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Faire sa B.A. c’est bon pour la santé !

Natalie Collins / Unsplash
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Laisser son siège dans le métro, garder une place dans une file d'attente... La B.A., ou bonne action, renforce notre humanité et nous maintient en bonne santé. Petit manuel de la B.A. quotidienne avec une psychanalyste.

« C’est tout bête mais pendant quelques minutes, je suis heureuse ! » La psychanalyste, Luce Janin Devillars résume en quelques mots les effets d’une B.A. Faire une bonne action nécessite d’être ouvert aux autres et donc vigilant au monde qui nous entoure. C’est une forme de bienveillance qui aide à retrouver un état d’esprit tranquille et… une bonne santé. Comment les réaliser au jour le jour et pourquoi ? Auteur, avec le coach Bruno Erba, de Je me reprogramme avec les pensées qui boostent mon bien-être, aux éditions Solar, la psychanalyste décrypte la B.A.

Comment peut-on définir une B.A. ?

Luce Janin Devillars : Une bonne action est un service : un prêt, un don, un échange ou un cadeau, par exemple. Elle se définit en terme pratique, de matériel : donner un vêtement, du temps à une association, garder un enfant, remplacer un collègue… Mais pas seulement ! La B.A. peut aussi être une attitude, une parole, à l’image d’un regard qui soutient, d’un mot qui apaise, d’un message de paix dans une situation difficile.

Comment réaliser des B.A. au quotidien ?

Luce Janin Devillars : Petite ou grande action, une B.A. peut s’apparenter à un service pratico-pratique ou à une parole. Au-delà de l’acte, la B.A. est une manière d’être au monde au quotidien, une ouverture à l’autre, une présence bienveillante. Active ou non, verbale ou non verbale, elle offre à l’entourage un sentiment de paix et de bien-être. La B.A. c’est aussi le sentiment d’être soutenu, la possibilité de se sentir épaulé, de sortir de la solitude et de l’isolement.

La B.A. est d’abord un état d’esprit, une relation permanente aux autres avec le souci d’être le plus humain possible. Or être humain, c’est développer de l’écoute, accepter la contingence, ne pas se laisser déborder par ses pulsions, son agressivité ou sa colère parce que nous sommes nous-mêmes en état de stress pour une raison ou pour une autre.

Avez-vous des exemples ?

Luce Janin Devillars : Une B.A. ne nécessite pas forcément de connaître la personne à laquelle elle s’adresse. On peut laisser passer une personne devant soi au supermarché parce qu’elle nous paraît lasse, âgée, débordée par de jeunes enfants qui l’accompagnent alors que nous, nous avons du temps ce jour là. Tout, absolument tout, peut constituer une B.A. ! À partir du moment où nous avons repéré un besoin, une attente, une souffrance de la part de quelqu’un d’autre, dans notre entourage ou non.

Prendre le temps de faire traverser la rue à un aveugle, aider une dame à déplacer un bagage dans les escaliers du métro, garder la place de quelqu’un dans la file du cinéma, etc.

Pourquoi réalise t-on une B.A. ?

Luce Janin Devillars : Réaliser une B.A. est motivé par plusieurs raisons : les « bonnes » et les « mauvaises » ou les moins avouables. Le souci de l’entraide, la notion de partage en toutes circonstances, le sentiment d’appartenir à la communauté humaine en y prenant une part positive constituent les bonnes raisons.

À l’inverse, la B.A. peut aussi être l’occasion de se faire « mousser », d’être remarqué pour ses « qualités humaines », mettant en oeuvre l’orgueil, la vanité ou la lutte contre des tensions internes d’agressivité. Une notion que la psychanalyse appelle une « formation de compromis », c’est-à-dire développer une attitude de bonté pour masquer une agressivité interne consciente ou non.

Quels sont les bienfaits d’une B.A. ?

Luce Janin Devillars : Dans tous les cas, le bénéfice d’une B.A. est puissant en terme d’image de soi. Elle nous positive, nous aide à surmonter nos doutes, nos inquiétudes. Elle contribue à renforcer progressivement notre humanité, nos valeurs et aussi à mieux nous aimer. Une démarche qui nous aide à apprécier et supporter les autres, les « différents », tous ceux qui nous sont par définition « étrangers » puisqu’ils ne sont pas nous. Un des grands défis de la socialité, de la civilisation étant de supporter l’altérité.

D’autre part, d’un strict point de vue physiologique, les avancées des neurosciences ont montré que la bienveillance, l’écoute, le partage favorisaient la bonne santé du cerveau en agissant sur la concentration, la mémoire, les capacités d’apprentissage… La bonne action contribue donc à la mise en place et au développement d’un écosystème neuronal utile à notre santé physique et psychique.

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