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Le mot de la semaine : « centrisme »

© JACQUES DEMARTHON / AFP
© JACQUES DEMARTHON / AFP
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Que signifie donc le ralliement de François Bayrou à Emmanuel Macron ?

Mercredi 22 février dernier, le président du Modem François Bayrou a proposé une alliance au candidat Emmanuel Macron, renonçant à se présenter en son propre nom. Que signifie réellement le soutien d’une figure politique comme François Bayrou au candidat d’En Marche !, qui avait jusqu’ici tout fait pour ne pas ancrer sa candidature dans un camp ?

Vieille tradition française, le centre n’aura jamais réussi à imposer le tripartisme sous la Ve République, même s’il a pu connaître ses heures de gloire avec l’élection de Valery Giscard-d’Estaing en 1974. La raison principale à cela tient en un slogan succinct : le centre, c’est la droite. François Bayrou lui-même n’a exercé de fonction ministérielle que sous les gouvernements d’Edouard Balladur et Alain Juppé, et son parti, à l’échelle locale, a toujours naturellement incliné aux alliances avec la droite. L’indépendance relative du Modem depuis quelques années n’est due qu’à l’épisode du sarkozysme, dont l’image était trop incompatible avec celle de la droite rurale que représente le centre – ce qui explique le succès relatif des élections de 2007 pour l’UDF.

Les autres pays européens n’ont pas de centrisme comparable au nôtre. Ils connaissent souvent, au-delà de leur parti social-démocrate et de leur parti conservateur, un parti libéral qui arbore un programme économique de droite et un programme sociétal de gauche. Dans certains États, comme en Allemagne, en Italie ou au Royaume-Uni, la troisième voix libérale a pu réussir à s’imposer, avant de se résorber en étant idéologiquement absorbée… par la gauche. En France, le complexe du PS qui l’empêche de parachever sa mue libérale laisse une place pour une force comme celle que constituèrent jadis les libéraux-démocrates en Angleterre, le parti libéral-démocrate en Allemagne ou la Baleine Blanche en Italie. Emmanuel Macron est l’excroissance naturelle d’une gauche qui attend désespérément l’officialisation de son ralliement au libéralisme : en 2017, le candidat du Parti socialiste n’est pas au Parti socialiste.

Que signifie donc le ralliement de Bayrou ?

Que signifie donc le ralliement de Bayrou, éternel supplétif de la droite, au macronisme, exo-squelette d’avant-garde du PS ? Tout simplement que la convergence entre les conservateurs libéraux et les libéraux progressistes est en train de s’achever. C’est un phénomène, là encore, auquel de nombreux pays européens sont habitués depuis fort longtemps : la fusion de la gauche et de la droite, permise par l’indistinction totale de leurs programmes économiques entièrement libéraux. Ne restent plus que les ajustements sociétaux (on devine Bayrou plutôt sensible à la ruralité, à la famille et à l’autorité, quand Macron vante les villes, l’entreprise et l’innovation). Rat des villes et rat des champs mangent à la même meule.

Ce que donnera ce ralliement ? Sans doute pas grand-chose en terme de voix. Le Modem reste un parti relativement insignifiant électoralement, qui a récolté à peine 450 000 suffrages aux dernières législatives (près de 4 fois moins que le Front de Gauche). Tout au plus peut-on supposer que ses électeurs sont fidèles et suivent l’aiguille même lorsque la boussole indique le sud. À court terme, les sondages devraient donc indiquer un petit regain d’enthousiasme pour le personnage d’Emmanuel Macron. Mais l’intérêt de cet épisode est ailleurs.

Loin d’être un jeu d’alliance en marge des partis ou le pari d’arrivistes sans programme, la noce Macron-Bayrou est le symbole qui annonce la réorganisation à venir de notre vie politique. Le clivage gauche-droite n’en finit plus de mourir.


Découvrez le précédent mot de la semaine : (dé)colonisation


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