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La symbolique du vêtement dans la Bible

© FLORENCE BROCHOIRE
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Dans son dernier livre, "Tu as couvert ma honte" (Cerf), Anne Lécu aborde la question du vêtement dans l'Écriture, de la nudité d'Ève et Adam jusqu'aux robes blanches de l'Apocalypse.

Le dernier livre d’Anne Lécu, religieuse dominicaine qui exerce la médecine en prison, a le charme de l’inattendu. Il part de la mise en relation de deux versets de l’Écriture auxquels on ne prête pas l’attention qu’ils méritent. Le premier est au début de la Genèse (3, 21). Adam et Ève ont bravé l’interdit et se retrouvent nus. Et c’est Dieu lui-même qui leur accorde le premier geste de miséricorde : « Le Seigneur Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit. » Le second est dans l’Évangile de Jean (19, 23) à propos des vêtements de Jésus après la crucifixion : « La tunique était sans couture, tissée d’une seule pièce à partir du haut. » Mentionner à ce moment-là cette observation « technique » sur le tissage de la tunique ?

Eh bien, Anne Lécu met au service de sa méditation « poétique » sa science dominicaine de l’Écriture pour relier les deux versets par un fil continu dont les aiguillées sont vestimentaires et même textiles – entendez qu’elle interprète le sens symbolique de tout ce qui touche aux vêtements dans l’Écriture, à commencer par l’absence de vêtements, de la nudité d’Ève et Adam à celle du Christ en croix en passant par celle de Noé, de David dansant devant l’Arche, de Job, du jeune homme dans la Passion de Marc, de Pierre surpris par le Seigneur en train de pêcher) ; les tuniques de peaux de bêtes, la dernière étant celle de Jean le Précurseur ; les tuniques de grand prix (histoire de Joseph par exemple) ; les vêtements déchirés ; les tuniques de lin, jusqu’aux robes blanches de l’Apocalypse.

Une méditation spirituelle sur la relation de l’homme à Dieu

Dans l’Écriture tout a du sens. Il suffit d’entrer dans l’intelligence du texte. Prises à part ces « lectures » symboliques peuvent étonner. Mais leur enchaînement aboutit à une cohérence convaincante. De plus le thème vestimentaire n’est que le support stimulant d’une méditation spirituelle sur la relation de l’homme à Dieu, qui éclaire des questions de profonde humanité : la honte, la pudeur, le pardon, et surtout la notion de miséricorde. C’est l’aboutissement du livre et de son parcours.

« Le secret de Dieu, c’est sa miséricorde. » Miséricordieux, Dieu « recouvre la nudité de l’autre, jette dessus un voile, ou un vêtement, ne la juge pas et la tait. » Et c’est le sens de la tunique sans couture du Christ. « Offerte une fois pour toutes à l’heure de sa Passion, elle nous a définitivement recouverts de probité et de lin blanc. Le vêtement, c’est lui. » Saint Paul : « Vous avez revêtu le Christ… » Et l’Évangile du fils prodigue (Anne Lécu dit du Père prodigue…), attendu par son Père, aperçu de loin, serré dans ses bras, et revêtu d’une tunique de grand prix (« Vite, apportez la plus belle robe… ») est une joyeuse invitation au sacrement de réconciliation, qui vient à son heure en cette fin de Semaine sainte.


Tu as couvert ma honte d’Anne Lécu, Cerf, 146 pages, 14 euros.

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