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Pour le pape François, le confessionnal n’est pas une teinturerie

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Mardi, à la maison Sainte-Marthe, le Saint-Père a mis en garde contre les pardons « volés » ou « superficiels ».

Aller se confesser n’est pas comme « aller effectuer une opération bancaire ou remplir une tâche administrative », a souligné le pape François au cours de son homélie pendant la messe à Sainte-Marthe, ce mardi 21 mars. On n’y va pas comme on irait « chez le teinturier pour laver une tache » sur sa conscience, a-t-il poursuivi, mais en ayant « honte » du péché commis pour être en mesure ensuite de se sentir vraiment pardonné et de pouvoir ensuite pardonner à son tour. Là est tout le mystère du pardon, un « mystère difficile à comprendre », a acté le Saint-Père en commentant l’Évangile du jour  (Mt 18, 21-35). Sortir d’un confessionnal en pensant « Je m’en suis tiré à bon compte », a-t-il insisté, est tout bonnement « hypocrite », cela veut dire que « tu as été incapable d’avoir honte de tes péchés », que le pardon obtenu est alors un pardon « volé »  ou « artificiel ».

Le premier pas, avoir honte

Pour bien comprendre le mystère du pardon, a expliqué le Pape, il faut d’abord éprouver de « la honte » pour ses propres péchés, et pour « la mauvaise foi » avec laquelle on les a commis, « une grâce » que les membres du Peuple de Dieu ne peuvent obtenir que s’ils se présentent devant Lui « les cœurs brisés, les esprits humiliés », comme souligné par le prophète Daniel dans la première lecture du jour.

Ce qui est loin d’être le cas dans l’épisode rapporté par Matthieu dans l’Évangile du jour : un serviteur qui doit de l’argent à son maître, se voit pardonné et remis de sa dette, mais lui en sortant n’a pas eu pitié pour ceux qui lui devaient de l’argent et ne leur a pas pardonné en annulant à son tour leurs dettes. Cet homme « n’a pas compris le mystère du pardon », a commenté le Pape, « il croit s’en être tiré », d’avoir joué les « malins », il n’a pas compris ni apprécié la « générosité du maître ».

« Et à vous, a alors interpellé le Pape en s’adressant directement à son auditoire, si je demande : Mais vous êtes tous pécheurs ?Oui, père, tousEt pour avoir le pardon des péchés ?” – Nous nous confessonsEt comment vas-tu te confesser ?” – J’y vais, je dis mes péchés, le prêtre me pardonne, il me donne trois Ave Maria à réciter et puis je m’en vais en paix. Tu n’as pas compris ! ». Cela veut dire, a-t-il poursuivi, que « tu es allé au confessionnal pour effectuer une opération bancaire ou remplir une tâche administrative, tu n’y es pas allé honteux de ce que tu as fait. Tu as vu quelques taches sur ta conscience et tu t’es trompé parce que tu as cru que le confessionnal était une teinturerie pour enlever les taches. Tu as été incapable d’avoir honte de tes péchés ».

Avoir conscience du pardon reçu

Avoir conscience du péché est essentiel pour ensuite avoir conscience du pardon reçu de Dieu : cette « merveille qu’Il a faite dans ton cœur », a poursuivi le Saint-Père, « doit entrer dans ta conscience », sinon à quoi bon : « Tu sors du confessionnal, rencontres un ami et vous commencez à dire du mal d’un autre, et toi tu continues de pécher ». Et d’insister comme dans un leitmotiv : « Si tu n’as pas conscience d’être pardonné tu ne pourras jamais pardonner, jamais ! « .

Pour conclure, le Pape a invité l’assemblée à demander au Seigneur « la grâce de la honte devant Dieu », afin de « recevoir le pardon, et la grâce de la générosité de le donner aux autre », en se disant: « Parce que  si le Seigneur m’a tant pardonné, qui suis-je pour ne pas pardonner ? ».