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Présidentielle : à quinze jours du premier tour, l’urgence est au discernement !

L'Elysée © LIONEL BONAVENTURE / AFP

Philippe Oswald - Publié le 07/04/17

Signe de l’indécision d’une majorité d’électeurs, les courbes des sondages se resserrent pour les quatre candidats en tête de la compétition. Experts et philosophes invitent à prendre du recul.

À deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle, « près d’un électeur sur deux n’a toujours pas fait son choix » relève Le Parisien. Qui souligne ce « paradoxe » : alors que « la défiance, parfois même le dégoût, à l’égard de la classe politique n’a jamais été aussi forte, la campagne continue de passionner les Français qui aiment la politique, à défaut d’aimer « les politiques ». La preuve, « ces meetings souvent pleins à craquer ».

Le suspense reste intense

Marine Le Pen (25%) est toujours légèrement devant Emmanuel Macron (24%). François Fillon est remonté à 20% des intentions de vote, suivi par Jean-Luc Mélenchon à 16% selon le sondage « PrésiTrack » Opinionway/Orpi pour Radio Classique et Les Échos (7 avril). Mais la dynamique des intentions de vote pour le candidat Fillon laisse le suspense intact. « À l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle, chaque voix comptera », a posté sur sa page Facebook ce 7 avril Nicolas Sarkozy, venu apporter son soutien à son ancien premier ministre en mettant en garde les Français contre « deux aventures sans issue… ». Quant à Benoît Hamon, il a plongé à 10% d’intentions de vote, et « les éléphants [du PS] préparent déjà l’après-présidentielle», résignés à sa défaite, constate Le Monde.

Reste donc en lice une nouvelle « bande des quatre », observe Guillaume Tabard dans Le Figaro : Le Pen, Macron, Fillon et Mélenchon qui « totalisent 85 % des intentions de vote. Une concentration des voix inédite, qui préfigure une recomposition politique. » Mais on a du mal à discerner quelles alliances pourraient se nouer entre le bloc « patriote » ou d’ « extrême droite » (Le Pen), le bloc de droite (Fillon), le bloc social-démocrate (Macron), et le bloc de la gauche radicale (Mélenchon). « Une nouvelle “bande des quatre” ne pourrait être qu’une étape sur le chemin d’une recomposition plus vaste. Ou l’annonce de la fin de la Ve République. » Bref, quel que soit le vainqueur, les lendemains de l’élection risquent d’être mouvementés ! “ ”

Voter est un devoir de justice du citoyen

Cette perspective peu rassurante ne doit pas être un alibi pour s’abstenir de voter, avertit la philosophe Aline Lizotte qui propose un vade-mecum électoral éclairé par l’enseignement de saint Thomas d’Aquin : Pourquoi voter ? Comment voter ? Pour qui voter ?

Voter est un devoir, souligne Aline Lizotte : « Se soustraire à ce devoir, par paresse, par inertie, pas dégoût, par révolte, c’est manquer à la vertu de justice qui, dans une République, est la vertu formelle du citoyen. » Voter, c’est exercer un jugement sur la capacité du candidat à gouverner en vue du bien commun. Mais « le choix électoral place l’électeur, la plupart du temps, devant le moindre mal et non devant le meilleur bien ». C’est ce choix qu’il doit exercer, quels que soient ses états d’âme au terme d’une campagne présidentielle qui bat des records en termes d’agressivité, « d’inconsistance et de fragilité », au point que le risque majeur est celui de l’abstention ou du vote blanc, estime la philosophe.

« On ne peut pas se construire sans le catholicisme »

Loin des « grands messes » des plateaux de télévision, il est bon d’en savoir plus sur l’histoire, la personnalité et les convictions profondes de ceux qui sont engagés dans la course à l’Élysée. C’est ce que propose Samuel Pruvot, rédacteur en chef de la rubrique politique de Famille Chrétienne, dans un livre à paraître le 12 avril, Les candidats à confesse dont Aleteia publie quelques bonnes feuilles. Leur enfance, leurs racines familiales, leurs premiers engagements, leurs échecs, leur rapport à la religion, leur regard sur la mort ou la vie éternelle, ils répondent pour la première fois à ces questions qu’esquivent en général les grands médias. Retenons ce constat de Benoît Hamon qui peut s’appliquer à tous : « On ne peut pas se construire sans le catholicisme. Il est là : on est pour ou contre ! »

Les Français ont le désir de se réapproprier leur héritage

La religion catholique reste au cœur de cet héritage spirituel et culturel que les Français ont soif de se réapproprier, estime la philosophe Bérénice Levet dans un entretien vidéo (7 minutes) à Boulevard Voltaire. Résumant les principaux thèmes de son dernier livre Le Crépuscule des idoles progressistes, elle diagnostique que ces idoles sont « à bout de souffle » en dépit de l’écho médiatique et politique qui masque leur épuisement, et dont Emmanuel Macron est à ses yeux le représentant emblématique. Confrontés au libéralisme libertaire et au communautarisme islamique, les Français aspirent à retrouver leurs marques dans un instinct de survie. « Nous devrions énoncer un droit des peuples à la continuité historique. Nous sommes les héritiers d’un génie français, d’une langue française, d’une histoire » conclut-elle, en souhaitant que « l’école soit refondée sur cette base-là ».

Le contresens du multiculturalisme

Autre philosophe, François-Xavier Bellamy s’en prend lui aussi à Emmanuel Macron. Sur son blog, Pensées pour le jour qui vient, il dénonce « l’éloge exalté du multiculturalisme » du candidat d’En marche ! qui en est venu à nier l’existence de la culture française, avec l’appui inopiné d’un de ses anciens détracteurs, François Bayrou. Pourtant, s’insurge François-Xavier Bellamy, « le monde entier sait qu’il y a une culture française ! (…) Il n’y a que M. Macron pour dire sans plaisanter : “L’art français, je ne l’ai jamais vu” ». Pour le philosophe, Emmanuel Macron « ne voit plus d’avenir pour la France que dans son euthanasie », les Français devenant « une juxtaposition de communautés définies par leurs origines extérieures (…). En marche ! est l’aboutissement de la fascination postmoderne pour l’universelle mobilité d’un monde sans frontières. Contresens tragique », juge-t-il : « Pour s’ouvrir vers l’extérieur encore faut-il avoir une intériorité ; pour accueillir encore faut-il demeurer et pour partager avec l’autre, avoir quelque chose à offrir. »

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