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« Aie pitié de moi, Seigneur », répète Asia Bibi du fond de sa cellule

© Public Domain
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La chrétienne, accusée de blasphème, prie inlassablement dans l’attente d’une nouvelle audience devant la Cour suprême.


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« Aie pitié de moi, Seigneur », répète inlassablement Asia Bibi, minute après minute, seconde après seconde, pendant ses longues journées au fond de sa cellule, dans la prison féminine de Multan, au Pakistan. Les trois cellules à côté de la sienne sont vides. Elle est totalement isolée. Ses prières rythment son Carême comme une respiration. Celle de la « prière du cœur « , si bien décrite dans les « Récits d’un pèlerin russe », un chef d’œuvre spirituel de l’orthodoxie russe, du XIXe siècle. Pourtant aucun maître spirituel ne le lui a appris. C’est une grâce, une force qui lui vient d’en haut, la réconforte et la soutient dans cette vie de détention qui n’en finit plus.

« Son acquittement en avril serait le plus beau des cadeaux de Pâques », espèrent ses défenseurs.

Assise face à Dieu

Sur la chrétienne, mère de cinq enfants, pèse une condamnation à mort pour blasphème, prononcée en 2009 et confirmée en 2014. Huit ans après, elle est toujours dans l’attente que la Cour suprême tranche : confirmer la peine capitale ou la libérer et proclamer son innocence. Asia Bibi supporte son calvaire en priant. Pendant qu’elle range sa cellule, pendant qu’elle cuisine (elle a une permission spéciale), pendant qu’elle fait ses promenades quotidiennes et se dégourdit les jambes. Mais seule, toujours seule.

Elle prie, assise face à Dieu, sa Bible sur les genoux, demandant réconfort et salut, portée par cette confiance et cette espérance que seule une très grande foi, une foi pure, est capable de susciter, détachée de toute prétention intellectualiste ou tentative de comprendre rationnellement les raisons du sort qui lui a été réservé : celui d’une innocente condamnée à mort. Face à ce destin, seule la foi, l’image du Christ devant elle, est capable d’apporter à Asia un peu de paix.

Il y a quelques jours, Asia a envoyé un message à son mari, Ashiq Masih, grâce au précieux soutien d’une gardienne de la prison, chrétienne, qui lui est très proche. Elle a demandé une rencontre, suscitant d’ailleurs une certaine appréhension dans sa famille. Comme appris par Vatican Insider, la rencontre a eu lieu le 6 mars. L’époux d’Asia était accompagné de Joseph Nadeem, le tuteur de la famille et responsable de la fondation Renaissance Education Foundation de Lahore, qui accueille et s’occupe de l’instruction des enfants d’Asia et règle, en même temps, les dépenses judiciaires.


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 Son acquittement, le plus beau des cadeaux de Pâques

« Asia va bien. Sa vue a baissé et elle a besoin de lunettes », raconte Joseph Nadeem à Vatican Insider. « Elle a demandé à nous voir pour avoir des nouvelles sur la situation politique et savoir où en était son jugement, après le renvoi du procès devant la Cour suprême », sur désistement d’un juge, en octobre 2016. À ce sujet, le tuteur de la famille a fait savoir qu’une instance sera présentée dans le courant du mois de mars pour demander une nouvelle audience devant la Cour. Laquelle, a-t-il souligné, pourrait avoir lieu en avril, et aboutir à l’acquittement d’Asia qui serait alors « le plus beau des cadeaux de Pâques », a-t-il souhaité.

Au Pakistan, la situation politique et sociale serait en effet favorable et l’avocat musulman Saiful Malook, l’un des avocats d’Asia Bibi, expert en loi islamique, et considéré « la clef de voûte » dans cette affaire judiciaire, compte en profiter. Au plan politique, l’attention de l’opinion publique est centrée sur les débats qui agitent l’exécutif pakistanais (lutte contre le terrorisme et scandales de corruption), et sur les rapports tortueux avec les pays voisins comme l’Inde et l’Afghanistan qui font la Une des médias.

Les défenseurs d’Asia Bibi ont confiance. Ils restent convaincus qu’au vu des preuves et de la reconstruction de l’affaire présentée aux magistrats, Asia Bibi pourrait être acquittée en dernière instance devant la cour suprême. « Il faut respecter les temps de la justice et procéder par étape », affirment les avocats. Même si le système judiciaire, avec une condamnation en première instance et confirmée en appel, n’a donné aucune preuve jusqu’à maintenant de neutralité et équité, pour les défenseurs d’Asia « les procédures judiciaires ne sont pas finies et il ne sera possible de tracer un bilan qu’à la fin de la troisième instance ».

Soutien matériel et prières en abondance

En attendant il faut couvrir les frais de justice qui sont considérables. Joseph Nadeem, le tuteur de la famille, n’hésite pas à lancer un nouvel appel aux entreprises et organismes privés, ou simples particuliers, pour apporter leur soutien financier, en passant par la Renaissance Education Foundation de Lahore ».

À côté du soutien matériel, très important également le soutien spirituel : « Nous demandons à tous ceux qui ont a cœur le sort d’Asia Bibi, de prier inlassablement pour elle, elle qui ne cesse de s’en remettre aux prières du Pape ». Asia est convaincue que le Seigneur Dieu écoutera sa prière. « Dieu écoute la prière de l’opprimé, et elle y croit de tout son être », a conclu J. Nadeem.

Article traduit et adapté de l’italien par Isabelle Cousturié.

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