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Le métier de Gianni Crea est sans doute l’un des plus fascinants au monde

La Chapelle Sixtine ne présente pas seulement des œuvres de Michel-Ange. Sixte IV a confié à d’autres artistes connus le soin de peindre des fresques, à l’instar de Sandro Botticelli, Domenico Ghirlandaio ou Pietro Perugino. Michel-Ange ne fut appelé que plus tard par le pape Jules II pour la voûte qui, en premier lieu, avait été peinte d’étoiles sur un fond bleu, puis par le pape Clément VII pour reproduire le Jugement Dernier.
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"Je sais que je dois être digne d’un tel privilège."

Gianni Crea est né à Rome il y a 45 ans. Tous les matins, au lever du soleil, il pénètre dans la pièce qui héberge les 2 797 clés permettant d’ouvrir les portes des musées du Vatican. Certaines de ces clés sont aussi vieilles que les portes elles-mêmes : deux, trois ou quatre siècles. Chaque matin, en entrant dans la chapelle Sixtine, Gianni Crea s’agenouille devant l’immortelle fresque de Michel Ange et prononce une brève prière. Il reconnait sa chance : « Je sais que je dois être digne d’un tel privilège. » Sa mission est aussi simple qu’essentielle : ouvrir et fermer les 500 portes et fenêtres des musées du Vatican et s’assurer que personne ne reste sur place après la fermeture. Une tâche qu’il assure à la perfection, à l’exception de ce jour où un moineau, échappant à sa vigilance, avait déclenché toutes les alarmes du musée.

Le gardien des clés peut se targuer d’une longue expérience. Voici vingt ans, rapporte La Reppublica, le curé de la paroisse de Gianni Crea, alors étudiant en droit, lui fait une offre difficile à refuser : devenir gardien auxiliaire à la Basilique Saint-Pierre en contrepartie de la prise en charge de ses études. Gianni Crea accepte. Le jeune homme est ponctuel, discret et sérieux, qualités indispensables pour travailler en plein cœur de la Chrétienté. Antonio Paolucci, à l’époque directeur des musées du Vatican, finit par confier à Crea la responsabilité des clés. « Tu as désormais entre tes mains les clés des portes du paradis. » lui dit-il. Le jeune homme ne sera pas magistrat : il décide de consacrer sa carrière au Vatican.

Parmi les clés les plus précieuses sur lesquelles Crea est chargé de veiller : celles du Maréchal du Conclave qui était jusqu’en 1966 chargé de sceller les portes de la chapelle Sixtine quand les cardinaux se réunissaient pour élire le nouveau souverain pontife. Ou encore la « clé numéro une, » qui ouvre l’imposante porte de sortie des musées du Vatican, donnant sur Viale Vaticano. Quant à la « clé 401, » qui ouvre la porte d’entrée, elle pèse 450 grammes. « Ce n’est pas lourd, c’est un privilège », s’enthousiasme le gardien.

Vous pouvez lire l’article original en italien publié dans La Reppublica ici.

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Vatican
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