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Pâques : Joie et force de la Résurrection

© Jeffrey Bruno
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"Comment peut-on se dire chrétien sans éprouver en permanence une joie indicible ?"

On dit que le Christ foula aux pieds les portes de l’Enfer afin d’en délivrer ceux qui en étaient prisonniers — événement montré dans les icônes classiques sous le nom de « Descente aux Enfers ». Cet événement historique s’est-il déroulé entre la mort et la Résurrection du Christ ? La foi répond par l’affirmative. Mais plus incroyable encore pour la raison usuelle, c’est l’éternelle actualité de cette icône. Le Christ ne fait pas que sauver les individus ayant vécu avant sa venue, il sauve tous les Hommes de tous les temps. Il nous sauve perpétuellement de nos enfers personnels où il descend en permanence. Comme sur l’icône, Il vient en notre moi le plus intime pour nous prendre par la main, nous guérir et nous sortir des ombres intérieures qui nous emprisonnent.

Pâques est sans doute la fête la plus importante de la spiritualité chrétienne. Marquant la fin du Carême, elle est l’occasion de laisser éclater la joie de la Résurrection. Joie et Résurrection, deux mots qui ne font qu’un avec la nature de cette fête mais qui ne font qu’un aussi avec la nature profonde du christianisme. Car enfin, comment peut-on se dire chrétien sans éprouver en permanence une joie indicible ?

Loin d’être une déclaration d’intention, il s’agit ici d’une réalité : le chrétien est joyeux par nature. Pas de cette joie forcée et de façade sous laquelle se cacherait une profonde déprime. Pas non plus cette joie superficielle, bruyante et souvent fausse qui s’exprime en beuverie et en fête où l’on s’oublie dans la prise de substances diverses. Non, la joie chrétienne est profonde, vraie, lumineuse et constante. Elle a quelque chose de la sérénité, de la force tranquille, qu’on imagine chez les plus grands saints et les plus grands sages.

Pourquoi cette joie ? Grâce à Pâques !

Il faut sans cesse prendre la pleine mesure de la signification de la fête : Christ est ressuscité !

A-t-n vraiment encore conscience de la portée de la Bonne Nouvelle chrétienne ? Que l’on me permette de la rappeler brièvement : le Créateur de l’Univers, qui a fait surgir l’Être du néant, qui modela le monde qui nous entoure, dans lequel nous évoluons tous les jours. Le Créateur qui fit notre corps, notre âme et notre esprit, bref Dieu, s’incarna par amour dans ce monde limité et rendu imparfait par l’inconséquence de l’homme. Non seulement, Il s’incarna par amour mais aussi Il vint exprimer son amour envers nous en guérissant tous les malades que sa route croisait et nous apprit qu’il n’y a rien de supérieur à l’amour et donc au bonheur. En prend-on vraiment la pleine mesure ?

La vie est la seule réalité

Non content de venir nous expliquer les fondements du monde, de venir exprimer la force qui soutien tout l’Univers, le Dieu-homme se laissa tuer par la bêtise humaine. Il aurait pu faire disparaître ses bourreaux, Jérusalem et cette drôle d’espèce imparfaite qu’on appelle « Homme » d’un claquement de doigt. Non, débordant tellement d’amour, il préfère endurer mille souffrances humaines et mourir que tuer. Qui d’entre nous est-il prêt à revêtir la peau d’un chat et passer 24 heures sur une table de vivisection pour sauver l’espèce féline ?

Mais Dieu ne s’arrêta pas en si bon chemin puisqu’il détruit la mort qui devint un passage menant à la vraie vie, nous rétablissant dans notre statut d’immortel. En prend-on vraiment la pleine mesure ?

Pas rancunier pour un sou, Celui qui est tout amour, nous montre, physiquement en sortant du tombeau, que la mort n’est rien et que la vie est la seule réalité. Et pour couronner le tout, Il promet de rester avec chacun d’entre nous, accomplissant miracles et prodiges pour ceux qui savent les voir, nous guidant chacun sur la voie de notre bonheur, sur la voie qui mène à la purification de notre être, nous débarrassant de nos scories intérieures seules responsables de notre malheur.

En prend-on vraiment la pleine mesure ?

Se rend-on compte de l’attention totale et incroyable dont nous sommes bénéficiaires ? Se rend-on compte que nous sommes aimés par Celui qui est l’amour même et que rien ne pourra jamais faire diminuer cet amour ?

Comment encore, après cela, éprouver une peine quelconque que la joie ineffable de cette prise de conscience ne peut effacer ? Comment ne pas être d’un optimisme invincible lorsque même après avoir tué et torturé notre Créateur et Sauveur, Celui-ci revient et reste constamment parmi nous afin de nous dire combien Il nous aime et afin de tout faire pour nous relever ?

Vivre dans la Lumière du Royaume

Pâques nous rappelle que si nous le voulons, si nous sommes d’accord pour nous régénérer à la Source d’Amour, alors nous sommes immortels et rien ne peut durablement nous atteindre même la mort.

Intégrer cette réalité qui est la réalité ultime, c’est-à-dire non pas la considérer comme une idée religieuse, poétique ou comme un objet d’intellectualisation. Intégrer cette idée, s’y baigner complètement, la faire sienne jusqu’à ce qu’elle ne soit plus une idée mais une foi vécue à tous les niveaux de l’être, c’est vivre dès à présent dans la Lumière du Royaume, c’est vivre d’une joie qui n’est pas béatitude niaise mais transmutation des épreuves et malheurs en force de vie.

Vivre la Résurrection, c’est prendre conscience que dès à présent, pour peu que nous le voulions, le Christ nous débarrasse de tous nos poids, de toutes nos frustrations, de toutes nos culpabilités, de tous nos manques. Dès à présent, Il nous libère des angoisses dont celle de la mort et des tombeaux d’absurdes dans lesquels nous nous enfermons au quotidien par dépit ou par ignorance, afin que le cœur léger, nous puissions laisser briller notre joie en chantant : « Christ est ressuscité des morts, par sa mort Il a terrassé la mort ! À ceux qui sont dans les tombeaux, Il a donné la vie ! »

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Pâques
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