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Pourquoi la Saint-Patrick est-elle devenue une fête universelle ?

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Le 17 mars, comme chaque année, les Irlandais de toujours ou d’un jour vont déferler dans les rues et les pubs du monde entier pour fêter la Saint-Patrick... qui tombe cette année un vendredi de Carême.

La Saint-Patrick aurait pu être l’histoire du premier moine brasseur d’Irlande mais non… Saint Patrick n’était même pas Irlandais ! Il serait né vers 393 à Kilpatrick en… Écosse ! Capturé et esclave sur l’île d’Irlande au début de sa vie, il finit par s’enfuir. Il part alors se former dans les monastères en Gaule et retourne en Irlande quelques années plus tard pour évangéliser les Irlandais.

C’est là que serait né le symbole du trèfle : saint Patrick aurait expliqué aux Irlandais, lors d’un sermon, le concept de la Sainte-Trinité grâce à un trèfle. Depuis, les Irlandais accrochent un trèfle à leur boutonnière à la Saint-Patrick pour se souvenir du fameux sermon.

Les Irlandais célèbrent cette fête dès le IXe ou le Xe siècle. Par la force des choses et la durée de la pratique, la Saint-Patrick devient associée à l’Irlande dans le système du patronage religieux. C’est finalement au début du XVIIe siècle que l’Église catholique décide de l’inscrire au calendrier liturgique, le 17 mars. La fête a donc toujours lieu pendant le Carême et devient un jour saint d’obligation pour les chrétiens irlandais. Certains adoptent la tradition de rompre le jeûne à l’occasion de la Saint-Patrick.

Pourquoi un tel rayonnement ?

Il faut pour cela faire un saut aux États-Unis notamment. À partir du XVIIIe siècle, les Irlandais sont nombreux à fuir l’île et émigrer de l’autre côté de l’Atlantique. C’est là que la Saint-Patrick prend de l’ampleur : la diaspora irlandaise installée aux États-Unis fait du 17 mars le jour où l’on célèbre le saint patron, et de manière générale l’Irlande. Contrairement à une idée répandue, la Saint-Patrick n’est pas pour autant la fête nationale en Irlande : l’État irlandais n’a jamais pris acte de le faire et n’a, d’ailleurs, pas de fête nationale. Tout au long du XVIIIe et du XIXe siècle, la Saint-Patrick prend donc une autre ampleur dans le cœur des Irlandais. Au début du XXe siècle, en 1903, la Saint-Patrick devient un jour chômé en Irlande pour célébrer cette fête. Mais quelques années plus tard, une loi est adoptée pour interdire l’ouverture des pubs le jour de la Saint-Patrick : la consommation d’alcool était devenue hors de contrôle. Cette loi s’appliquera jusqu’en 1961.

Du spirituel au culturel

La fête religieuse s’est peu à peu transformée en fête de l’Irlande. C’est surtout à l’étranger, aux États-Unis bien sûr, mais aussi dans tous les pays où se trouve une diaspora irlandaise que la Saint-Patrick a pris un nouveau sens. Le 17 mars, pour tous les Irlandais, d’un jour ou de toujours, c’est l’occasion de célébrer tout ce qui fait l’Irlande : le vert, le trèfle et la bière, bien sûr !

Le gouvernement irlandais ne s’est d’ailleurs pas privé dans les années 1990 pour tirer profit de l’engouement autour de la Saint-Patrick : il organise chaque année un festival pour promouvoir la culture irlandaise. D’une fête chrétienne, la Saint-Patrick est devenue une fête culturelle et, bien sûr, commerciale : 13 millions de pintes de Guinness sont vendues chaque année le 17 mars…

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