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Le mot de la semaine : « parrainages »

© Thomas SAMSON / AFP
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Il reste moins d'une semaine aux hommes et femmes en lice pour valider leur candidature !

Dans moins d’une semaine, le 17 mars prochain, les Conseil constitutionnel va clore le recueil des parrainages nécessaires aux candidats à la présidentielle. Sous réserve de validation des signatures déjà envoyées, il devrait donc y avoir cette année entre 7 et 8 candidats – selon que Jean-Luc Mélenchon, qui ne les a toujours pas officiellement, parvienne ou non à obtenir ses 500 signatures. Il faut remonter à l’élection présidentielle de 1969 pour retrouver un nombre de candidats aussi restreint.

Le mot de « parrainage », dont la presse a popularisé l’usage au point que même le Conseil constitutionnel a fini par l’employer à son tour, se révèle inexact. Il laisse entendre que chaque candidat démarche individuellement les maires et recueille chaque précieux paraphe au gré d’une course contre la montre plus ou moins aisée selon sa notoriété. En réalité, il s’agit de « présentations » : l’initiative appartient aux maires, qui envoient par courrier le nom du candidat de leur souhait – ce dernier ne collecte rien. C’est ce qui explique que certains individus, qui n’ont pourtant nullement annoncé leur candidature, se voient crédités de plusieurs dizaines de signatures, certains édiles souhaitant les pousser à franchir le pas.

La question des 500 signatures provoque de grandes frustrations chez les petits candidats qui ne parviennent pas à les obtenir. Il fait également l’objet de consignes internes au sein des partis, et l’on sait par exemple que le FN a, pendant de longues années, recueilli un certain nombre de parrainages grâce au Parti socialiste, qui cherchait à affaiblir la droite. Tel un reliquat de la « première » Cinquième République – lorsque le Président n’était pas élu au suffrage universel direct mais par un collège de grands électeurs – cette barrière symbolique subsiste – elle a même été renforcée dans les années 1970, passant de 100 à 500.  Si certains dénoncent son aspect prétendument antidémocratique, difficile pourtant d’imaginer des campagnes présidentielles auxquelles participeraient plusieurs centaines de candidats.

Certes, l’hypothèse de parrainages citoyens est parfois évoquée. Mais elle n’éloigne pas le risque de la multiplication des signatures tout en y ajoutant celui d’éventuels achats dissimulés de signatures auprès d’électeurs peu scrupuleux. De plus, un tel procédé aurait pour effet de devenir une sorte de nouvelle primaire. Or, la multiplication des scrutins à gauche comme à droite peine pour l’instant à démontrer sa vertu démocratique – en grande partie parce qu’elle s’attache essentiellement à des personnalités. Contrairement au référendum d’initiative populaire, encore jamais mis en œuvre malgré sa constitutionnalisation, un système de parrainage populaire ne constituerait en rien une ouverture démocratique.

Le système électoral est ainsi conçu : il repose sur de fermes ambitions démocratiques mais limite la portée de sa représentation pour des modalités pratiques. Jusqu’à présent, rares sont les candidats de partis politiques, même de taille moyenne, à avoir échoué à recueillir leurs 500 signatures. A l’inverse, un curieux hasard permet systématiquement à un petit candidat, la plupart du temps pour la première et dernière fois, de se présenter. Après Daniel Gluckstein en 2002, Gérard Schivardi en 2007 et Jacques Cheminade en 2012, il s’agira cette année de François Asselineau, président de l’Union populaire républicaine. Parvenus à convaincre des élus locaux, souvent de petites communes rurales, leur mérite est bien d’être parvenu à faire connaître leur mouvement au prix de grands efforts militants sur le terrain. Il est paradoxal d’ailleurs que la campagne de ces « petits candidats », bien souvent peu médiatisée, paraît parfois bien plus revigorante pour la démocratie que le simple déploiement des stratégies de communication des machines de guerre que sont les grands partis politiques.

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