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12 hérésies surprenantes venues du lointain passé

Hérésies © Leemage
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La chrétienté a connu dans son histoire de nombreuses dérives. En voici quelques unes, choisies parmi les plus originales.

L’Église célèbre ce mercredi 5 avril la fête de Saint Vincent Ferrier, frère dominicain né au XIVe siècle. Cet infatigable voyageur parcourut l’Europe entière, de l’Italie à l’Ecosse, de l’Espagne à la Suisse, sans oublier la Bretagne où il est toujours l’objet d’une grande vénération. A l’instar de Saint Dominique, le fondateur de l’Ordre Prêcheur, il n’eut de cesse de propager la foi catholique et de combattre les hérésies toujours prêtes à surgir. Et si Saint Vincent Ferrier eut du fil à retordre avec les dérives de son temps, sans doute évita t-il en revanche les hérésies les plus baroques que rencontrèrent ses lointains prédécesseurs et dont l’abbé Pluquet fit la recension exhaustive en 1762 dans son célèbre Dictionnaire des hérésies, des erreurs et des schismes.

Voici quelques exemples véridiques d’hérésies insolites, et parfois très étranges.

1. Les Sabbataires, secte du IVe siècle formée par Sabbathius, refusaient de se servir de leur main droite, simple lubie ou véritable choix religieux, nul ne l’a jamais su. Une chose est sûre, que ce soit pour se vêtir, cuisiner ou monter à cheval, ils ont pu mesurer quotidiennement l’ampleur de leur sacrifice.

2. Les Runcaires avaient trouvé la plus habile des parades pour donner libre cours à tous leurs pulsions : ils avaient décrété que l’on ne commettait pas de péché mortel par la partie inférieure du corps. Le temps des Runcaires semble bel et bien révolu : dans la plupart des sports de combats actuels – dont la boxe anglaise – un coup « en dessous de la ceinture » en compétition vaut disqualification !

3. Les Saccophores avaient misé sur un style vestimentaire bien particulier pour porter la bonne parole. Ils déambulaient fièrement vêtus de sacs, pour témoigner de leur renoncement aux biens de ce monde. Mais comme le dit l’adage, « l’habit ne fait pas le moine », et il s’est avéré que la toile de jute dissimulait une rigueur morale bien décousue et une conduite fort déréglée.

4. Pour les Anthiasistes, le travail était un crime passible de punition. Alors pour échapper à toute condamnation, ceux-ci s’obligeaient à dormir continuellement, sans répit.

5. Les Trembleurs formèrent autour des années 1750, une secte de quakers aux États-Unis. Très charismatiques, ils avaient élaboré une danse originale pour parvenir à être « pleins de l’Esprit Saint ». Cette danse semblait tout à fait banale à ses prémices. Mais « l’Esprit Saint » et la pieuse ardeur de ces hérétiques agissant, les danseurs étaient gagnés par une frénésie de plus en plus vigoureuse, et ce n’était plus les jambes qu’ils lançaient de-ci de-là, mais bien leurs robes, chemises et pantalons qui volaient en tous sens. « Nous n’avons pas besoin d’en préciser les conséquences » écrit pudiquement l’abbé Pluquet.

6. Les Rupitans (du latin rupes qui signifie caillou) étaient réputés traverser les rochers pour répandre leur doctrine.

7. Les Sémidulites accordaient au sacrifice une importance hors du commun. Ces hérétiques, apparus au VIe siècle, fortifiés par une foi débordante, prenaient du bout des doigts de la fleur de farine et la portait à leur bouche en guise de mortification. Puis ils recommençaient avec la même mesure qu’ils venaient de consommer et ainsi de suite. Curieux témoignage d’abandon et de don total à Dieu !

8. Les Mingréliens étaient réputés pour leur caractère frustre. Plusieurs de leurs « évêques » ne savaient pas lire, et préféraient apprendre la messe par cœur. Si les simplets carriéristes y trouvèrent certainement leur compte, l’histoire rapporte qu’ils ne firent pas beaucoup de conversions tant leurs mœurs étaient grossières, grande leur ignorance et honteux leurs vices…

9. Les Omphalophysiques étaient un groupe de moines, persuadés de voir la lumière du Thabor filtrer de leur nombril. Le Thabor est une montagne d’Israël où eut lieu la Transfiguration du Seigneur, selon les Saintes Écritures.

10. Les Pateliers, luthériens dévoyés du XVIe siècle, trouvèrent une image « champêtre » pour se gausser de la présence réelle de Jésus-Christ dans l’Eucharistie. Ils le comparèrent à « un lièvre dans un pâté ». Ils manquaient de finesse mais pas d’imagination.

11. Les Tascadrugistes tirèrent profit de cet organe extraordinaire, aux articulations multiples, qu’est le doigt. Posé sur le nez, il traduisait une grande tristesse durant la prière, enfoncé dans la bouche, il recommandait le silence.

12. Enfin pour les Déchaussés, le Salut dépendait de la nudité du pied. Les va-nu-pieds étaient les premiers servis.

 

Pour découvrir d’autres hérésies toutes aussi inattendues, cliquez ici.

Le dictionnaires des hérésies est disponible en accès libre sur le fonds Gallica, ici.

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