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Pape François : « Un jeune, ça doit prendre des risques »

© ALESSIA GIULIANI/CPP
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À la veillée de prière des jeunes de son diocèse, l’évêque de Rome a invité la jeunesse du monde à se battre contre les risques "d’exclusion" et "d’inertie" auxquels le monde moderne les expose.

L’Église veut écouter les jeunes, tous sans exception. « Aucun jeune ne doit se sentir exclu, chacun a quelque chose à dire aux autres… aux adultes, aux prêtres… au pape ! », a déclaré l’évêque de Rome en la basilique Sainte-Marie-Majeure, rassemblant samedi les jeunes de Rome et du Latium, à l’occasion de la 32e Journée mondiale de la jeunesse (JMJ) célébrée ce dimanche des Rameaux au niveau diocésain. Les deux événements majeurs à l’esprit du pape François, durant la rencontre : le prochain synode des évêques sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel », et les 34e JMJ à Panama en 2019. « Je ne sais pas si c’est moi qui y serai, mais le Pape y sera ! », a-t-il souligné en évoquant ces dernières. En attendant les jeunes se sont vus confier une mission : « parler » avec leurs aînés, leur « poser des questions » et « réaliser » leurs rêves en tirant les justes enseignements pour avancer, le regard pointé vers l’avenir.

Parmi les jeunes présents à la veillée de prière, un groupe de jeunes de Panama et un groupe de jeunes religieux et laïcs de Cracovie, pour se passer la grande croix des JMJ, le dimanche des Rameaux, et  l’envoyer en pèlerinage jusqu’au Panama, où elle sillonnera tous les diocèses du pays avant de rejoindre la capitale, avec une copie de l’icône mariale « Salus Populi Romani ». Plusieurs témoignages émouvants ont ponctué la veillée.

Pont entre les jeunes et les anciens

« À mon âge, on est là pour partir (…) mais vous, vous avez l’avenir devant vous », a lancé le successeur de Pierre. « Je ne sais pas quel pape sera au Panama », lors des prochaines JMJ, a confié le pape François, mais « il vous demandera, avez-vous parlé et écouté vos aînés, vos grands-parents ? (…) C’est la mission que je vous donne aujourd’hui au nom de l’Église (…) Mais ils sont ennuyeux, direz-vous, il disent toujours la même chose (…) Non, écoutez-les. Laissez-les rêver et tirez parti de ces rêves pour avancer concrètement », a-t-il exhorté avec insistance, car « aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de ce pont de dialogue entre vieux et jeunes ».

La vie n’est pas sans risque, et « un jeune, ça doit prendre des risques », s’il ne le fait pas c’est qu’il est « déjà vieux », a averti le Pape : « Vous les jeunes, vous devez prendre des risques dans la vie… vous devez préparer l’avenir, l’avenir est dans vos mains ». Lors des JMJ de Cracovie (2016), a rappelé le Saint-Père, « j’ai dit deux choses : “qu’il est laid de voir un jeune partir à la retraite à 20 ans et de voir un jeune vivre assis sur son canapé”. Non ! Des jeunes qui construisent l’avenir sont “des jeunes en marche, des jeunes qui vont de l’avant, l’un à côté de l’autre, en regardant l’avenir” ».

Vers le synode sur les jeunes

Et c’est là tout le sens du prochain synode des évêques sur les jeunes, en octobre 2018, qui se trouve à mi-chemin entre les JMJ de Cracovie et celles de Panama, du 22 au 29 janvier 2019. Un synode dont « aucun jeune ne doit se sentir exclu », a insisté le Pape en improvisant une bonne partie de son discours. Un synode qui ne doit pas être à la seule intention des jeunes catholiques « pour le rendre plus fort… « . Non, a martelé le Pape, « tous les jeunes sont protagonistes ! » Mais aussi ceux qui se sentent agnostiques ? « Oui ! » Aussi ceux qui ont une foi tiède ? « Oui ! » Et ceux qui se sont éloignés de l’Église ? « Oui ! Eux aussi », et les athées ? « Oui, je vous dis tous ! » Toute l’Église « veut entendre les jeunes, ce qu’ils pensent, ce qu’ils ressentent, ce qu’ils veulent, ce qu’ils critiquent ». Alors « chers jeunes, soyez courageux », a encouragé le Pape d’un ton vigoureux, « l’important n’est pas de ne pas tomber mais de se relever ».

Pour le Pape, « c’est triste à dire, mais trop de jeunes aujourd’hui souffrent de graves difficultés dans leur vie », n’arrivent pas à « se mettre en marche » parce que « le plus souvent rejetés » par la société. Des jeunes « sans emplois, sans un idéal à poursuivre », a déploré le Pape. Et de dénoncer : « L’éducation fait défaut, tant de jeunes doivent fuir, émigrer… les jeunes sont souvent des déchets », et cela, pour l’Église, « c’est intolérable ! ». Ce synode, a ajouté le souverain pontife, doit avoir lieu pour dire « nous les jeunes, nous sommes ici, et nous allons à Panama, pour dire « nous les jeunes nous sommes en marche, nous ne voulons pas être des déchets » Nous avons une valeur à donner ».

Dans le sillage de la lettre jointe au document préparatoire du synode, publié en janvier dernier, le Saint-Père rappelle aux jeunes qu’ils doivent être les premiers « constructeurs » de leur avenir. Il les encourage, à prendre modèle sur Marie qui s’est empressée de rendre visite à sa cousine Elisabeth qui avait besoin d’aide et qui n’a pas eu peur d’affronter des journées de marche. « Le monde d’aujourd’hui a besoin de jeunes pressés, qui partent au quart de tour, sans jamais se lasser (…). Nous avons besoin de jeunes en marche, car le monde ne peut changer que si les jeunes avancent ».

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