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Pape François : « La faiblesse de la réaction politique internationale à propos de l’écologie est frappante »

© ALESSIA GIULIANI/CPP
© ALESSIA GIULIANI/CPP
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Dans son encyclique Laudato si', le Pape François condamne fermement les tendances politiques qu’il a observées.

« La faiblesse de la réaction politique internationale est frappante. La soumission de la politique à la technologie et aux finances se révèle dans l’échec des sommets mondiaux sur l’environnement. […] Ainsi, on peut seulement s’attendre à quelques déclarations superficielles, quelques actions philanthropiques isolées, voire des efforts pour montrer une sensibilité envers l’environnement, quand, en réalité, toute tentative des organisations sociales pour modifier les choses sera vue comme une gêne provoquée par des utopistes romantiques ou comme un obstacle à contourner. » (§54).

C’est une pensée de la politique mise en crise par la corruption, la technocratie et la soumission aux intérêts économiques. L’impuissance politique se mesure d’ailleurs principalement à l’aune d’enjeux écologiques croissants et non pris en compte. Face à cette inefficacité du pouvoir politique, le Pape adopte dans l’encyclique des accents quasi révolutionnaires : « Pourquoi veut-on  préserver aujourd’hui un pouvoir qui laissera dans l’histoire le souvenir de son incapacité à intervenir quand il était urgent et nécessaire de le faire ? » (§57).

Mais alors que faire ? Le Pape transforme cette crise en espérance en nous appelant à une « conversion », où que nous soyons, pour que nous devenions à notre échelle force d’initiative et de changement. Et cette conversion est une évolution de regard, de perception du monde, qui peut se résumer comme suit :

« Pour la tradition judéo-chrétienne, dire “création”, c’est signifier plus que “nature”, parce qu’il y a un rapport avec un projet de l’amour de Dieu dans lequel chaque créature a une valeur et une signification. La nature s’entend d’habitude comme un système qui s’analyse, se comprend et se gère, mais la création peut seulement être comprise comme un don qui surgit de la main ouverte du Père de tous, comme une réalité illuminée par l’amour qui nous appelle à une communion universelle […]. La création est de l’ordre de l’amour. L’amour de Dieu est la raison fondamentale de toute la création » (§76-77).

L’écologie chrétienne pense ainsi un homme qui n’est pas qu’un être de besoin, mais aussi un être spirituel, dans un monde lui aussi investi de présence divine. Mais elle pense aussi un homme qui n’est pas qu’un être spirituel mais aussi une créature d’ici-bas, dans un rapport au divin qui n’est pas que dans son cœur et dans sa conscience, mais qui réinvestit le monde. Puisque l’homme, être spirituel, se place à la tête d’une création aspirant elle aussi au spirituel, le rôle qui lui est dévolu est celui du père de famille, selon l’imagerie chrétienne traditionnelle.

Pour les chrétiens, le récit du déluge subi par Noé donne une marche à suivre extrêmement exigeante : il faudrait protéger la vie sous toutes ses formes. Celle du Christ l’est tout autant, qui nous donne l’exemple lors des tentations qu’il subit au désert, sorte de mise en acte des béatitudes relatées quelques pages plus loin. « Si tu es le fils de Dieu… » : en répondant, dans ce récit, par une sobriété constante, le Christ donne au chrétien l’exemple des relations à adopter face à l’avoir, au savoir, au pouvoir. Il arrache le croyant au rêve de toute-puissance. C’est ainsi que François pousse plus loin que le discours sur la limite de ses prédécesseurs : le terme de « sobriété », repris sept fois dans l’encyclique, est par deux fois accolé du qualificatif « heureux ». Cette frugalité est présentée comme un processus de paix et de joie. En atteste le choix du titre : un cantique de louange chanté par un saint François pauvre, malade, à quelques années de sa mort et pourtant émerveillé. « Marchons en chantant ! », conclue le Pape (§244).

Le Pape illustre le besoin d’une mobilisation spirituelle, philosophique, psychologique pour répondre aux enjeux environnementaux, dans un souci de provoquer des conversions individuelles et de s’adresser au cœur de chacun. Sa réflexion est à la fois « joyeuse et dramatique » (§246). D’une part en effet, le qualificatif « grave » est employé à de nombreuses reprises, il est admis que les prévisions peuvent à raison être « catastrophistes » (§161), et les demi-mesures, justes milieux, ou réponses superficielles sont écartés de façon péremptoire (§194) : il est « urgent » et « impérieux » de changer de paradigme, dans la crainte que la situation n’empire de manière irréversible (§26). D’autre part, pourtant, si nous prenons la mesure de l’enjeu qui s’offre à nous, si nous reconnaissons la nécessité d’une « conversion écologique » (§216-221), l’encyclique Laudato si’ promet que ce processus comprend une large part de paix, de joie, et de louange. C’est d’abord l’émerveillement et le sentiment de fraternité qui doivent conduire à la sobriété et aux actions de protection (§11), jamais la contrainte. L’urgence peut n’avoir rien d’une catastrophe et tout d’une opportunité de conversion et d’accession au salut.

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