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Les racines chrétiennes du Carnaval de Venise

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Alberto PIZZOLI / AFP

Carnaval de Venise, édition 2017.

Louise Alméras - publié le 20/02/17 - mis à jour le 18/05/22

Du 19 février au 1er mars, les traditions vénitiennes annoncent le début du Carême.

Le pré-carnaval de Venise, chargé d’introduire en douceur le Carnaval, comme pour dérouler lentement l’histoire de son avènement, ouvrait la cérémonie le 12 février dernier. Il s’agit d’un prologue où le public costumé est absent. Mais l’édition 2022 d’un des carnavals les plus touristiques au monde, elle débute officiellement ce 19 février. Pile-poil dix jours avant le Mercredi des Cendres, jour d’entrée dans le carême.

Célébrer la puissance de la ville avant le carême

La tradition du Carnaval de Venise remonte au Moyen-Âge. À la fin du XIe siècle quand le doge Vitale Falier donne le droit à la population de célébrer la puissance de la ville en 1094, dans les jours précédant le carême, ou carnis laxatio (abandon de la chair). Depuis, Venise est devenue la ville emblématique de l’amour et de la beauté, connue pour être la République des masques.

Célèbre dans le monde entier, l’origine sociale du Carnaval s’est effacée pour devenir une attraction, un spectacle sophistiqué, plein de mystères. Les jeux, les masques, les costumes et les défilés participent du raffinement de rigueur pour l’événement. Le costume traditionnel masculin est une longue cape noire, appelée tabarro, un masque blanc, appelé bauta et un tricorne, hérité du XVIIIe siècle. Le costume féminin est plus fastueux, avec une robe, un masque souvent plus décoré et un chapeau recherché.

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A l’origine, le but du Carnaval était d’abolir les différences sociales et leurs contraintes, en inversant les rôles, mais aussi d’offrir la liberté de transgresser certaines règles, grâce au port du masque et du costume qui servent à cacher l’identité. Les habitants devenaient, en quelque sorte, les personnages naïfs, rusés et ingénieux d’une commedia dell’arte géante. Dans l’anonymat et dans la joie, chacun pouvait prétendre être qui il voulait.

Au XVe siècle, le statut diplomatique et politique de premier plan acquis par Venise en Europe a poussé la ville à vouloir montrer sa beauté et son élégance en l’honneur des souverains qui s’y rendaient de plus en plus. C’est à ce moment que la noblesse a décidé de contrôler davantage les fêtes, notamment pour s’assurer de montrer au monde l’image d’une population unifiée et glorieuse.

Le Carnaval de Venise : le symbole des carnavals urbains au XVIIIe siècle

« Bien que manifestant sa capacité à intégrer des rituels populaires, sa dimension célébrative et festive n’a cessé par la suite de se raffiner, au point qu’il est devenu au XVIIIe siècle le symbole par excellence des carnavals urbains où les princes et les membres des élites de toute l’Europe se donnaient rendez-vous. Il se transforma en un emblème de la civilité, de la police urbaine, de l’art de la conversation et de la dynamique du secret engendrée et stimulée par le processus de ‘civilisation des mœurs’ décrit par Norbert Elias », explique un spécialiste de l’événement, Gilles Bertrand dans Histoire du Carnaval.

Le XVIIIe siècle est ainsi l’âge d’or du Carnaval avant sa disparition en 1797, au moment où les Français mettent fin à la République de Venise. Gravé dans les mémoires, ses images sont celles des courtisanes, de la musique d’opéra et des concerts en chambre, des peintures de Pietro Longhi et Canaletto, des pièces de Goldoni, de l’art de se masquer et de la liberté de l’anonymat. Ce n’est qu’en 1980 que le Carnaval renaît de ses cendres, sous l’impulsion de citoyens, de la municipalité de la ville, de La Fenice et de la Biennale de Venise.

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