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Choisir, c’est renoncer : pas de « plan B » !

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En amour, le « plan B » est un vrai danger. Pour bâtir du durable, nous avons besoin d’une confiance renouvelée, sans retour possible.

C’est l’homme ou la femme que vous avez choisi(e). Vous partagez sa vie et construisez des projets ensemble. Mais à la faveur d’une déception, d’une divergence de vue, le doute s’installe. Est-ce le bon ? Est-ce que je ne me suis pas trompé(e) ? Surtout que, pas très loin, se trouve, un plan B assez rassurant qui n’attend que ça. Et si l’herbe était plus verte de son côté. Que faire ?

 

Un plan B empêche de se donner sur le long terme

Un « plan B », quel qu’il soit rassure les anxieux.  Qui n’a jamais pensé : « pas grave s’il n’y a plus de place au cinéma ce soir , j’ai déjà repéré une pizzeria au cas où .» Autant dire que vous ne mettrez pas toute votre énergie à partir tôt au cinéma, comme si une part de vous avait déjà renoncé. Et bien dans le couple c’est un peu le même procédé.

Un des quatre piliers de la construction d’un couple est de « faire des projets ». Cela nécessite de se parler, de se faire confiance et de s’engager sur le long terme quoi qu’il arrive. On ne met pas autant d’énergie et d’argent à rénover un appartement de location que la maison qu’on achète pour toute sa vie.
L’aventure du mariage est ainsi un formidable moyen de bâtir ensemble sur la durée à condition que votre engagement soit total et sans condition, sans solution de repli. Vous ne vous mariez pas seulement « parce que vous vous aimez » mais « parce que vous voulez vous aimer ». La volonté est au service de l’amour qui nous fait grandir.

 

Pourquoi faire des efforts ?

Le « plan B » n’est hélas pas qu’une invention d’adolescents immatures ou d’amoureux timorés, c’est hélas souvent une réalité conjugale.
« Pourquoi faire des efforts, puisque c’est si facile de divorcer et que Manu vient justement de rompre avec Justine… » Sarah* dit tout haut ce que beaucoup d’hommes et de femmes pensent tout bas. Un reflet du couple vu comme un lieu refuge dans un monde difficile, et la méconnaissance totale d’un amour qui donne, qui se donne.
Arrivé à ce stade, deux solutions : Sarah quitte Paul pour Manu avant de retrouver Léo quelques années plus tard et beaucoup d’idéaux en moins. Ou alors, Sarah veut croire à son couple, elle s’achète des paquets de Kleenex et chasse de son imagination (et de sa liste de contacts) les « plans B » qui risquent de faire couler son couple.
Merci à la vraie Sarah d’avoir osé confier que cette tentation avait failli mettre fin à dix ans de mariage, avant qu’une prise de conscience ne l’amène à remettre toutes ses pensées et son énergie dans son « plan A »
Pourquoi continuer à supporter les ronflements de Jules, et sa manie de laisser trainer chaussettes et caleçons ? Pourquoi supporter plus longtemps la déprime de Julie qui ne retrouve pas de travail ? « Ce ne doit pas être le bon » murmure l’air du temps. Trouves-en un(e) autre » susurrent les affiches de métro et les réseaux sociaux. Mais non, la fidélité est un engagement, les fidélités successives sont un alibi !

 

Savoir couper les ponts

Comment résister à l’obsolescence programmée du couple ? En bannissant les « plans B » non seulement de son vocabulaire, mais de son esprit. Exit cet ami(e) facebook, très (trop) beau sur ces photos de plage, stop aux SMS avec les copines pour déblatérer sur votre chéri, finis les déjeuners avec votre nouvelle collègue si sympathique. Parce que votre plan A le vaut bien. Et parce qu’après le plan B, il risque fort d’y avoir un plan C… ou un plan B vous concernant !
Luc s’est accroché avec Magali. Pendant des mois il a supporté fatigue et mauvaise humeur. Il lui a fallu être persévérant, et il remercie… son entraineur sportif  !  « J’ai fait du sport de haut niveau. J’y ai appris les échecs puis à retrouver le podium, grâce à notre persévérance. Nous n’avions pas le choix, il fallait se battre pour rester au top ».
Ce qui l’a aussi aidé, c’est d’avoir coupé les ponts avec sa vie d’avant : « je sais que c’est elle que j’aime, je refuse de penser à une autre. »
Se redire dans le découragement :  » c’est lui (elle) que j’ai choisi pour la vie » n’est pas de la méthode Coué, c’est re-faire chaque jour le choix d’aimer.

Agathocle de Syracuse était un bon meneur d’hommes : il exigea des ses marins en terre hostile qu’ils brûlent leurs vaisseaux afin de s’interdire toute possibilité de fuite et renforcer leur chance de victoire. Ce fut un succès pour la conquête de Syracuse. C.-A. Valson l’illustre ainsi : « C’est d’ailleurs pour un homme, dans toutes les circonstances de la vie, le fait d’une conscience droite et en même temps d’une habile politique, que de savoir courageusement brûler ses vaisseaux et couper court, par une profession de foi bien nette, à tous les retours et à toutes les équivoques. ».

A vous de n’y voir qu’un un bon sujet de débat, ou un défi pour votre vie de couple.

* le prénom a été changé

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