Recevez la newsletter d'Aleteia chaque jour!
Chaque jour, du beau, du bon et du vrai avec la newsletter d'Aleteia!
Je m'abonne gratuitement!

Vous ne souhaitez pas faire de don ?

Voici cinq façons d'aider Aleteia:

  1. Prier pour notre équipe et le succès de notre mission
  2. Parler d'Aleteia dans votre paroisse
  3. Partager les articles d'Aleteia avec vos amis et votre famille
  4. Désactiver votre bloqueur de pub quand vous êtes sur Aleteia
  5. S'abonner à notre newsletter gratuite et la lire tous les jours

Je vous remercie!
L'équipe d'Aleteia

 

Souscrire

Aleteia

Les racines chrétiennes du Carnaval de Venise

Alberto PIZZOLI / AFP
Revellers dressed in masks and period costumes take part in the Venice Carnival on February 19, 2017 in Venice. / AFP PHOTO / Alberto PIZZOLI
Partager

Du 18 au 28 février, les traditions vénitiennes annoncent le début du Carême.

L’édition 2017 d’un des carnavals les plus touristiques au monde a officiellement débuté le 18 février, avec dès le lendemain le classique « vol de l’Ange » sur la place Saint-Marc, réalisé par Claudia Marchiori. Le pré-carnaval, chargé d’introduire en douceur le Carnaval, comme pour dérouler lentement l’histoire de son avènement, ouvrait la cérémonie le 11 février dernier. Il s’agit d’un prologue où le public costumé est absent. La grande parade nautique du début de soirée est spectaculaire, des bateaux décorés parcourent le canal de Cannaregio et animent la ville dans ses profondeurs. Le lendemain matin, une autre parade se fait de jour. Quelques jours après, les masques et les costumes emplissent la ville, ils rivalisent de beauté tout en respectant un minimum de règles… pour mieux en transgresser d’autres.

Un tradition qui débute 10 jours avant le Carême

La tradition du Carnaval de Venise remonte au Moyen-Âge, à la fin du XIe siècle quand le doge Vitale Falier donne le droit à la population de célébrer la puissance de la ville en 1094, dans les jours précédant le carême, ou carnis laxatio (abandon de la chair). Il commence donc dix jours avant le Mercredi des Cendres, jour d’entrée dans le Carême. Depuis, Venise est devenue la ville emblématique de l’amour et de la beauté et connue pour être la République des masques. Célèbre dans le monde entier, l’origine sociale du Carnaval s’est effacée pour devenir une attraction, un spectacle sophistiqué, plein de mystères. Les jeux, les masques, les costumes et les défilés participent du raffinement de rigueur pour l’événement. Le costume traditionnel masculin est une longue cape noire, appelée tabarro, un masque blanc, appelé bauta et un tricorne, hérité du XVIIIe siècle. Le costume féminin est plus fastueux, avec une robe, un masque souvent plus décoré et un chapeau recherché.

A l’origine, le but du Carnaval est d’abolir les différences sociales et leurs contraintes, en inversant les rôles, mais aussi d’offrir la liberté de transgresser certaines règles, grâce au port du masque et du costume qui servent à cacher l’identité. Les habitants devenaient, en quelque sorte, les personnages naïfs, rusés et ingénieux d’une commedia dell’arte géante. Dans l’anonymat et dans la joie, chacun pouvait prétendre être qui il voulait.

Au XVe siècle, le statut diplomatique et politique de premier plan acquis par Venise en Europe pousse la ville à vouloir montrer sa beauté et son élégance en l’honneur des souverains qui s’y rendaient de plus en plus. C’est à ce moment que la noblesse décide de contrôler davantage les fêtes, notamment pour s’assurer de montrer au monde l’image d’une population unifiée et glorieuse.

Le Carnaval de Venise : le symbole des carnavals urbains au XVIIIe siècle

« Bien que manifestant sa capacité à intégrer des rituels populaires, sa dimension célébrative et festive n’a cessé par la suite de se raffiner, au point qu’il est devenu au XVIIIe siècle le symbole par excellence des carnavals urbains où les princes et les membres des élites de toute l’Europe se donnaient rendez-vous. Il se transforma en un emblème de la civilité, de la police urbaine, de l’art de la conversation et de la dynamique du secret engendrée et stimulée par le processus de « civilisation des mœurs » décrit par Norbert Elias, explique un spécialiste de l’événement, Gilles Bertrand dans Histoire du Carnaval.

Le XVIIIe siècle est ainsi l’âge d’or du Carnaval avant sa disparition en 1797, au moment où les Français mettent fin à la République de Venise. Gravé dans les mémoires, ses images sont celles des courtisanes, de la musique d’opéra et des concerts en chambre, des peintures de Pietro Longhi et Canaletto, des pièces de Goldoni, de l’art de se masquer et de la liberté de l’anonymat. Ce n’est qu’en 1980 que le Carnaval renaît de ses cendres, sous l’impulsion de citoyens, de la municipalité de la ville, de La Fenice et de la Biennale de Venise.

Les plus beaux costumes proclamés le 26 février 

Cette année, les vainqueurs des deux catégories de concours de costumes : le plus beau costume masqué et le plus beau réalisé en fonction du thème de l’année, seront proclamés le 26 février. Le mardi 28, aura lieu le couronnement de la Marie choisie parmi le défilé de la Fête des Marie, qui sera chargée de réaliser le « vol de l’Ange » de l’an prochain. Et le Carême pourra commencer, austère, pénitent, mais plein de beaux souvenirs !

Newsletter
Recevez Aleteia chaque jour. Abonnez-vous
Aleteia vous offre cet espace pour commenter ses articles. Cet espace doit toujours demeurer en cohérence avec les valeurs d’Aleteia. Notre témoignage de chrétiens portera d’autant mieux que notre expression sera empreinte de bienveillance et de charité.
[Voir la Charte des commentaires]