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La conversion de cette musulmane a commencé par un songe avant de devenir un cauchemar

© Khashayar Elyassi CC
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Découvrez l'histoire incroyable d'une iranienne qui a rencontré le Christ à l'âge de 15 ans.

« Marie » n’est que l’un des noms d’emprunts dont s’affuble cette informaticienne de 30 ans. Dans la discrétion d’un studio parisien, elle participe à l’œuvre du père Humblot : l’accompagnement des catéchumènes de langue persane, pour la plupart d’entre eux, anciens musulmans. Des Iraniens, des Afghans, des Pakistanais qui, à la lettre, « laissent tout derrière eux », à commencer par leurs familles. Ils illustrent l’Évangile selon saint Matthieu (10, 34-37) :

Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison. Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.

L’amour de Jésus les oblige à rompre avec les leurs et cela engendre des situations comme celle de Marie.

Une femme de 15 ans défie son clan

L’histoire de Marie commence par un songe, comme c’est souvent le cas des histoires de convertis musulmans. Rêvant des souffrances de Jésus lors de sa Passion, elle scandalise sa famille, fervente musulmane, car selon le Coran, Jésus n’est pas mort sur la croix. Elle ne comprend pas les révélations qui lui sont faites avant de rencontrer une Arménienne, qui lui confie un Évangile. Mais à partir de ce moment son chemin de conversion se complique, car elle découvre que les églises se montrent excessivement méfiantes à l’égard des musulmans qui souhaitent devenir chrétiens. Elle ne pouvait pas comprendre, à cette époque, que cette attitude est dictée par la prudence : les églises chrétiennes d’Iran subsistent tant qu’elles ne menacent pas le pouvoir des Ayatollahs. Or, si elles proclament l’Évangile aux non-chrétiens, elles deviennent aussitôt un « élément de subversion » aux yeux du pouvoir. De « faux convertis » viennent parfois les tester et leur méfiance est ancrée dans l’Histoire, émaillée des massacres commis contre leurs communautés.

Marie aux évêques : « Vous n’êtes pas chrétiens ! »

Mais Marie ignore tout cela et, armée des Évangiles, elle s’insurge de l’attitude de ces chrétiens apparemment si peu disposés à partager la parole de Dieu. Elle, la musulmane de 15 ans, discrète, élevée dans le respect de l’autorité de la famille et des ayatollahs, débarque au milieu d’une réunion d’évêques chaldéens et leur jette à la face : « Vous n’êtes pas chrétiens ! » Devant son culot, ils décident de prendre le risque de la faire accompagner par un prêtre. Elle obtient en fin de compte le baptême. Mais sa famille l’apprend.

Une chrétienne dans une famille de musulmans

Elle est née dans une famille musulmane chiite très pratiquante. La tombe de son grand-père est un lieu de pèlerinage. À 15 ans, elle est déjà mariée à un homme, bien plus âgé qu’elle, et qui possède d’autres épouses. Lorsqu’il apprend son baptême, il la répudie, après l’avoir dépouillé de son argent. Elle rentre à la maison, où son père l’attend sur le pas de la porte, avec un gourdin. Elle est battue, insultée, on l’enjoint de redevenir musulmane. Sa colonne vertébrale porte encore les séquelles de ce passage à tabac. Mais ce qui la blesse le plus profondément, c’est de voir que sa mère, qu’elle aimait beaucoup, participe à la bastonnade. Ulcéré, son père finit par l’arroser d’essence et gratte une allumette, mais le feu ne prend pas : les allumettes sont mouillées d’essence et ne fonctionnent plus. En désespoir de cause, il l’enferme dans sa chambre et lui dit : « Si dans trois jours tu ne t’es pas convertie, je te tue ».

Marie quitte tout

Sa sœur la sauve, une nuit, en déverrouillant la porte et Marie prend la fuite. Elle apprendra ensuite que sa sœur a eu les deux bras cassés pour son geste. Cachée à Téhéran, elle apprend que ses frères la cherchent et est horrifiée de trouver des affiches avec son portrait intitulée : « Aidez-nous à retrouver notre sœur ». Le père Humblot la prend en charge et parvient à l’exiler jusqu’en France, via la Turquie, en payant quelques bakchichs. Non sans quelques sueurs froides : « Lors d’un contrôle, se souvient le père Humblot, des soldats ont fouillé toute la voiture, sauf l’élément qui me compromettait : la sacoche où étaient mes Évangiles en persan… Je vous assure qu’il y a un Bon Dieu ! »

Une iranienne au Sacré-Cœur

Elle a fui jusqu’à Paris où elle a fait connaissance avec un réseau d’anciens musulmans. L’un d’entre eux, qui était passé par la Suède, lui dit un jour : « C’est curieux, j’ai rencontré une femme qui te ressemble ». Il apporta à Marie une photo de l’énigmatique inconnue, et elle reconnut sa sœur, celle-là même qui avait eu les bras brisés pour l’avoir sauvé. Elle s’était convertie elle aussi et s’était réfugiée en Suède. Les deux sœurs étaient sans nouvelles l’une de l’autre depuis la fuite de Marie. Celle-ci s’est construite une nouvelle vie, sous une fausse identité et sa sœur est la seule personne de sa famille avec laquelle elle communique. Elle s’est prise d’amour pour la Basilique du Sacré-Cœur de Paris, dont elle gravit les marches, quand les douleurs dans sa colonne vertébrale la laissent en paix. Marie l’informaticienne rend d’estimés services au père Humblot qui continue à accompagner des convertis issus du monde persan, avec une équipe d’anciens musulmans.

On recherche des ordinateurs portables

Le père Humblot est perpétuellement en panne de livres saints, d’Évangiles et de catéchismes en persan à donner à ses ouailles. Il a trouvé une solution à ce problème : récolter de vieux ordinateurs portables et les donner avec tous les grands textes qu’on lui demande habituellement, numérisés. Donc si vous avez sur vos étagères l’un de ces engins qui prend la poussière, mais qui est en état de marche, contactez-le à pierre.sdv@gmail.com, votre vieil ordinateur trouvera une nouvelle vie !

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