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La vie sans gluten de Delphine Malachard des Reyssiers

© Jacques Beneich
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Sportive accomplie, animatrice à la télévision, comédienne et auteur, Delphine Malachard des Reyssiers est également l'une des premières à avoir témoigné sur la maladie cœliaque, aussi connue sous le nom d'intolérance au gluten... Rencontre !

Ceinture noire de karaté, Delphine Malachard de Turckheim, née Malachard des Reyssiers, fait de la gymnastique et des concours hippiques. A la télévision, elle a présenté Intervilles et Mon Incroyable Fiancé, mais on a également pu la croiser sur Equidia et NT1. Quant à ses talents de comédienne, elle les a mis en pratique au théâtre avec la pièce Boeing-Boeing de Marc Camoletti ou encore dans la série Fabio Montale aux côtés d’Alain Delon. Bref, c’est une vraie touche-à-tout qui doit pourtant composer au quotidien avec une maladie dont on parle beaucoup depuis quelques années…

Atteinte depuis son enfance d’intolérance au gluten, Delphine a écrit en 2012 « Une vie sans gluten » pour témoigner sur sa maladie, et a publié depuis plusieurs autres ouvrages sur le sujet. A l’heure où son nouveau livre sort (Zéro blabla : sans gluten, chez Marabout), elle se confie sur cette maladie cœliaque qui l’oblige à suivre à vie un régime strict, et remet les pendules à l’heure sur la tendance du « sans gluten ».

Vous venez de publier chez Marabout « Zéro blabla : sans gluten », votre 6ème livre ?

Delphine Malachard des Reyssiers : C’est le 5ème sur le gluten. En fait, je suis la pionnière ! J’étais la première à parler des problèmes de gluten, notamment à la télévision. Les gens ne connaissaient pas et ne comprenaient pas du tout ce que c’était !

Vous parlez en connaissance de cause. Puisque vous êtes intolérante au gluten depuis… ?

Delphine Malachard des Reyssiers : L’âge de deux ans. Mes parents se sont rendus compte que je mangeais beaucoup mais mon corps ne gardait rien. Les médecins de l’époque disaient que j’étais capricieuse. Mon état s’aggravait et ils ont mis dix-huit mois à trouver l’origine de mon mal. Je remercie encore le Dr Jacob qui a décelé mon intolérance au gluten ! S’il n’avait pas trouvé ce que j’avais, je serais probablement morte à 8 ans. Il y a 40 ans, on ne savait pas ce que c’était.

Ça se présente comment ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Ça se passe au niveau gastro. Le gluten détruit les villosités intestinales qui permettent, dès que tu manges un aliment, d’absorber les vitamines, nutriments et surtout de maintenir ton corps en bonne santé. Dès qu’un intolérant mange du gluten, il ronge ses parois intestinales situées le long de l’intestin grêle et il n’a plus de défenses immunitaires. Donc il s’affaiblit (déminéralisation) et cela peut-devenir dangereux par la suite.

Qu’est ce que le gluten, en fait ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Une protéine de blé qui rend la pâte élastique… comme pour les pizzas. En latin, gluten vient de glu – la colle. Il y en a dans le blé, le seigle, l’avoine, l’orge. Donc tout ce qui est à base de ces céréales m’est interdit.

Et ça se soigne comment ?

Delphine Malachard des Reyssiers : La seule façon d’en guérir, c’est de ne pas en manger !

L’intolérance au gluten touche quel pourcentage de la population ?

Delphine Malachard des Reyssiers : 1%, soit 70 000 personnes en France environ. Il y a énormément de gens intolérants qui ne le savent pas. C’est une maladie qui se déclenche à n’importe quel âge, on ne sait toujours pas pourquoi et il y a des degrés différents d’intolérance. Moi je suis très intolérante, alors que certaines personnes ont juste une sensibilité au gluten. Dès qu’ils en prennent moins, ils se sentent mieux.

On le trouve dans le pain, les pizzas essentiellement ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Les gâteaux, les pâtes… C’est aussi un épaississant de sauces. Il faut toujours regarder la liste des ingrédients. En fait le gluten se cache un peu partout, chocolat, jambon, bonbons. Il faut toujours vérifier la composition.

A l’époque, comment faisait votre maman pour vous nourrir ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Elle allait dans le quartier chinois et elle me nourrissait très sainement avec du riz, des légumes, des pommes de terre, de la viande, des poissons. Il faut éviter tout ce qui est pané, et même certains médicaments qui contiennent de l’amidon de blé.

Au restaurant, vous mangez parfois du gluten, qu’est-ce-qui se passe ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Je n’en mange pas ! Si je le fais, c’est une gastro fois 50 !!

Comment vivre avec cette intolérance au gluten ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Quand on l’apprend pour ses enfants, c’est assez terrible puisque il faut faire attention à tout. Ma fille l’est devenue à 6 ans. C’est très contraignant, du petit déjeuner au dîner. Après, il faut apprendre à vivre sans, s’habituer à un nouveau régime et des habitudes alimentaires. Il faut essayer des nouvelles recettes, goûter, mélanger les produits jusqu’à trouver ce qui nous plait. C’est ce que je fais dans mes livres de recettes. Mes enfants ( NDLR : 9 et 12 ans ) sont mes premiers fans.

Vous êtes marraine depuis 2008 de l’AFDIAG (Association française des intolérants au gluten) ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Oui, c’est la seule association française pour les intolérants au gluten et elle se bat pour faire reconnaitre nos droits (notamment le remboursement de certains produits comme le pain, les pâtes et farines auprès de la sécurité sociale). Elle a des antennes dans toute la France. Elle informe, conseille, propose des stages de cuisine et des stages pour adolescents. Elle compte plus de 8000 membres de tous les âges et regroupe des éminents spécialistes de la question. Il ne faut pas hésiter à les voir, à leur poser des réponses. L’abonnement coûte 45 euros par an.

Vous vivez bien ? Vous êtes resplendissante ?

Delphine Malachard des Reyssiers : On peut vivre très bien. Même si c’est contraignant, au niveau du partage notamment. C’est un apprentissage. On peut avoir l’impression qu’on est condamnée à ne plus pouvoir manger que des légumes bouillis et des fruits pourris. Car oui, la maladie coeliaque restreint forcément la liste des aliments que l’on peut absorber… Mais, car il y a un mais, ce n’est pas la fin des haricots ! Car même intolérante, on peut encore faire de la pâtisserie, manger de bons gueuletons, en un mot, se faire plaisir.

Donc vous pouvez manger cassoulet, pot au feu, choucroute… ? Quels sont les aliments à bannir et ceux qui peuvent être conservés ?

Delphine Malachard des Reyssiers : A bannir, tous ceux contenant du blé (seigle, orge, avoine) ou amidon de blé. La liste serait trop longue donc toujours bien regarder la composition. Demandez à l’AFDIAG de vous envoyer la liste. Pour la pizza, justement, c’est moi qui fais la pâte en mélangeant souvent plusieurs farines comme la farine de riz, de sarrazin et fécule de pomme de terre.

Et le vin ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Ouf pas de problème ( rires)… Heureusement car ma famille possède un domaine dans le Beaujolais, le château des Reyssiers et produit du Régnié, le 10ème cru de beaujolais.

A votre mariage, pour ne pas être malade, qu’avez-vous fait ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Tout était sans gluten, y compris les hosties à l’église que j’ai fait confectionner spécialement, elles n’avaient plus qu’à être consacrées. Pour une fois, je communiais comme tout le monde, c’était un moment très fort.

Le gluten free est devenu à la mode depuis 2/3 ans ! Même trop, jusqu’à en devenir casse-pieds ?

Delphine Malachard des Reyssiers : C’est à cause des USA et de quelques stars la bas, Jennifer Aniston, Oprah Winfrey… Forcément on mange plus sain, donc automatiquement, on perd du poids et on se sent plus en forme. Le meilleur exemple, c’est le tennisman Novak Djokovic, qui porte aux nues le sans gluten. Il l’a diminué de son alimentation et il est devenu numéro 1 mondial.

Là bas, on en parle tout le temps, mais au départ l’intolérance au gluten, c’est une MALADIE et c’est bien que des articles comme le vôtre remettent les pendules à l’heure. C’est bien qu’on en parle, mais il ne faut pas tout mélanger. Comme je suis la pionnière dans l’histoire, je suis plus que légitime. Disons que je suis à la mode depuis 40 ans ! Au moins, j’ai fait bouger les choses !

On trouve aujourd’hui des produits sans gluten, même chez Monoprix et Carrefour ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Depuis deux ans seulement, on en trouve vraiment partout : farines, pâtes, gâteaux, même des plats tout faits (je ne suis pas fan, il vaut mieux cuisiner même si ça reste pratique). Mais c’est très cher et les prix sont souvent multipliés par 5.

Vous avez aussi sorti, il y a 8 mois chez First, « Paris sans gluten » ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Je répertorie les bonnes adresses des restaurants où l’on peut manger des plats sans gluten à Paris. Le côté contraignant, c’est qu’il faut demander au serveur –pas souvent au courant– ce qu’il y a dans la sauce, si l’huile de friture est utilisée plusieurs fois… On se transforme en véritable inspecteur de police, en Hercule Poirot !

Et qu’apporte de plus votre dernier livre « Sans Gluten, Zéro Blabla » ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Ils sont tous différents et complémentaires. Celui-là, c’est en même temps des recettes très chouettes avec des dessins explicatifs et des conseils, des petits trucs et astuces.

Quels sont vos projets pour la suite ?

Delphine Malachard des Reyssiers : Je prépare deux émissions pour la télévision, l’une sur les randonnées, la seconde sur la cuisine sans gluten pour le quatrième trimestre 2017 ou 2018 ! Et à la radio aussi. Le combat continue…

© Marabout

> Sans Gluten Zéro Blabla, Delphine Malachard des Reyssiers. Illustrations : Dominique Archambault, 5,90 €

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