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Un missionnaire raconte les sévices subis par les transfuges de Corée du Nord

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Aleteia a rencontré le père Philippe Blot, missionnaire en Chine et dans les deux Corées, à l'occasion de sa participation à la Nuit des témoins organisée par l'Aide à l’Église en Détresse.

Trois religieux ont été conviés à parler de leur foi et de leur ministère lors de la Nuit des Témoins organisée par l’Aide à l’Église en Détresse (AED). Après le père Jacques Mourad, ancien otage de Daech, rencontrez aujourd’hui le père Philippe Blot, qui vit depuis 27 ans en Corée du Sud et en Chine. Il s’est rendu à plusieurs reprises dans le pays ermite de Corée de Nord. Il raconte l’enfer impitoyable de ce régime dictatorial et nuance d’une teinte sombre la vision radieuse que les occidentaux se font du grand voisin chinois, livré à la corruption et au vice.

Le père Blot habite en Corée du Sud mais il a passé une bonne partie de son existence à aider les Coréens du Nord – chrétiens ou non – à s’échapper du pays, puis à traverser l’empire du milieu avec les moyens du bord. « En Chine, un Nord-coréen n’a pas le statut de réfugié – en effet, le Parti communiste chinois reconnaît la légitimité de la République populaire démocratique de Corée – il est à la merci de la police chinoise, des chasseurs de têtes nord-coréens et de la mafia chinoise. »

La liberté, l’esclavage ou la mort

Aider les nord coréens n’est pas une chose aisée et le père Blot a mis sa vie en danger à de nombreuses reprises ces dernières années pour tenter de sauver le plus de vies possible : « Je suis toujours saisi par la peur, mais j’ai mon chapelet et je prie sans cesse pour que le Seigneur nous protège jusqu’au bout ».

Les crimes dont il a eu vent sont légion : « Je pense à ces très jeunes filles : on avait pour projet de les aider, avec les passeurs. Nous savions qu’elles étaient la cible de la mafia chinoise, des trafiquants d’êtres humains qui les font transiter par la Sibérie pour alimenter le plus grand marché aux esclaves sexuels du monde, dans le golfe. Elles ont été repérées deux jours avant notre arrivée. Pour ne pas tomber entre leurs mains, elles se sont toutes suicidées. Elles étaient vingt-cinq, âgées de quinze à trente ans. »

 

Pour aider le père Philippe Blot, vous avez la possibilité d’envoyer vos dons aux Missions Étrangères de Paris.


Pour plus d’informations sur la Nuit des témoins organisée par l’AED du 23 au 27 mars, cliquez ici


 

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