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Pape François : « La charité n’est pas une invention de l’homme »

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À l’audience générale, le Saint-Père a poursuivi ses enseignements sur l'espérance chrétienne et apporté son soutien à des employés frappés de licenciements.

La charité n’est pas une invention de l’homme mais « une grâce de Dieu »que le chrétien accueille librement, non pour « étaler ses capacités » mais pour répondre à « sa vocation la plus haute qui est d’aimer Dieu et son prochain », a exhorté le pape François dans sa nouvelle catéchèse sur la joie de l’espérance chrétienne, à l’audience générale de ce mercredi 15 mars. En toile de fond, la mise en garde de l’apôtre Paul aux Romains (12, 9-13) : « Que votre amour soit sans hypocrisie. Fuyez le mal avec horreur, attachez-vous au bien ».

Devant des milliers de fidèles et pèlerins, rassemblés place Saint-Pierre, le Saint-Père a également salué divers groupes présents à l’audience, en particulier la centaine de pèlerins de l’association Chemins d’Humanité, venue à Rome fêter ses 20 ans. L’association est animée par des chrétiens dirigeants et cadres d’entreprise passionnés par leur métier, qui désirent mettre leur savoir et expérience au service de l’Église, en proposant aux prêtres une formation économique. Le souverain pontifie a également exprimé son soutien aux employés du groupe média Sky Italia, confrontés à un plan de licenciements et de restructuration.

Non à l’amour « déguisé »

« Frères et sœurs, notre vocation la plus haute est d’aimer Dieu et son prochain. Mais saint Paul nous met en garde contre un amour qui serait hypocrite, motivé par des intérêts personnels, pour nous mettre en avant et nous satisfaire », résume le Pape en français. La charité, poursuit-il, « ne vient pas de nous, mais elle est une grâce », un don que « nous accueillons librement ». C’est « notre manière d’aimer » qui est « marquée par le péché ». Elle peut être en effet « hypocrite », « intéressée ». L’hypocrisie, a souligné le Pape, peut s’insinuer partout, même dans les œuvres de charité, quand le but recherché n’est pas réellement de « se prodiguer pour les autres », mais de « s’afficher » et en tirer un bénéfice personnel. Ce comportement est signe d’un « amour hypocrite », a-t-il insisté, ou d’un « égoïsme déguisé en amour ».

L’amour « vrai », au contraire, « prend patience , rend service, ne jalouse pas, ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil »,  comme l’enseigne saint Paul, a souligné le Pape en s’adressant aux pèlerins de langue arabe notamment de Syrie, du Liban et du Moyen-Orient L’amour vrai « ne fait rien d’inconvenant, ne cherche pas son intérêt, ne s’emporte pas, n’est pas rancunier, ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais trouve sa joie dans ce qui est vrai. Il supporte tout, fait confiance en tout, espère tout, endure tout ».

« Nous savons tous, par expérience, que nous ne vivons pas pleinement ou comme nous devrions le faire, le commandement de l’amour », a poursuivi le Pape. Mais ceci est une autre grâce « pour comprendre que nous avons besoin que le Seigneur renouvelle notre cœur afin d’aimer les autres comme Lui les aime, en voulant leur bien, c’est-à-dire qu’ils soient des saints, des amis de Dieu ». En entrant dans nos cœurs, Dieu « permet de connaître la compassion du Père ». Il ouvre devant l’homme « une voie de salut », lui donne la possibilité de vivre lui aussi « le grand commandement de l’amour », de devenir « instrument » de son amour. Et l’on comprend alors, en libérant cette espérance dans nos cœurs, a insisté le Pape, que « tout ce que nous pouvons vivre et faire pour nos frères n’est rien d’autre que la réponse à ce que Dieu a fait et continue de faire pour nous ».

Soutien à des employés privés de leur emploi

À la fin de l’audience générale, le pape François a exprimé son soutien aux employés du groupe média Sky Italia – dont une centaine était présente place Saint-Pierre confrontés à un plan de licenciements et de relocalisation de Rome à Milan. « Celui qui, pour des manœuvres économiques, ou quelques négociations peu claires, ferme des usines, ferme des entreprises et prive des hommes de leur travail, cette personne commet un péché très grave », a-t-il dénoncé. L’occasion pour le Saint-Père de rappeler aux « responsables des peuples », aux « dirigeants », qu’ils ont « l’obligation de tout faire pour que chaque homme, chaque femme puisse travailler et garder la tête haute, et continuer à regarder les autres en face avec dignité ».

 

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