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Pape François : « L’Église n’est ni un flashmob ni une émission de télé-réalité ! »

Jean-Matthieu GAUTIER/CIRIC

Isabelle Cousturié - published on 23/03/17

Découvrez le message du Saint-Père pour la 32e Journée mondiale de la jeunesse 2017.

Ne pas être « un jeune assis confortablement dans son canapé » mais un jeune qui « découvre les grandes choses que le Seigneur a fait » pour lui comme pour tous, un jeune qui vit « avec courage » l’instant présent et prépare son avenir de manière « constructive » : tel est le message du pape François adressé aux jeunes à l’occasion de la 32e Journée mondiale de la jeunesse qui sera célébrée le 9 avril prochain (dimanche des Rameaux) au niveau diocésain, sur le thème : « Le Puissant fit pour moi des merveilles » (Lc 1, 49), la parole de la Vierge Marie dans le Magnificat.

Ce message marque le premier tronçon du pèlerinage que les jeunes ont repris, après Cracovie en 2016, et poursuivront jusqu’aux prochaines Journées mondiales de la jeunesse, du 22 au 27 janvier 2019, au Panama, sur le thème « Voici la servante du Seigneur; que tout m’advienne selon ta parole », la réponse de Marie à la venue du Christ en sa chair.

Pour atteindre le maximum de jeunes à travers le monde, le Pape s’est également adressé à eux en images, leur rappelant que l’Église et la société ont besoin d’eux, pour leur « vision des choses », leur « courage », leurs « rêves » et leurs « idéaux » qui peuvent abattre « les murs de l’immobilisme » et ouvrir « des voies qui conduisent vers un monde meilleur, plus juste, moins cruel et plus humain ».

Ne pas se déconnecter du passé

L’Église « n’est ni un flashmob (…) ni un reality show (…) Ne vous laissez pas égarer par cette fausse image de la réalité ! Soyez protagonistes de votre histoire, décidez de votre avenir ! », a exhorté le Saint-Père, « en faisant mémoire du passé mais (…) pour retourner toujours à l’essentiel et se lancer dans la construction des temps nouveaux ». Une mémoire, a-t-il précisé, qui ne soit donc pas « paralysante » ou « nostalgique » mais aide à « mieux projeter un avenir de bonheur », ne perdant pas de vue que « Dieu est venu élargir les horizons de notre vie, dans toutes les directions ». Être des jeunes ne veut pas dire « être déconnectés du passé », a-t-il expliqué, car « notre histoire personnelle s’insère dans une longue suite, dans un cheminement communautaire qui nous a précédés dans les siècles ». Le tout est de ne pas laisser nos souvenirs « s’entasser comme dans la mémoire d’un disque dur ». Il faut que les faits du passé deviennent « une réalité dynamique, sur laquelle réfléchir et dont tirer un enseignement et un sens pour notre présent et notre avenir ».

Le souverain pontifie n’est pas d’accord avec tous ceux qui disent que les jeunes sont « sans mémoire et superficiels », néanmoins il reconnaît la nécessité, de les aider à « récupérer » la capacité de réfléchir sur leur propre vie et de les projeter vers l’avenir. Car, la vie de chacun peut être faite de nombreux souvenirs, mais la question est « combien de souvenirs construisent vraiment notre mémoire ? Combien sont significatifs pour nos cœurs et aident à donner un sens à notre existence ? ». Il s’agit, précise-t-il, de « découvrir le fil rouge de l’amour de Dieu qui relie toute notre existence ». Une « tâche ardue, mais nécessaire », insiste le Pape.

Suivre l’exemple de Marie

Et comment faire la part des choses ? En prenant exemple sur Marie qui « ne s’enferme pas chez elle, ne se laisse pas paralyser par la peur ou par l’orgueil », suggère le Pape. Marie, dit-il, qui « n’est pas le genre de personne qui, pour être à l’aise, a besoin d’un bon divan où se sentir bien installée et à l’abri ». Marie est très jeune, rappelle le Pape, « ce qui lui a été annoncé est un don immense, mais comporte aussi des défis très grands ». Mais elle n’est pas « une jeune-divan ». Si sa cousine âgée a besoin d’une aide, elle ne tarde pas et se met immédiatement en route. La route est longue pour rejoindre la maison d’Elisabeth, mais « sûrement, les journées de marche l’ont aidée à méditer sur l’événement merveilleux dans lequel elle était impliquée ». Un bel exemple pour tous ces jeunes qui eux aussi, estime François, tout au long de leur pèlerinage, peuvent repenser « aux faits » de leur vie, et « en mûrir le sens », peuevent « approfondir » leur vocation.

Les « merveilles » que le Puissant a faites dans l’existence de Marie nous parlent aussi de notre voyage dans la vie, « qui n’est pas un vagabondage sans signification, mais un pèlerinage qui, même avec toutes ses incertitudes et ses souffrances, peut trouver en Dieu sa plénitude », assure le Pape. On se sent pécheur, limité ? Quand le Seigneur appelle, rassure-t-il, « il ne s’arrête pas à ce que nous sommes ou à ce que nous avons fait. Au contraire, au moment où il appelle, il regarde tout ce que nous pourrions faire, tout l’amour que nous sommes capables de libérer ». Les jeunes, comme la jeune Marie, ont les moyens de faire en sorte que leur vie « devienne un instrument pour améliorer le monde ».

Conseils aux jeunes

Pour aider les jeunes à s’exercer concrètement dans ce sens, le Saint-Père suggère deux pistes :

  • À la fin de chaque journée, s’arrêter quelques minutes pour « se rappeler des beaux moments, des défis, de ce qui a bien marché et ce qui est allé de travers », et relever sur un carnet, les sentiments de gratitude, de repentir et de confiance qu’ils suscitent. Pourquoi pas, suggère le Pape, en tenant une sorte de « petit journal spirituel ».
  • Bien connaître la Bible, la Parole de Dieu, « la lire chaque jour en la confrontant avec sa vie » personnelle. Le Saint-Père invite aussi à « cultiver la louange, à ne pas se fixer uniquement sur les problèmes et sur les difficultés ». Car, dit-il, « dans la dynamique de la vie, les supplications d’aujourd’hui deviendront des motifs d’action de grâce de demain ».

Aux blessés de la vie qui voudraient « reconfigurer » leur passé ou « se servir du droit à l’oubli », le Saint-Père rappelle qu’ « il n’y a pas de saint sans passé, ni de pécheur sans avenir ». Comme la perle née « d’une blessure de l’huître ». Comme elle, Jésus, par son amour, peut guérir leurs cœurs, transformer leur blessures « en d’authentiques perles ».




Lire aussi :
Pape François : « Jeunes, faites entendre votre cri à vos pasteurs ! »

Dans la mouvance du prochain synode

La « connotation fortement mariale » de ces JMJ s’inscrit dans la mouvance du prochain synode des évêques (2018) sur « Les jeunes, la foi et le discernement vocationnel », qui aura lieu en octobre 2018. Le Pape souhaite encore une fois aux jeunes « qu’il y ait une grande syntonie entre le parcours vers les Journées Mondiales de la Jeunesse du Panama et le cheminement synodal ».




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Pour la première fois, les jeunes au cœur d’un synode

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