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La foi de nos pères : Pourquoi la tradition est-elle importante ?

Everett Collection/Shutterstock
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Sam Guzman, le fondateur du blog "Catholic Gentleman" livre un vibrant plaidoyer en faveur de la défense de la tradition vivante de l’Église.

L’une des facultés les plus importantes que l’on peut perdre est la mémoire. C’est pourquoi les maladies comme Alzheimer sont tellement tragiques. Quand une personne perd la mémoire, c’est presque comme si elle avait cessé d’exister pour elle-même, et pour ceux qui l’entourent. Peu de choses sont plus douloureuses que de parler à une mère, à un père ou à un conjoint qui ne sait plus qui vous êtes et qui vous considère comme un inconnu.

Nos souvenirs font ce que nous sommes. Dans une large mesure, notre identité est liée à ces souvenirs-là. La mémoire des personnes, les lieux et les expériences donnent du sens à notre vie. Sans souvenirs, il serait presque impossible de vivre et d’avancer d’une manière significative.

Des films ont été tournés, des livres et des romans ont été écrits pour maintenir vivante cette mémoire, pour éviter qu’elle ne s’efface. Culturellement, nous pensons vraiment que la perte de mémoire est débilitante.

Tradition : la mémoire de l’Église

Tout comme l’être humain ne peut fonctionner sans mémoire, l’Église aussi ne peut fonctionner sans la tradition. Loin d’être dépassée ou sans intérêt, la tradition est la mémoire vivante de l’Église. Sans tradition, l’Église n’a pas de sens. Il n’y a tout simplement pas de catholicisme sans tradition.

L’Église, après tout, est un corps, un organisme vivant avec une identité distincte. Sans tradition — dont l’étymologie latine signifie « transmission » — sans mémoire, elle ne sait ni d’où elle vient ni où elle va, quelle est sa mission ou encore pourquoi elle existe. Sans tradition, l’Église est condamnée à être balayée par les modes passagères et les idées dominantes, comme un patient sans mémoire est conduit impuissant le long d’un couloir d’hôpital.

Le résultat inévitable d’une perte de mémoire est la crise identitaire. Voilà pourquoi il n’est pas surprenant que les cinquante dernières années du catholicisme aient été marquées par une terrible crise d’identité, dès que de nombreux catholiques ont abandonné les traditions de la foi.

Que signifie désormais être catholique ? Lorsque des catholiques soutiennent des hommes politiques qui rejettent ouvertement l’enseignement de l’Église sur les questions morales fondamentales, cela est révélateur d’une grave crise identitaire.

Du fait de ce manque d’identité catholique, beaucoup ont fait du mot « tradition«  un terme désagréable. Certains laïcs et prélats froncent les sourcils et grognent : « Traditions mortes ! Nous ne retournerons jamais en arrière !« .

D’autres s’en moquent en disant : « Cela n’a pas de sens de regretter le passé ! C’est une nostalgie vide ! Une perte de temps !« .

Je crois fermement que ces gens préfèrent une Église sans défense et neutralisée, une Église sans mémoire, sans but ni direction, pour en faire ce qu’ils veulent. Coupée de la tradition, l’Église devient pour eux une ardoise vierge qu’ils peuvent manipuler comme ils veulent, en créant une religion personnalisée, selon leur propre goût. Cette Église sans traditions devient un navire à la dérive qu’ils peuvent diriger à leur guise.

La foi est un don

Il existe une autre raison pour laquelle la tradition a de l’importance : la foi est un don qui est transmis. Ce n’est pas quelque chose que nous créons pour l’adapter à nos préférences. Quand nous sommes baptisés dans la foi catholique, nous entrons dans un monde et nous embrassons un credo qui n’est pas le résultat de notre propre œuvre. Nous recevons une foi qui a été arrosée par le sang des martyrs, une foi préservée et transmise par des saints moines, papes, évêques, prêtres, religieuses, laïcs et savants depuis deux millénaires.

C’est le comble de la folie et de l’orgueil de croire que la foi est quelque chose que nous pouvons créer nous-même. Non, si l’on veut vraiment être catholique, on doit accepter qu’il existe toujours un élément qui nous fait abandonner nos idées, nos caprices et nos opinions personnelles pour nous ouvrir à la sagesse supérieure de l’Église. À l’ère du relativisme et de la-religion-qui-vous-convient-le-mieux, cela va profondément à contre courant.

La foi est l’antithèse de la religion personnelle. La foi catholique est universelle et transcende le temps et l’espace. Elle doit donc être un don qui est transmis de génération en génération, et ne doit pas être soumise aux impulsions de la culture environnante, en constante évolution. Comme l’a dit un saint : « La vérité ne change pas de jour en jour.« 

Une foi qui ne change pas ? 

Aujourd’hui, certains souligneront la différence qui sépare les traditions avec un « petit t«  des traditions avec un « grand T« , et entre ce que les catholiques croient et la manière dont ils se comportent. Ces gens estiment que nous pouvons abandonner les petites traditions sans nuire pour autant aux grandes. Cela est tout simplement faux. Nous ne pouvons pas nous débarrasser de la pratique et de la piété qui ont été transmises depuis des siècles, sans nuire inévitablement à l’ensemble du tissu de la foi. C’est comme si l’on cherchait à découdre une broderie complexe d’une tapisserie, sans nuire à l’ensemble du tissu. C’est impossible, car elles sont inextricablement liées ensemble.

Mais cela ne veut pas dire que de nouveaux fils ne peuvent pas être ajoutés à la tapisserie, pour filer cette analogie. La tradition n’est ni statique ni immuable. L’Église a toujours répondu et répondra toujours aux besoins des temps, mais elle doit le faire sans abandonner ses traditions.

Un pasteur luthérien que j’ai rencontré avant ma conversion, avait plus de sagesse que beaucoup de catholiques d’aujourd’hui. Son mantra était : « Pas d’innovation sans tradition.«  Il avait raison. Alors que nous pouvons explorer de nouveaux chemins d’engagement culturel et même de dialogue, cela doit toujours se faire dans le plus large contexte de ce que nous avons reçu, et sans faire violence aux traditions qui nous ont été transmises.

Comme tout voyageur le sait, il n’y a rien de plus satisfaisant que de retourner à la maison après un long voyage. Il n’y a pas d’aventure sans un foyer auquel on peut revenir. De la même manière, les catholiques peuvent faire face à une culture hostile, seulement s’ils peuvent retourner au foyer sûr d’une foi cohérente.

La foi de nos pères

On pourrait continuer encore, mais pour résumer, le catholicisme sans tradition est une contradiction dans les termes. La foi doit toujours être ancrée dans les fondements solides de la tradition. Dans le cas contraire, elle cesse d’exister. Une foi sans traditions peut être une religion, mais ce n’est pas le catholicisme.

En tant que catholiques, nous sommes confrontés à la dictature du relativisme culturel, au pluralisme et au politiquement correct. Tout cela est un peu accablant, et ce serait facile de succomber à cette attaque, si nous n’avons pas à un rocher auquel nous raccrocher. Ce rocher n’est rien d’autre que l’immuable foi catholique qui reste, telle quelle nous l’avons reçue, en vingt siècles d’histoire.

« Foi de nos pères, sainte foi ! Nous te serons fidèles jusqu’à la mort », Fr. Frederick William Faber.

« Ainsi donc, frères, tenez bon, et gardez ferme les traditions que nous vous avons enseignées, soit de vive voix, soit par lettre » saint Paul. (2e lettre de saint Paul aux Thessaloniciens, 2, 15). 

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