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Laurent Bataille, président des EDC : « Que le président soit un homme de vérité »

Laurent Bataille © Wikipedia
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Jusqu’à l’élection présidentielle, Aleteia donne la parole à des responsables d’associations chrétiennes pour connaître leur président et leur programme politique idéal.

Aleteia : Dans moins d’un mois se déroulera le premier tour l’élection présidentielle. Quelle est selon vous la mesure prioritaire, que le futur président devrait mettre en place ?
Laurent Bataille : Je pense que la mesure que le futur président doit absolument mettre en place, c’est la remise de l’homme au centre. On vit dans un monde où évoluent de nombreux laissés pour compte… Se soucier de la dignité de l’homme, pour nous chrétiens, c’est vraiment une ambition importante. Il est un terme que l’on aime bien aux Entrepreneurs et Dirigeants Chrétiens (EDC), c’est le bien commun. Je pense que les hommes politiques doivent vraiment relire tous leurs programmes sous ce prisme, en souciant de l’homme. Dans les entreprises, il s’agit de tout ce qui peut faciliter le dialogue social, l’inclusion, le travail… On dénigre le travail, alors que pour nous chrétiens, il s’agit de quelque chose extrêmement important. Le travail n’est pas une aliénation de l’homme, mais un des moyens de se réaliser. Il faut redonner du sens, c’est essentiel, et ce doit être au cœur du programme du futur président, d’un homme d’État qui prétend tenir la barre.

Justement, quel serait selon vous le président idéal, celui ou celle qui mettrait en œuvre ce programme, qui redonnerait du sens ?
Il faut avant tout que le président soit un homme de vérité. La vérité n’est pas forcément facile à dire, mais il faut faire de la pédagogie. Il faut expliquer le monde tel qu’il est aujourd’hui, c’est-à-dire ouvert, mondialisé. Il faut évidemment tenir compte de la réalité économique. Je suis affolé par l’utopie qui habite le discours de certains candidats. On enfume les gens. J’attends vraiment d’un président de la pédagogie et un discours clair. Le flou régnant favorise les populismes et les clivages… À droite comme à gauche, beaucoup de présidents ont construit leur mandat sur les différences, sur les oppositions. Dans le monde économique, qui nous concerne particulièrement aux EDC, on oppose les banquiers aux industriels, les services au bâtiment, le bâtiment à l’industrie, les jeunes aux vieux, la génération digitale aux autres, on oppose tout le monde… Alors que finalement quand on replace les choses dans un contexte un peu plus chrétien, autour d’un bien commun, beaucoup plus de choses rassemblent, au lieu de nous séparer.

Quels sont les points qui doivent retenir l’attention des chrétiens dans les programmes et débats de la prochaine élection présidentielle ?
Le point d’attention est sans aucun doute l’exclusion, comme le dit le pape François. Aujourd’hui, il y a plusieurs d’exemples d’exclusion qui me navrent. Les premiers exclus, ce sont les chômeurs. La première version de la loi travail avait pour essence de s’occuper de ceux qui sont en dehors du monde du travail. Nous avons raté une marche. La deuxième exclusion qu’il faut combattre, en tant que chrétiens, c’est celle des réfugiés. Je ne parle pas des migrants économiques mais de ceux qui arrivent en particulier des Églises d’Orient, d’Irak, de Syrie. Nous n’avons pas les moyens d’accueillir toute la misère du monde mais nous avons vraiment un devoir d’accueil. Je suis père de famille, je vois avec ce regard spécifique toutes ces familles qui ont traversé l’Europe, à pied, dans le froid, avec un ou deux enfants. C’est une urgence absolue.

Propos recueillis par Margot Vignaud.