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Le grand entretien (1/2). Camille Pascal : « Pourquoi la France est considérée comme la fille ainée de l’Église ? »

© AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE
© AFP PHOTO / LIONEL BONAVENTURE
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Historien, haut-fonctionnaire, Camille Pascal vient de publier « Ainsi Dieu choisit la France », récit de la longue histoire de la France avec la foi chrétienne.

Aleteia : Qu’est-ce qui a poussé l’ancien conseiller du Prince, le mémorialiste des Scènes de la vie quotidienne à l’Élysée (2012) à rédiger un tel livre ?
Camille Pascal : C’est justement le fait d’avoir travaillé pour Nicolas Sarkozy sur de nombreux discours dans lesquels il était question des racines chrétiennes de la France. J’ai voulu comprendre pourquoi cette filiation s’imposait comme une évidence tout en faisant, parfois, polémique. Or s’il suffit de se promener dans les rues de nos villes ou dans la campagne française pour constater que l’identité de notre pays est marquée très profondément par le catholicisme, il était plus difficile de trouver une réponse historique à cette question : pourquoi la France est considérée comme la fille ainée de l’Église ?

Dès que vous abordez ce sujet, vous avez le choix entre tout un fatras de « bondieuseries » saint-sulpiciennes ou la vindicte laïcarde… J’ai écrit mon livre pour permettre à ceux que cette question intéresse de sortir de cette seule alternative.

Vous assumez la veine du roman national et d’une histoire qui préfère transmettre qu’empiler des faits froidement, Camille Pascal contre Patrick Boucheron ?
L’entreprise éditoriale de Patrick Boucheron est clairement assumée, il s’agit d’écrire une Histoire de France qui justifie sa déconstruction et son ravalement au rang de simple territoire. Pour les auteurs de ce livre, épigones d’un structuralisme dévoyé, la France n’est en réalité qu’une « auberge espagnole » où chacun serait venu avec « sa différence ». Ainsi, la France aurait été, en réalité, construite par tout ce qui lui était étranger.

Pour être tout à fait franc, je pense que ce livre, malgré le soutien médiatique dont il bénéficie n’aura, à terme, aucune portée intellectuelle car le postulat idéologique qu’il cherche à illustrer est déjà obsolète. Ce que je trouve plus inquiétant, en revanche, c’est qu’un professeur au Collège de France – spécialiste de l’Histoire de l’Italie soit dit en passant – et une centaine d’universitaires se soient prêtés à un exercice de démantèlement de l’idée même de Nation, dont le concept a été forgé par la Révolution Française. Or il se trouve que cette Nation à laquelle ces auteurs refusent toute identité « nationale » reste, à ce jour, leur principal employeur. La liberté académique permet-elle la négation de ce qui fait le ciment de la communauté nationale ? Il serait peut-être temps de s’interroger sur ce qui apparaît comme le dernier avatar de la « trahison des clercs ».

Quant au « roman national », il n’est rien d’autre que l’utilisation de la littérature et des innombrables « effets » qu’elle permet au service de la transmission d’une Histoire commune. Loin de travailler à un essai historiographique sur les relations de l’Église et de l’État en France, j’ai voulu écrire un livre qui « parle » à celui qui le lit et qui lui permette de se transporter dans des temps qui nous paraissent si lointains que nous les traitons parfois avec beaucoup de désinvolture, pour ne pas dire de mépris…

C’est ainsi que tout en conservant la plus grande rigueur sur les faits comme sur leur interprétation, j’ai fait le choix de l’Histoire récit contre cette Histoire « scientiste » qui, en réalité, ne raconte plus rien.

Votre ouvrage s’inscrit dans une contre-offensive d’ampleur de ceux qui aiment la France et son histoire. Si l’on en croit les ventes, ce sont d’ailleurs ces ouvrages qui rencontrent un large succès, plutôt que ceux de la repentance et de la culpabilisation vantés par les élites intellectuelles, comment analysez-vous cette césure ?
Le succès éditorial de mon livre est, en soi, un petit miracle car au-del de la presse conservatrice et catholique ou encore de la « cathosphère », il a été accueilli dans un silence assourdissant ! Cela étant dit, ce silence est déjà le signe que quelque chose change et que la domination intellectuelle des « historiocrates », comme Patrick Boucheron, est en train de s’effondrer sur elle-même car il y a vingt ans, mon livre aurait été, au mieux ridiculisé, au pire insulté, et l’on aurait conseillé à son auteur de se soigner.

Ce qui est très intéressant à observer aujourd’hui, c’est la panique des élites intellectuelles et médiatiques, qui ne sont en réalité rien d’autre que les « héritiers » et donc les « apparatchiks » de la « Révolution soixante-huitarde », face à la contestation  de leur position dominante. Je suis convaincu que l’on étudiera un jour Patrick Boucheron, non pas pour son « œuvre », mais pour ce que son parcours universitaire et institutionnel raconte de cette lutte désespérée pour garder le pouvoir intellectuel.

Ne vous y trompez pas, ce n’est pas nous qui sommes à la « contre-offensive » mais eux !

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