieu d’autres témoins, pour rendre hommage à ce frère qui « a voulu vivre en frère avec tous les gens qui lui avaient été confiés » et qui est devenu « un frère universel » par sa mort.

« Une vie donnée au Seigneur »

Jacques Hamel avait 85 ans quand, le 26 juillet 2016, il a été assassiné à la fin de la messe qu’il venait de célébrer à Saint-Étienne-du-Rouvray, en Normandie. « À son âge, Jacques était fragile, mais il était fort. Fort de sa foi dans le Christ, fort de son amour pour l’Évangile et pour les gens, quels qu’ils soient et – j’en suis certaine – aussi pour ses assassins », a témoigné Roselyne après l’homélie du Saint-Père. Et quel paradoxe ! Lui qui « n’a jamais voulu être au centre, par sa mort il est devenu un modèle pour le monde entier, livrant un témoignage dont nous ne mesurons pas encore tout à fait l’ampleur », a-t-elle relevé. « Nous l’avons vécu dans la réaction de tous ces chrétiens qui n’ont pas prêché la violence ou la haine, mais l’amour et le pardon ; nous l’avons vu dans la solidarité des musulmans qui ont voulu visiter les assemblées dominicales après sa mort ; nous l’avons vu en France, qui a montré son unité autour de la tendresse de ce prêtre ». Son frère l’avait écrit : « Notre vocation est de participer à la construction d’une nouvelle fraternité, dans un  contexte mondial nouveau », rappelle-t-elle, « puisse le sacrifice de Jacques porter des fruits, pour que les hommes et les femmes de notre temps puissent trouver la voie du vivre ensemble et de la paix ».

Aux côtés de Roselyne, d’autres témoins ont pris la parole comme Karl Schneider, fils de Paul, pasteur de l’Église réformée, tué en 1939 dans le camp de Buchenwald pour avoir déclaré « inconciliables » les objectifs du nazisme avec les paroles de la Bible ; et Francisco Hernandez Guevara, un ami de William Quijano, un jeune de Sant’Egidio tué au Salvador, en 2009, pour avoir sorti de nombreux jeunes de l’influence de bandes qui semaient la terreur dans tout le pays.

Témoins héroïques, anciens et récents

« Combien de communautés chrétiennes aujourd’hui objet de persécutions ! Pourquoi ? A cause de la haine de l’esprit du monde », a martelé le pape François pendant sa longue homélie. Mais sans tous ces martyrs, a-t-il ajouté, « L’Église ne peut aller de l’avant, ils sont les témoins qui portent en avant l’Église, ceux qui attestent que Jésus est ressuscité, qu’il est vivant, ils l’attestent avec la cohérence de leur vie et la force de l’Esprit Saint qu’ils ont reçu en don ».

Le Saint-Père était vêtu d’une étole rouge, couleur du sang des martyrs. Son hommage est allé à tous « les nouveaux martyrs » – tant de chrétiens « tués par les folles idéologies du siècle dernier, et aujourd’hui encore, tués parce que disciples du Christ », a-t-il dit – Mais également à tous ces « martyrs cachés, ces hommes et ces femmes fidèles à la force douce de l’amour, à la voix de l’Esprit-Saint, qui dans la vie de tous les jours cherchent à aider les frères et à aimer Dieu sans réserve ». Témoins héroïques, anciens et récents, tous » confirment que l’Église est Église si elle est Église de martyrs », a garanti le Pape, tous « nous enseignent que, avec la force de l’amour, avec la douceur, on peut lutter contre les abus, la violence, la guerre et que l’on peut réaliser la paix avec patience ».

Pendant la cérémonie, tant de cierges ont été allumés pour accompagner chaque prière prononcée en mémoire de tous ces martyrs : pour les Arméniens et autres chrétiens des Églises victimes des massacres perpétrés pendant la Première Guerre mondiale, pour les martyrs de la paix et du dialogue, comme les moines trappistes de Notre-Dame de l’Atlas en Algérie et don Andrea Santoro en Turquie, pour ceux qui ont été tués par la mafia, comme don Pino Puglisi, et pour tant d’autres missionnaires qui, dans le monde, ont donné leur vie pour l’Évangile.

 Une nouvelle icône du martyre

Et à cette basilique Saint-Barthélemy de Rome, du Xe siècle, confiée à la communauté Sant’Egidio, connue pour sa contribution à la paix dans le monde, le souverain pontife a apporté « une nouvelle icône » du martyre : une chrétienne du Moyen Orient « égorgée » au Moyen Orient par des terroristes sous les yeux de son mari musulman, pour avoir refusé de se défaire de son crucifix. Le Pape a rencontré le mari lors de sa visite à Lesbos. « C’est l’icône que j’apporte aujourd’hui en cadeau », a poursuivi le pape François, avant de rendre également hommage à l’époux musulman : « Cet homme n’avait pas de rancœur : lui, musulman, avait cette croix de souffrance portée sans rancœur. Il se réfugiait dans l’amour de sa femme ».

 

Les migrants dans des « camps de concentration »

En toile de fonds, la crise migratoire, dont souffrent les réfugiés comme le mari de cette chrétienne, musulman, rencontré dans le centre de Lesbos, plié comme tant d’autres à un enfermement que le Saint-Père n’a pas hésité à comparer à celui « d’un camp de concentration », en raison « du grand nombre de personnes qui y sont abandonnés « . Et de fustiger alors encore une fois l’Europe pour la situation aux portes du vieux continent de toutes ces « victimes d’accords internationaux » qui semblent « plus importants que les droits humains ». Et sur le parvis de l’église, en saluant la foule avant son départ : « Pensons à la cruauté, à cette cruauté qui s’acharne aujourd’hui sur tant de personnes ; l’exploitation des personnes… Des personnes qui arrivent en bateaux et puis restent là (…) Nous sommes dans une civilisation qui ne fait pas d’enfants, mais nous fermons aussi la porte aux migrants. Cela s’appelle du suicide ».

À la fin de la prière, le souverain pontife a rencontré un groupe de réfugiés arrivés en Italie par les couloirs humanitaires, ainsi que des femmes victimes de la traite et plusieurs mineurs non accompagnés.

https://vimeo.com/214467405

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