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Liam Neeson : un croyant à Hollywood

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L'acteur qui joue un prêtre ayant apostasié dans le dernier film de Scorsese, "Silence", se confie sur sa propre foi, non dénuée de doute.

Andrew Garfield, qui a troqué les collants rouges et le masque de Spiderman pour la soutane de jésuite le temps du tournage de Silence, témoigne s’être rapproché du Christ. Son déclic ? Les Exercices de saint Ignace de Loyola auxquels il s’astreignait pour entrer dans son rôle. Il les a si bien intégrés qu’il lui arrivait de corriger le script en affirmant « non, un jésuite ne dirait pas ça ! ». Il a manifestement été marqué par cette pratique : « C’est une méditation sur le long terme, associée à des prières pour se représenter la vie du Christ, histoire après histoire, évangile après évangile (…) j’ai fini par réellement adorer le Christ ».

De la même façon, l’acteur qui lui donne la réplique dans le film, Liam Neeson a été profondément remué par les questions spirituelles posées par Silence de Scorsese. Pourtant, ce film n’a rien d’une hagiographie à la gloire de l’effort missionnaire !

« Dieu n’est pas un maître sévère »

Le film présente au contraire l’histoire de deux prêtres tenaillés par le doute, placés dans des situations inextricables, et finalement contraints à apostasier. La foi chrétienne est questionnée dans ses fondements, à commencer par son universalité. Les dirigeants japonais n’opposent pas au christianisme la seule brutalité des persécutions, mais ils le présentent comme une religion étrangère qui ne pourrait pas « prendre racine » dans leur pays. Pourtant Liam Neeson assure qu’il conserve la foi, et ajoute : « Si Dieu était un maître sévère, j’aurais abandonné la foi depuis longtemps ».

Sa foi s’accompagne de doute. Il se dit par exemple « intéressé » par les théories selon lesquelles des opioïdes naturellement présents dans le cerveau pourraient expliquer la foi et la religion. Il ne s’en définit pas moins comme croyant et analyse : « Je ne crois pas qu’il puisse y avoir de grande foi sans grands doutes ».

Ferreira l’apostat croyait en un Dieu d’Amour

Il s’est emparé de son personnage, le père Cristóvão Ferreira, qui a réellement existé. Ce prêtre jésuite portugais fut soumis à la torture par les Japonais et finit par apostasier. Liam Neeson, de son côté, a supposé, en incarnant le père Ferreira, qu’il conservait en son for intérieur l’idée d’un Dieu d’Amour. « Mais c’est ce que j’ai choisi de croire par moi-même », précise-t-il. Il envisage la possibilité que la décision d’apostasier, prise par Ferreira, lui permettrait de servir ce peuple d’une façon différente. Elle lui donnait la possibilité d’apprendre la langue et la culture, et peut-être d’avoir une influence positive sur cette société si lointaine et différente. L’acteur ne cache pas que cette conviction s’appuie sur son expérience personnelle : « Dieu est Amour, l’amour est Dieu. J’expérimente personnellement la beauté et l’apaisement que génèrent l’Amour de Dieu, tels que les Psaumes les décrivent ».


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