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La recette du Pape pour bien vivre son Carême

© Antoine Mekary / ALETEIA

Pope Francis arrives at Saint Peter square to lead his weekly general audience on September 21, 2016 in the Vatican. © Antoine Mekary / ALETEIA

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À la messe du mercredi des Cendres, le Saint-Père a appelé à laisser le souffle de l’Esprit chasser toutes les attitudes asphyxiantes.

Le Carême, « c’est désirer ardemment le souffle de vie que notre Père nous donne » pour nous libérer de « cette asphyxie étouffante » dont, le plus souvent, « nous n’avons pas conscience et que nous finissons par trouver normale », a expliqué le pape François en célébrant la messe du mercredi des Cendres, premier jour de Carême, en la basilique Sainte-Sabine à Rome, le 1er mars. Pendant cette période de « grâce », le Saint-Père invite les catholiques à dire un grand « non » à tout ce qui « pollue » leur esprit, à prendre la route qui conduit l’homme « de l’esclavage à la liberté, de la souffrance à la joie, de la mort à la vie ».

Le Pape, au cours de la messe, a béni, reçu et imposé les cendres sur le crâne et non sur les fronts, de cardinaux, de bénédictins, de dominicains, ainsi que des laïcs, présents à la messe, rapporte I.Media, après les avoir reçues lui-même des mains du cardinal slovaque Jozef Tomko, titulaire de Sainte-Sabine. À l’intérieur comme à l’extérieur, une centaine de personnes ont été bénies par le Saint-Père, qui les a encouragés à « recommencer à respirer », à profiter de ce temps de Carême pour « ouvrir le cœur au souffle de l’Unique capable de transformer notre poussière en humanité ».

Revenir au « bon air » des origines

Dieu souffle son Esprit de vie sur chaque homme, et veut « continuer à le faire », a souligné le souverain pontife au cours de son homélie. Il faut Le laisser faire, car lui seul à « le pouvoir de nous sauver des autres types de souffle que sont toutes ces attitudes « asphyxiantes » — « l’égoïsme », « les ambitions mesquines », « l’indifférence silencieuses » et « les paroles vides de sens, la critique grossière et rapide, les analyses simplistes… » — qui « éteignent la foi », « refroidissent » la charité et « détruisent » l’espérance. Entrer en Carême, c’est être prêt à dire « non, ça suffit » à cette « asphyxie » qui « étouffe l’esprit, réduit l’horizon et anesthésie les battements du cœur », a insisté le Pape. C’est être prêts à quitter l’air auquel « nous sommes habitués » – « un air de tristesse et de résignation, un air étouffant de panique et d’hostilité », a-t-il regretté – pour un autre air qui « nous rappelle notre condition d’origine » : « Nous avons été tirés de la terre, nous sommes faits de poussière. Oui, mais poussière dans les mains amoureuses de Dieu qui souffle son Esprit de vie sur chacun de nous ».


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« Revenez à moi de tout votre cœur, […] revenez au Seigneur votre Dieu » (Jl 2, 12-13) : c’est le cri par lequel le prophète Joël s’adresse au peuple au nom du Seigneur. Personne ne pouvait se sentir exclu : « Rassemblez les anciens, réunissez petits enfants et nourrissons; […] le jeune époux […] et la jeune mariée ». Tout le peuple fidèle est convoqué pour se mettre en chemin et adorer son Dieu, « car il est tendre et miséricordieux, lent à la colère et plein d’amour ». Nous voulons nous aussi nous faire l’écho de cet appel, a exhorté le Pape, nous voulons revenir au cœur miséricordieux du Père. En ce temps de grâce, a-t-il invité, « fixons une fois encore notre regard sur sa miséricorde », car le Carême est un chemin : « Le chemin qui nous conduit à la victoire de la miséricorde sur tout ce qui cherche à nous écraser ou à nous réduire à quelque chose qui ne convient pas à la dignité des fils de Dieu ».

Le temps des interrogations

Mais le Carême est aussi le moment idéal pour s’interroger : « Qu’en serait-il de nous si Dieu nous avait fermé la porte ? Qu’en serait-il de nous sans sa miséricorde qui ne s’est pas lassée de pardonner et qui nous a toujours donné l’occasion de recommencer à nouveau ? (…) Où serions-nous sans l’aide de tant de visages silencieux qui, de mille manières, nous ont tendu la main et qui, par des gestes très concrets, nous ont redonné l’espérance et nous ont aidé à recommencer ? ». Il ne s’agit pas de « déchirer nos vêtements face au mal qui nous entoure », a rassuré le Pape dans une métaphore dont lui seul a le secret, mais plutôt de « faire de la place dans notre vie à tout le bien que nous pouvons faire, en nous dépouillant de tout ce qui nous isole, nous ferme et nous paralyse ».

Le Carême est donc une bonne occasion pour découvrir « l’altérité », qui constitue le cœur du message de Carême de 2017 : « La Parole est un don. L’autre est un don », dans lequel le Pape appelle les catholiques à méditer tout particulièrement sur « l’attachement à l’argent, source de tous les maux, cause principale de la corruption et source de jalousies, litiges et soupçons ».

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