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Sainte Françoise Romaine : mariée à contrecœur, elle finit par devenir sainte

Giovanni Battista Gaulli (1639–1709)
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"Pleures-tu parce que tu veux faire la volonté du Seigneur ou parce que tu veux que Dieu fasse ta volonté ?"

Françoise Romaine, devenue célèbre pour une sentence fameuse —  « Quand une femme mariée est sollicitée, elle doit laisser sa dévotion à Dieu au pied de l’autel pour le retrouver dans ses occupations domestiques » — ne voulait pas se marier et désirait plus que tout au monde devenir religieuse, ce dont elle fit part à son père. Malheureusement, celui-ci n’avait que faire de son désir profond et voulait la marier. À une époque où les pères avaient la mainmise sur leur maisonnée, le destin de Françoise était déjà tracé.

Elle se rendit donc chez son directeur spirituel et lui expliqua entre deux sanglots qu’elle ne pourrait jamais vivre sa vraie vocation d’épouse du Christ. Celui-ci écouta patiemment les lamentations de la jeune fille de 13 ans. Quand elle eut terminé, il lui demanda calmement : « Pleures-tu parce que tu veux faire la volonté du Seigneur ou parce que tu veux que Dieu fasse ta volonté ? »

Mariée de force 

Françoise fut très surprise. Elle venait de se faire remettre en place. Bien qu’elle désira ardemment devenir religieuse, la volonté de Dieu s’exprimait clairement à travers la volonté de son père. Elle ne pouvait en aucun cas le faire changer d’avis, si bien qu’elle n’eut d’autre choix que d’accepter l’appel de Dieu tel qu’il lui fut présenté, dans la paix ou dans les larmes. Françoise décida d’accepter sa croix et se retrouva vite mariée à un noble, bon et riche.

On attendit de Françoise qu’elle mena pleinement une vie mondaine. Une exigence de trop pour la jeune fille si pieuse et réservée : elle en perdit la santé et se retrouva à l’article de la mort pendant plusieurs mois. Finalement, saint Alexis (qui s’était enfui de chez lui quand sa famille avait essayé de le contraindre à se marier) lui apparut et lui annonça que Dieu lui offrait le choix de guérir ou non. Dans son agonie, Françoise pria et finit par répondre : « La volonté de Dieu est mienne. » Elle recouvra immédiatement la santé et retourna à la vie qu’elle détestait.

Une vie dévouée aux plus pauvres 

À nouveau elle essaya d’accepter sa croix, qui s’avéra être encore trop lourde pour elle. Elle n’était, semble-t-il, pas destinée à la porter seule. Sa belle-sœur, Vannozza, aspirait elle aussi à une vie de sainteté. Un jour, Vannozza retrouva Françoise en pleurs et lui demanda ce qui l’affectait. Ce jour-là, elles décidèrent ensemble de ne vivre que pour Dieu. N’oubliant pas de servir leurs familles en premier lieu, elles se mirent à aller à la messe encore plus souvent, à servir les malades et les prisonniers, et même à prier dans une chapelle secrète qu’elles aménagèrent dans une tour abandonnée de leur propriété. Grâce à la force que lui donnèrent ces actes de charité et de piété, Françoise put enfin s’acquitter de son rôle de femme du monde — et avec le sourire désormais.

Pendant des années, Françoise et Vannozza durent batailler contre leur belle-famille, qu’elles voulaient bien sûr honorer et respecter, sans pour autant renoncer au service des pauvres comme l’exigèrent leurs proches. Lorsque son beau-père vendit tout le vin et le blé en excès de la famille pour éviter que Françoise ne les redistribue, le grenier à céréales fut rempli miraculeusement pendant des mois, quelle que soit la quantité qu’elle continua de donner aux pauvres, et le seul fût de vin qui resta ne fut jamais à sec. Alors leurs maris et leur beau-père furent pleinement acquis à leur cause et les deux jeunes femmes purent accomplir leurs services à leur guise, demandant parfois l’aumône pour les pauvres ou aménageant un hôpital dans le château.

Une figure inspirante

Françoise eut six enfants, dont trois moururent en bas âge et deux autres de la peste dans l’enfance. Elle entra dans le Tiers-Ordre franciscain, fonda un ordre d’oblates, et vit pendant des années son ange gardien à ses côtés, en permanence. Et pourtant, c’est pour son dévouement simple de mère et d’épouse qu’elle est connue.

Elle mérite d’être invoquée par tous ceux qui pensent que leurs vies ont pris la mauvaise direction de manière irrémédiable. L’astuce du diable est de convaincre que les circonstances de nos vies rendent la sainteté inaccessible. L’on se dit parfois : « J’aurais peut-être pu aspirer à la sainteté si je n’avais pas épousé cette personne, ou bien eu autant d’enfants, ou subi cet accident de voiture. Ou bien encore si je n’avais pas avorté, ou abandonné mes études, ou bien si je n’étais pas devenu(e) si aigri(e)… ». Mais quels qu’en soient les motifs d’origine, c’est par ces circonstances — ces croix — que Dieu vient nous sanctifier. Françoise Romaine fut inconsolable quand son mariage fut arrangé, mais c’est bel et bien par ce mariage qu’elle est devenue sainte.

Demandons à cette sainte, fêtée le 9 mars, d’intercéder pour ceux qui ont le sentiment d’être pris au piège dans leur vie et particulièrement pour ceux qui se sentent seuls. Sainte Françoise Romaine, priez pour nous !

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