Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Hymne à la vie

© finwal89 / Shutterstcok
Partager

Dans son dernier recueil, "Un souffle de fin silence", Jacques Gauthier entame une véritable quête poétique à travers les différents âges de la vie.

Un poète ne raconte pas sa vie. Il l’évoque : il en fait apparaître ce qui lui donne sens. Avec les mots, sur fond de silence, il a tout pouvoir. Le coquillage du souvenir, appliqué à l’oreille interne, lui restitue le poème originel, l’entrée dans son histoire – et c’est comme le film très pudiquement charnel de sa naissance. La méditation du soir lui permet d’anticiper sa mort – et c’est une hymne à cette nouvelle entrée dans la Vie, splendide testament spirituel sur « l’art de mourir en joie. »

Il ne faut surtout pas lire le recueil de Jacques Gauthier avec des soucis de chronologie ou d’identification. Oui, il y a des époques et des épisodes qui jalonnent cette vie d’homme, il y a des présences familiales, des hommages par les épigraphes à des poètes ou chanteurs canadiens. Mais l’essentiel est la part que l’on peut prendre, de cœur et d’esprit, à ce cheminement, sous le signe de la quête. « La quête n’est plus la même / depuis que le souffle me poursuit… » À ces mots, on comprend ce que l’on pressentait : Patrice de La Tour du Pin, l’auteur de Quête de joie, dont Jacques Gauthier est un fervent connaisseur, l’accompagne. « Réveille-toi ma joie / l’aurore flamboie… »

À chacun de faire siennes les résonances de ces quatre temps, Commencement, Enfantement, Enracinement, Effacement, emportés en un seul mouvement, à chacun de choisir ses signes, le souffle, le silence, la neige, les livres, « enfants de papier et de beauté ». À chacun de glaner ses mots, « petits cailloux noirs » jetés sur le chemin : « Je me rappelle Aiguebelle / ces arômes de lavande… » ; ou ce haïkaï : « Je brode de l’éternel / avec le temps qui file / immuable » ; ou le beau conte du « rossignol du carmel ». Mais une séquence s’imposera à tous : « Petit garçon couché sur le ventre… » C’est l’enfant au pull rouge comme endormi sur la plage, petite victime d’un drame migratoire, dont l’image a fait le tour du monde. Devant elle, seul le murmure du poème, quand il se fait prière.

L’homme n’est qu’un détour entre Dieu et Dieu. L’histoire d’une vie, c’est le drame d’une attente de Dieu. Voilà ce que chante ce recueil de fin silence. Jacques Gauthier le met sous un verset de saint Jean : « Ainsi va tout homme né du Souffle ». Arrivé « À la fin », qui est comme l’à Dieu du recueil, je songe à un vers de Patrice de La Tour du Pin : « Tout homme est une histoire sacrée. » Le poète inspiré, au souffle de l’Esprit, est celui qui donne sens au mot sacré.

un-souffle-de-fin-silence-couv

Un souffle de fin silence de Jacques Gauthier. Montréal, éditions du Noroît, 2017, 84 pages.

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]