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Renée de Tryon-Montalembert, une femme exceptionnelle au service de l’Église

Renée avec le pape Benoît XVI à Rome, le 18 mai 2005 © Archives Renée de Tryon-Montalembert
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"Don total, dépouillement absolu, quitter tout, tout… même réputation et honneur !" Deux journées spirituelles sont organisées les 21 et 22 avril pour se mettre à l’école de cette figure magnifique, décédée il y a 10 ans.

« Renée et le Mystère de l’Épouse » sera le thème des journées spirituelles organisées vendredi 21 et samedi 22 avril à l’occasion du dixième anniversaire de la mort de Renée de Tryon-Montalembert. La journée du vendredi se déroulera à la maison de la CEF (Conférence des évêques de France) à Paris à laquelle il convient de s’inscrire au préalable ici. Elle sera composée de témoignages divers et le lancement, dans la matinée, sera faite avec la participation de Fabrice Hadjadj. Le soir, à 19h15, Mgr Raffin présidera une messe à Saint-Étienne-du-Mont qui sera suivie d’une veillée eucharistique. Le samedi se passera à La Ferté-Loupière, son lieu de naissance.

Ces journées permettront de se mettre à l’école de sa spiritualité novatrice : Renée de Tryon-Montalembert avait en effet une vocation singulière, celle de garder un cœur d’enfant tout en étant l’épouse du Christ, sans oublier de développer son intelligence et de la mettre au service de tous. C’est d’ailleurs ce qui frappait le plus quand on la voyait, à la fin de sa vie, diminuée par la maladie de Parkinson. Sa présence d’esprit s’alliait à celle du cœur, pour offrir une attention totale à son interlocuteur.

La vie consacrée : un appel à renouveler l’Église

Dernière descendante de sa famille et grande intellectuelle, Renée de Tryon-Montalembert (1920-2007) devient vierge consacrée peu après la validation du décret du nouveau rituel, le 8 décembre 1973. Mais sa vie est donnée au Christ depuis bien plus longtemps, sous forme de vœux privés prononcés en 1955. Elle en tire son dynamisme et sa force. Cette grâce particulière lui arrachera ces mots au sujet de cette nouvelle étape de sa vie : « Une véritable mutation, une entrée dans une phase toute nouvelle et décisive qui réalise l’unité de toute mon existence ! » Elle développe une spiritualité particulière, inspirée de la phrase du Bien-Aimé dans le Cantiques des Cantiques : « Montre-moi ton visage ».  Elle l’entend comme un cri, un refrain, une méditation. Cette phrase, c’est à tous qu’elle désire la faire entendre. Sa spiritualité consiste à dire : « Préparez-vous, montrez-lui votre visage » et d’inviter tous les baptisés à vivre de ce même souffle. Deux figures féminines la suivent toute sa vie, celle d’Anne de Guigné, enfant vénérable qu’elle ne quitte pas depuis sa première communion, et sainte Catherine de Sienne, docteur de l’Église. Ces deux figures résument, à elles seules, son caractère et son statut au sein de l’Église.

Un dynamisme incroyable

Durant vingt-deux ans, elle est directrice d’une école secondaire juive. Cela la conduit à étudier l’hébreu, le judaïsme et à nouer de nombreuses et profondes amitiés dans les milieux juifs les plus divers, en France et en Israël. Elle ira souvent à Jérusalem et sera très impliquée dans le dialogue entre Église et monde juif, notamment, jusqu’en 1995, au sein du Comité directeur de l’AJCF, qu’elle représentera en Israël.

Sa vie de prière est rythmée par les offices liturgiques, de nombreuses heures devant l’adoration eucharistique, le chapelet et la méditation des mystères. Elle y puise son inspiration, son oraison quotidienne et y ancre la fidélité à sa vocation d’épouse du Christ pour demeurer telle une jeune amoureuse.

Sa force est aussi de ne pas se laisser décourager par les épreuves, de prendre les moyens de repartir, de garder un cœur pur d’enfant, en se confessant assidûment et en allant prier à Notre-Dame des Victoires ou Saint-Étienne du Mont. D’une vivacité incroyable, elle suscite des rencontres, des retraites, des pèlerinages, écrit des articles, donne des conférences et anime environ soixante-dix chapelets sur Radio Notre-Dame, de 1989 à 1995, qu’elle relie à l’actualité de l’Église. Elle va souvent à Rome et passe parfois à la Congrégation pour la doctrine de la foi où elle rencontre celui qui est encore le cardinal Ratzinger. Enfin elle lance encore, tout à la fin de sa vie, deux nouvelles associations : « Pèlerins parkinsoniens » et « Enfance et sainteté ».

Benoît XVI la reconnaît et la remercie au nom de l’Église

« Pour manifester le visage de l’Église apostolique, il faut aussi vivre en étroite communion avec le pape et les évêques. Au cours d’une rencontre nationale de vierges consacrées, l’un d’entre eux leur dit : « Vous êtes appelées à vous tenir au cœur du Collège épiscopal comme Marie au Cénacle, appelant l’Esprit saint sur les successeurs des apôtres ». Renée prie intensément pour eux. Tout ce qu’elle entreprend n’a qu’un seul but : être au service de leur mission. Ses écrits visent avant tout à faire connaître leurs enseignements. En relation étroite avec nombre d’entre eux, en France, en Israël, à Rome, elle n’hésite pas, dans son amour filial, à leur partager ses intuitions, à formuler telle ou telle suggestion, avec « confiance, obéissance, humilité ». (Prier 15 jours avec Renée de Tryon-Montalembert)

En 2005, elle emmène à Rome un groupe de parkinsoniens, pour aller soutenir le saint pape Jean Paul II. Mais c’est Benoît XVI qui accueille les pèlerins. Celle qui pousse le fauteuil de Renée raconte : « On ne devait pas s’arrêter, se souvient-elle, ni lui parler. Mais j’ai dit cependant : “C’est Renée de Tryon-Montalembert”. Benoît XVI a alors arrêté le fauteuil malgré l’affluence, il l’a reconnue aussitôt. “Je vous remercie beaucoup pour tout ce que vous faites, continuez, je vous encourage, je prie pour vous, je vous bénis”, lui a-t-il dit, pour exprimer tout ce que l’Église lui doit. Elle en a eu les larmes aux yeux, des larmes spirituelles. Cela lui a donné le courage de continuer ».

Pour mieux connaître sa vie et son œuvre, rendez-vous sur le site qui lui est dédié.

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