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15 minutes de silence pour la vie éternelle

© OSSERVATORE ROMANO / AFP
Le pape François est entendu en confession à Saint-Pierre de Rome
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À Saint-Pierre, le pape François a invité les fidèles à prendre un temps de silence pour interroger leur conscience.

Pas d’homélie, mais un long moment de silence, de réflexion, de prière, pour permettre aux fidèles d’interroger leur conscience. C’est l’aspect inédit qui a caractérise à 17 heures, vendredi, la veillée pénitentielle que le pape François tient, chaque année dans le cadre des « 24 heures pour le Seigneur ». Et cette année, pas de concomitance avec l’événement auquel les diocèses du monde entier sont invités à s’associer chaque vendredi et samedi précédant le 4e dimanche de carême, depuis son lancement en 2014. Thème de l’initiative, les 24 et 25 mars prochains : « Je veux la miséricorde » (Mt 9, 13).

C’est dans la prière que les cœurs blessés sont soignés par l’huile de la miséricorde, dans la prière que « nous devons demander le don d’humilité pour recevoir le don gratuit et surnaturel du pardon », a justement rappelé le Pape quelques heures plus tôt en rencontrant près de 700 séminaristes et prêtres récemment ordonnés, inscrits au cours de formation sur la confession qu’organise chaque année la Pénitencerie apostolique.

15 minutes de silence, une vingtaine de questions

« Chers frères et sœurs, restons maintenant en silence, et laissons que l’Esprit saint et la Parole de Dieu que nous venons d’entendre, éclairent nos consciences et nous conduisent vers un repentir sincère », a exhorté le Pape en invitant les milliers de fidèles rassemblés dans la basilique Saint-Pierre à une quinzaine de minutes de silence et de recueillement.

Trois pistes de réflexion leur étaient proposées – « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur » ; « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » ; « Soyez parfaits comme le Père » – auxquelles renvoyait une vingtaine de questions, dont certaines liées à des thèmes de la vie humaine comme : « Ai-je porté atteinte à la vie et à l’intégrité physique de mon prochain ? » ; « Ai-je commis ou conseillé un avortement ? » ; « Ai-je agi contre mon intégrité physique (par exemple la stérilisation) ? », selon Vatican Insider. D’autres se référaient à des moments de la vie quotidienne comme : « Ai-je évité d’exercer un travail non nécessaire les jours fériés ? »; « En conduisant la voiture ou d’autres moyens de transport ai-je mis en danger ma vie ou celle des autres ? ». D’autres encore s’adressaient plus spécifiquement aux parents – « Ai-je donné le bon exemple à mes enfants ? » –, aux enfants – « Ai-je obéi à mes parents ? », « ai-je respecté leur autorité ? » –, aux époux – « Ai-je toujours été fidèle à mes sentiments et mes actions ? ». Et tant de questions sociales comme : « Est-ce que je sais donner, sans égoïsme mesquin, au plus pauvre que moi ? Est-ce que je défends les opprimés et aide ceux qui sont dans le besoin ? Ou alors je traite avec suffisance ou dureté mon prochain, spécialement les pauvres, les faibles, les vieux, les exclus, les immigrés ? ».


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Le rite des confessions

Puis le Saint-Père a ouvert le rite des confessions, se confessant d’abord lui-même à un prêtre, comme il fait chaque année. Premier pape à se confesser en public, en 2014, son geste avait fait sensation. Il a ensuite rejoint un des 90 confessionnaux ouverts pour l’occasion, où il a administré le sacrement du pardon à sept laïcs (trois hommes et quatre femmes). Une centaine de prêtres l’ont suivi, le rite durant une cinquantaine de minutes en tout.

Le Pape n’a pas prononcé d’homélie durant la célébration mais le matin-même, il avait reçu quelque 700 prêtres qui suivaient un cours de formation sur la confession, à la Pénitencerie apostolique. L’occasion pour lui de rappeler  les qualités d’un « bon confesseur » qui, a-t-il insisté, « ne sont pas le fruit d’un cours, mais de toute une vie ». Ses trois recommandations :

« Cultiver la prière »

Car la prière est « la première garantie pour éviter toute attitude de dureté qui juge inutilement le pécheur et non le péché », a-t-il souligné. Un confesseur qui prie, a rappelé le Pape, « sait bien qu’il est lui-même le premier pécheur et le premier pardonné ». Cultiver la prière, a-t-il ajouté, car « c’est dans la prière que les cœurs blessés sont soignés par l’huile de la miséricorde, dans la prière que nous devons demander le don d’humilité pour recevoir le don gratuit et surnaturel du pardon », et dans la prière que « nous invoquons l’Esprit saint qui permet le discernement et la compassion » pour les souffrances des autres.


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« Le discernement »

Deuxième recommandation : être « un homme de l’Esprit saint et donc de discernement qui permet cette délicatesse de l’âme si nécessaire face à ceux qui s’ouvrent à la lumière, à la paix et à la miséricorde »; et pour répondre aux nombreux troubles « spirituels, existentiels, ecclésiaux, naturels ou surnaturels » qui peuvent se vérifier chez un pénitent. « Que de mal fait à l’Église, par manque de discernement (…) que de mal fait à l’âme par manque d’écoute », a souligné amèrement le Pape. L’occasion de rappeler qu’un « bon confesseur » ne doit pas agir et enseigner « selon sa propre volonté ou sa propre doctrine », mais « en pleine communion avec l’Église et le ministère qu’il sert ».

« Confesser en évangélisant »

Enfin troisième et dernière recommandation : voir le confessionnal comme un « vrai lieu d’évangélisation », un « lieu de formation » où « ré-annoncer les vérités de la foi les plus élémentaires (…) et parfois les fondements de la vie morale », qui peut « faire beaucoup de bien aux fidèles ».


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