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Pape François : « Les enfants, jamais de harcèlement, promettez-le au Pape et au Seigneur ! »

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Entouré de 80 000 enfants, François a bouclé une journée marathon à Milan, le plus grand diocèse d’Europe.

Le harcèlement scolaire frappe plus d’un million d’enfants dans le monde chaque année. Devant un parterre de 80 000 enfants et adolescents samedi après-midi, au cœur du stade Giuseppe Meazza-San Siro de Milan, le pape François ne s’est pas contenté de répondre aux préoccupations des jeunes, mais leur a donné ses conseils pour les surmonter, et cherché avec eux des réponses. Il les a pliés à un examen de conscience de quelques minutes, les mettant directement en cause, et leur faisant promettre « à Dieu et au Pape » de ne « jamais, jamais ! » harceler un de leurs petits camarades, et de combattre cet « horrible phénomène » tout autour d’eux.

Cette rencontre avec les enfants fut la dernière étape d’une journée marathon dans la ville de Milan, plus grand diocèse d’Europe et capitale économique de la péninsule italienne. Les rendez-vous se sont enchainés dès 8h du matin : d’abord en banlieue pour y rencontrer les familles en situation précaire, puis avec les prêtres et les consacrés au duomo, la cathédrale de Milan où le souverain pontife a également déposé une rose blanche sous le presbytère et s’est recueilli quelques minutes devant le Saint-Sacrement et sur le tombeau de saint Charles Borromée. Le Saint-Père a déjeuné avec les détenus de la prison centrale, puis a célébré la messe dans l’après-midi au Parc de la Villa Royale de Monza – le temps fort de la journée – transformé en cathédrale à ciel ouvert.

Enfin, François a fait la rencontre de 80 000 enfants et adolescents, mais aussi des catéchistes, parents, parrains et marraines des confirmands du diocèse, avant de regagner Rome dans la soirée.

« Le pape n’est pas content »

« Les enfants, promettez à Dieu et au Pape : jamais de harcèlement ! ». L’appel du Pape claque si fort, et son geste est si éloquent, dans le stade de Milan, qu’il coupe net les cris d’excitation et les applaudissements qui accompagnent ses propos depuis le début de la rencontre. Les enfants comprennent que le moment est grave, qu’il ne s’agit plus d’un simple appel en fin de discours. François les met face à leur conscience :

« Les enfants, dans votre école, dans votre quartier, y-a-t-il quelqu’un dont vous vous moquez, dont vous riez parce qu’il a un défaut ? Et ça vous plaît de lui infliger la honte, de le frapper pour cela ? C’est ce qu’on appelle harceler quelqu’un, c’est du harcèlement ». Le ton monte, le Pape demande à chacun de prendre un engagement solennel : « Faites la promesse au Seigneur que jamais vous ne pratiquerez de harcèlement et que jamais vous ne permettrez qu’il soit pratiqué dans votre école ou votre quartier. Vous le promettez ? De ne jamais se moquer d’un camarade, de ne jamais le tourner en dérision. Vous le promettez ? ». 80 000 « oui » fusent dans le stade, mais le Pape en redemande : « Le pape n’est pas content », dit-il, et il repose sa question. C’est alors une explosion de « oui ». Suit un dernier examen de conscience : « En silence maintenant, pensez à cette horrible chose que le harcèlement et pensez bien à tenir cette promesse que vous faites à Jésus ».

François, quelques minutes auparavant, leur avait vanté les bienfaits du jeu entre amis, mais un jeu « propre »,  sans « insultes », en respectant son prochain, dans un esprit d’équipe. « Bien jouer, leur a-t-il dit, c’est jouer dans la joie », comme Jésus-Dieu qui a joué lui aussi avec ses petits camarades. Bien entendu, il peut arriver de se disputer, « c’est normal », a-t-il rassuré, mais alors « vite demander pardon et l’affaire est classée ».

Puis le pape s’est tourné vers les parents, leur demandant de prendre du temps pour jouer avec leurs enfants. « Les enfants nous regardent, et vous n’imaginez pas l’angoisse que ressent un enfant quand les parents se disputent. Ils souffrent ! Et quand les parents se séparent, ils en paient les frais », a-t-il souligné tout en regrettant que « de plus en plus de parents soient contraints à travailler le dimanche ».

Visite marathon aux « Maisons Blanches »

Le Pape est entré dans la ville de Milan par la porte des périphéries, le quartier populaire des « Maisons Blanches », où vivent tant de familles marginalisées. Il est allé rendre visite à trois d’entre elles, une italienne et deux marocaines. Après une courte prière dans la rue, face à des milliers de personnes, François a reçu deux cadeaux confectionnés par des enfants du quartier qui l’ont particulièrement ému, lui le Pape venu « en prêtre », comme il le leur a confié en recevant l’étole et le petit tableau de la Vierge, en cette fête de l’Annonciation.

« Mon sacerdoce, comme celui de votre curé et des autres prêtres qui travaillent ici, est un don du Christ, mais il est « tissé » par vous, par notre peuple, avec sa foi, ses peines, ses prières, ses larmes… Je vois tout cela dans le signe de l’étole », a remercié le Pape. Comme « Je vois dans votre Sainte Vierge tout juste restaurée, que l’Église a toujours besoin d’être “restaurée”, parce qu’elle est faite de chacun de nous, qui sommes pécheurs ». « L’empressement de Marie » à la Visitation, a poursuivi le pape, est  » l’empressement de l’Église qui ne reste pas dans le centre à attendre mais va à la rencontre de tous, dans les périphéries, à la rencontre également des non-chrétiens, des non-croyants… ».

Aux prêtres et consacrés 

« La joie de l’Église c’est d’évangéliser… Ne perdons pas cette Joie ! », a exhorté le Saint-Père en s’adressant alors directement au clergé, en fin de matinée. À l’intérieur de la cathédrale, une foule immense de prêtres, religieux et religieuses, invités encore une fois  à ne pas « craindre les défis » mais à les prendre « par les cornes ».

Puis une recommandation particulière, au cours d’un échange avec quelque religieux : « Enseigner le discernement », surtout aux jeunes et aux enfants « exposés à un zapping continu ». Ces derniers savent « surfer sur deux ou trois écrans en même temps, peuvent interagir en même temps dans différents contextes virtuels. Que cela plaise ou non, c’est le monde dans lequel ils vivent, et c’est notre devoir en tant que pasteurs de les aider ». Leur enseigner le discernement, a poursuivi le Pape, c’est leur donner « les éléments et les moyens » de « parcourir le chemin de la vie sans que s’éteigne l’Esprit Saint qui est en eux ».

Aux détenus de San Vittore

Puis direction le centre de détention de San Vittore où le Pape a déjeuné avec une centaine de prisonniers et s’est reposé un bref instant dans le bureau de l’aumônier avant d’entamer la seconde partie de sa journée. «Nous sommes tous des frères pécheurs (…) Je me sens chez moi parmi vous », leur a déclaré le Saint-Père, Le Seigneur « vous aime autant que moi, le même Jésus est en vous et en moi ».

Aux milanais à la messe de l’Annonciation

Si la joie et l’espérance – très présentes dans les propos du Pape tout au long de sa visite – « continuent à être possibles en toute situation » pour ceux qui souffrent, il est également impératif que les autres, tous les chrétiens,  ne restent pas les bras-croisés devant ces souffrances. « Nous ne pouvons pas, nous ne voulons pas rester comme des spectateurs qui regardent le ciel en attendant qu’il s’arrête de pleuvoir », a exhorté le Saint-Père, devant le million de fidèles rassemblé dans le parc de la Villa Royale de Monza, pour la messe de l’Annonciation en début d’après-midi.

« Tout ce qui arrive exige de nous que nous regardions le présent avec audace ». Sur cette terre, où le peuple a connu «  la souffrance des deux guerres mondiales », ses ambitions ont été « déréglées », « polluées », par des discours qui « sèment fractures et divisions comme unique façon de résoudre les conflits ». Entretenir la mémoire est « le meilleur antidote à notre disposition face à la division et à l’éloignement ».

Dans un monde si plein de spéculations, a poursuivi le pape, « sur la vie, sur le travail, sur la famille, sur les pauvres, sur les migrants, sur les jeunes et leur avenir », alors que « tout semble se réduire à des chiffres, laissant la vie quotidienne de nombreuses familles se teinter de précarité et d’insécurité », que « la souffrance frappe à de nombreuses portes », François a invité les milanais quels qu’ils soient à ne pas se laisser « voler l’espérance et la joie », à ne pas laisser leur âme « se dessécher » par « les pressions et l’impuissance », à ne pas « devenir insensibles  face aux innombrables défis qui s’offrent à eux ».

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