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« Et les Mistrals gagnants » : un hymne à la vie bouleversant et joyeux

© Nour Films
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Découvrez le film documentaire d’Anne-Dauphine Julliand sur 5 enfants malades.

« Te raconter enfin qu’il faut aimer la vie

Et l’aimer même si le temps est assassin

Et emporte avec lui les rires des enfants

Et les mistrals gagnants »

Cette chanson de Renaud, chère au cœur de la réalisatrice, Anne-Dauphine Julliand, et qu’elle fredonnait pendant l’élaboration du projet de son film sans savoir qu’elle lui en fournirait le titre, clame haut et fort l’insouciance de l’enfance et invite à aimer la vie de manière inconditionnelle : « et l’aimer même si… ». C’est exactement ce que nous montre le film.

Et les Mistrals gagnants est un documentaire poignant et lumineux qui retrace, avec beaucoup de pudeur et de délicatesse, un morceau de la vie de 5 enfants gravement malades, Camille, Ambre, Tugdual, Charles et Imad, âgés de 5 à 9 ans. Ils ne se connaissent pas, mais ont en commun une spontanéité, un sens de la répartie, une maturité, qui donnent au film un caractère vivant et gai. On rit beaucoup plus qu’on ne pleure !

« Retrouver notre esprit d’enfant »

Telle est l’invitation lancée par Anne-Dauphine Julliand, qui nous engage à prendre exemple sur les enfants afin de goûter au bonheur. Leur capacité à vivre pleinement l’instant présent nous donne une magnifique leçon de vie et nous exhorte à retrouver notre esprit d’enfant, à vivre de manière instinctive. Un des enfants a répondu à un journaliste qui lui demandait : « Que fais-tu lorsque tu as mal ? » la simple évidence : « Bah, je pleure ». Pas de tabou, pas de gêne, mais la vie, tout simplement. Camille, 5 ans et demi, souffrant d’un neuroblastome depuis sa naissance, déclare à Anne-Dauphine, hors caméra : « Tant qu’on n’est pas mort, on est vivant ». La réalisatrice résume : « Je crois que la fameuse sagesse qu’une fois adulte nous cherchons tous à gagner, ce n’est rien d’autre que cette insouciance. Cette promesse de la vie. »

Une définition puissante du bonheur.

Autre évidence, qui saute aux yeux suite au visionnage du film : ces enfants sont heureux malgré la souffrance, malgré la lourdeur des soins, malgré la peur, et le disent. Tugdual nous confie, tout en prenant soin de ses plantes : « Je pense que rien n’empêche d’être heureux » ; bien qu’il subisse de lourds traitements suite à un cancer. Et Ambre, atteinte d’hypertension artérielle pulmonaire, nous dit tout simplement que « C’est comme ça qu’on est heureux, quand on a des gens autour de nous ».

« Insouciance n’est pas ignorance »,

souligne la réalisatrice. Car si ces enfants, malgré la maladie, incarnent l’insouciance, au sens où ils vivent l’instant présent sans s’apitoyer sur leur sort, ils ne sont pas pour autant ignorants. Ils connaissent parfaitement leur maladie, les soins qu’elle demande, la préoccupation qu’elle donne aux parents et même la fatale issue possible. Lors d’un échange avec son père, Imad, insuffisant rénal, le réconforte en lui disant que lorsqu’on lui greffera un rein, ses parents auront moins de soucis et pourront se reposer. Charles, atteint d’une maladie génétique de la peau, a insisté auprès d’Anne-Dauphine pour qu’elle filme son bain : « Si tu ne filmes pas le bain, ça ne sert à rien que tu filmes ma vie ». Et Camille d’affirmer : « Quand je serai mort, je ne serai plus malade ». Lucidité poignante qui ne les empêche pas de croquer la vie à pleines dents.

« Quand on ne peut pas ajouter des jours à la vie, ajoutons de la vie aux jours »,

écrit Anne-Dauphine dans son premier livre Deux petits pas sur le sable mouillé. C’est ce même message qui transparaît à nouveau dans le film, à travers la gentillesse et la délicatesse du personnel soignant, et à travers la force et la bienveillance des parents. Anne-Dauphine ajoute, à la suite d’une projection : « C’est le job des parents que de rendre leurs enfants heureux ».


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