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Qui est William Cavanaugh, le théologien qui monte ?

© Roger Rich / University of St. Thomas
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William Cavanaugh, professeur de théologie à Chicago, formule une pensée nouvelle et vivifiante pour l’Église.

Américain d’une cinquantaine d’années, directeur du centre de recherches à l’université DePaul de Chicago, William Cavanaugh est le théologien en vogue, considéré parmi les théologiens contemporains les plus importants. Publiant depuis le début des années 2000 aux États-Unis, il commence à être traduit en français et trouve un public fidèle qui ne cesse de croître.

Son premier livre en français, publié en 2007 et intitulé Être consommé, articulait une critique du consumérisme de notre temps ainsi qu’une réflexion sur l’Eucharistie. Il précédait ainsi l’encyclique papale Laudato Si’, en laquelle Cavanaugh a reconnu un « ouvrage impressionnant ». C’est ainsi qu’il déclarait à Aleteia fin 2016 que « l’écologie n’est pas un problème secondaire, elle est directement liée à la manière dont chacun conçoit la nature de Dieu et des hommes ». C’est donc d’une forme d’écologie intégrale, comparable à celle que revendique la revue Limite, que Cavanaugh se revendique. Défense de la création et sobriété dans la consommation vont de pair. Mieux, ils sont indispensables à une vie saine.

Repenser la place des chrétiens dans le monde

Poursuivant dans cette direction, nourri de réflexions sur tous les éléments composant l’environnement social de l’homme, William Cavanaugh s’attache à repenser la place de l’Église de la société et a fortiori des chrétiens dans le monde. C’est ce qu’il expliquait il y a quelques mois, au moment de la sortie de son livre intitulé Comme un hôpital de campagne, paru chez Desclée de Brouwer : « Ce livre explore les principaux thèmes que j’ai étudiés au long de ma carrière : la relation de la théologie chrétienne avec l’économie, la politique et la violence ». Et c’est ainsi qu’il avance une conception de l’Église comme un « hôpital de campagne », expression qu’il reprend du pape François. « L’image de l’Église comme hôpital de campagne dit clairement que l’Église ne peut pas se retrancher dans des enclaves mais doit sortir pour panser les blessures », écrit-il.

Le théologien américain propose donc une implication dans la cité pour y remédier : « L’Église se doit d’être audacieuse et de proclamer la Bonne Nouvelle dans le monde entier, particulièrement dans les lieux les plus isolés. La communauté chrétienne ne peut pas rester inactive, ni se considérer comme pure face à un monde de perdition », déclarait-il encore à Aleteia. Dans son dernier essai, il invite également à approfondir notre compréhension de la communion, celle au corps de l’Église. « Nous ne devenons ce que nous sommes réellement qu’en entrant en communion les uns avec les autres. » Avec Comme un hôpital de campagne, William Cavanaugh propose finalement aux chrétiens d’aujourd’hui des voies d’action concrètes. Et affirme du même coup sa réputation de brillant théologien.

 

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