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Comment les papes sont-ils enterrés ?

Jean Paul II
Funérailles de Jean Paul II / Wikipedia
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Il y a tout juste douze ans, le monde entier avait le regard rivé sur la place Saint-Pierre pour les obsèques du pape Jean Paul II. Aleteia vous en dit plus sur le rite bien particulier des funérailles pontificales.

Cet enterrement au retentissement universel fut fixé au vendredi 8 avril 2005 par les cardinaux réunis en congrégation, tout juste six jours après la mort du saint Pape polonais. Présidée comme le veut la tradition par le doyen du Sacré collège (ou collège cardinalice, l’assemblée de tous les princes de l’Église), le cardinal Ratzinger, la cérémonie avait réuni plus d’un million de fidèles sur la place Saint-Pierre et ses abords. « Mais ce n’est pas pour cette seule raison que Joseph Ratzinger est devenu le pape suivant », assure Bernard Lecomte, journaliste et spécialiste du Vatican, auteur du Dictionnaire amoureux des Papes (Éditions Plon). Pas de lien de causalité, mais un concours de circonstances… providentiel.

Les novemdiales

Le service funèbre pour les obsèques d’un pape peut durer 9 jours, dans le jargon curial on les appelle novemdiales (période de deuil de neuf jours chez les Romains). Quoi qu’il en soit, l’inhumation elle, doit avoir lieu entre le quatrième et le sixième jour qui suit la mort du pontife. Cette période assez longue permet au plus grand nombre de fidèles possible de venir saluer une dernière fois la dépouille du Vicaire du Christ et par la même occasion, laisse le temps nécessaire aux cardinaux pour se rendre à Rome depuis les quatre coins de la planète.

Un rituel en trois étapes

Dans un premier temps le corps du défunt pape est exposé dans le palais apostolique pour un premier hommage public, qui débute par un office de prière présidé par le Camerlingue (responsable des biens temporels du Saint-Siège, actuellement le cardinal français Jean-Louis Tauran), et la veillée du corps est assurée par les prêtres pénitenciers de la basilique Saint-Pierre.

La dépouille est ensuite installée dans la basilique vaticane devant la statue de La Confession de Pierre, face au peuple, comme du temps où il présidait les célébrations. Avant la messe d’enterrement, le corps du pape est déposé dans un cercueil de cyprès. Selon la tradition, « le Camerlingue doit alors recouvrir le visage du pape d’un voile de soie blanche, déposer dans le cercueil une bourse contenant les monnaies émises sous ce pontificat achevé, et sceller dans un étui le récit de ce qui vient d’être accompli ». Pour l’anecdote, qui atteste des dernières volontés étonnantes de certains papes, on peut lire par exemple dans l’ouvrage, Histoire des Chapelles Papales, de Gaetano Moroni que Léon XII en 1829 « voulut que ses entrailles fussent portées à Saint-Vincent-Saint-Anastase de Rome ». Pie X (1903-1914) quant à lui, eut le visage recouvert d’un masque d’or…

Les ornements pontificaux

Dans un troisième temps, pour la mise en bière, le cérémoniaire pontifical (actuellement Mgr Guido Marini) s’assure que le corps du pape soit revêtu des ornements pontificaux : la férule (bâton pastoral), la mitre (puisque les papes ne portent plus la tiare, l’usage ayant été abandonné par Paul VI, qui en avait reçu une très précieuse et en fit don aux pauvres en plein Concile Vatican II, comme le rappelle Bernard Lecomte) ainsi que le pallium. Quant à l‘anneau du pêcheur (bague que le pape porte à l’annulaire de la main droite appelé aussi « piscatorial), il sera brisé ou rayé par le Cardinal Camerlingue immédiatement après la mort du pape ou après sa renonciation.

L’embaumeur fou

Désormais la préparation d’une dépouille de pape est confiée à une équipe de spécialistes de la médecine légale, alors que la tradition voulait jusqu’à Jean Paul II que la préparation des corps des papes défunts fut confiée à des familles romaines spécialistes des techniques d’embaumement. Bernard Lecomte évoque ce moment sordide de l’enterrement de Pie XII quand « l’embaumeur fou » (médecin personnel de Pie XII) crut avoir trouvé une méthode révolutionnaire d’embaumement. Lors de l’exposition du corps, l’embaumeur (Riccardo Galeazzi-Lisi) et ses acolytes venaient en pleine nuit faire des piqûres dans le corps du pape défunt sans résultats probants. La décomposition fut inévitable et la poitrine du pape explosa en raison de l’accumulation des gaz. Son nez et ses doigts tombèrent et la peau passa du jaunâtre au noir sinistre. Un garde suisse qui encadrait la dépouille finit même par s’évanouir !

Le triple adieu

Vêtu de la couleur liturgique rouge, le doyen du collège cardinalice (à ce jour le cardinal Angelo Sodano) entouré des cardinaux et patriarches célèbre la messe des funérailles. À la fin de la cérémonie, un triple adieu est prononcé : celui de l’Église de Rome, représentée par le Cardinal Vicaire (vicaire général de sa Sainteté pour le diocèse de Rome, actuellement le cardinal Agostino Vallini), celui des Églises orientales, représentées par le plus ancien des patriarches présents, et enfin celui de toute l’Église catholique, représentée par le doyen du Sacré Collège. La cérémonie se termine par le chant In paradisum* puis les sediarii (corps de laïcs créé au XIVe siècle chargé autrefois de porter le trône papal mobile et qui prête service près l’antichambre pontificale) reprennent le cercueil pour le transporter dans la crypte de Saint-Pierre en passant par la porte Sainte-Marthe. Après l’oraison prononcée par le cardinal Camerlingue, le cercueil de cyprès est placé à l’intérieur d’un cercueil de zinc, puis les deux sont scellés et introduits dans un cercueil de bois où sont placés la croix et le blason du pape. L’inhumation se déroule ensuite sous le chant du Salve Regina.

De la crypte à la basilique

La tradition veut que les sépultures des papes déclarés bienheureux soient remontées à l’étage supérieur, c’est-à-dire dans la basilique vaticane. Depuis Léon XIII, qui fut enterré à Saint-Jean-de-Latran, les huit papes suivants furent placés dans la nécropole de Saint-Pierre qui accueille actuellement les tombeaux de plus d’une vingtaine de papes. Mais ils ne sont pas les seuls dans cette crypte, les trois derniers Stuart, prétendants catholiques au trône de Grande-Bretagne ainsi que quelques reines. Les saints papes Jean XXIII et Jean-Paul II sont donc les deux derniers tombeaux pontificaux à avoir été déplacés. Et l’on sait désormais depuis plus d’un an que la tombe du prochain pape qui mourra est déjà prête. L’ancien directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, le père Federico Lombardi avait précisé qu’il était « sage de prévoir d’autres possibilités » surtout quand deux papes sont encore vivants !

* Paroles du chant In paradisum :

In paradisum deducant te Angeli,

in tuo adventu suscipiant te martyres,

et perducant te in civitatem sanctam Jerusalem.

Chorus angelorum te suscipiat,

et cum Lazaro quondam paupere

æternam habeas requiem.

 

Traduction française :

Que les Anges te conduisent au paradis,

que les martyrs t’accueillent à ton arrivée,

et t’introduisent dans la Jérusalem du ciel.

Que les Anges, en chœur, te reçoivent,

et qu’avec celui qui fut jadis le pauvre Lazare

tu jouisses du repos éternel.

https://www.youtube.com/watch?v=E2WMhaogDsI

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