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Le Pape nomme un envoyé spécial à Medjugorje

© Ivan Smuk / Shutterstock
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Mgr Henryk Hoser, désigné par le souverain pontife, aura une "mission strictement pastorale et non inquisitoriale", pour le bien des fidèles.

Il avait annoncé une décision sur Medjugorje pour bientôt, et la décision est arrivée mais pas forcément celle à laquelle fidèles et pèlerins pouvaient s’attendre : le pape François a nommé un « envoyé spécial » à Medjugorje en la personne de Mgr Henryk Hoser, archevêque de Varsovie-Praga en Pologne, non pour  trancher sur la question des présumées apparitions mariales mais, selon un communiqué du Saint-Siège, pour « avoir une connaissance plus approfondie de la situation pastorale » qui se vérifie depuis plus de 36 ans sur ce lieu de pèlerinage et ne peut prétendre à l’appellation de « sanctuaire » tant que les pèlerinages diocésains n’y sont pas autorisés.

Connaître les besoins des pèlerins

L’envoyé du Pape aura donc « une mission strictement pastorale et non inquisitoriale » a précisé aux journalistes le porte-parole du Saint-Siège, Greg Burke. Son travail servira de complément d’enquête à celle menée par la commission de prélats et experts internationaux, remise sous forme de rapport « complet et détaillé » à la Congrégation pour la doctrine de la foi, laquelle, rappelle-t-on, ne peut se prononcer tant que les apparitions ne sont pas finies. François, selon le communiqué, veut « connaître les besoins des pèlerins » qui se rendent à Medjugorje et, à partir de là, « suggérer des initiatives pastorales pour le futur », rapporte Radio Vatican.

« Nous sommes sur le point de prendre une décision », avait annoncé le pape François au retour de son déplacement à Sarajevo, en Bosnie-Herzégovine, en juin 2015. Quelques jours plus tard, lors d’une messe à Sainte-Marthe au Vatican, il ironisait sur les « voyants »  qui prétendent assister à des apparitions régulières de la Vierge, mettant en garde contre la tentation de d’une  « spiritualité chrétienne un peu éthérée ».


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Dans la petite localité de Medjugorje, située à 25 kilomètres au sud-ouest de Mostar, en Bosnie-Herzégovine, la Vierge serait apparue à de très nombreuses reprises après une première apparition à six enfants de la région, en 1981. Le va-et-vient des pèlerins est depuis continu. En un peu plus de 36 ans, leur nombre a dépassé les 50 millions, selon différentes sources. Une centaine d’évêques et plusieurs cardinaux se sont rendus à Medjugorje. Plus d’un million de personnes, avec parmi eux plus de 40 000 prêtres, s’y rendent chaque année, dont 30 000 pèlerins français.

Pour gagner du temps ?

Face à un phénomène dont l’ampleur et les fruits ne peuvent laisser indifférent, comme celui enregistré à Medjugorje, la décision du Pape, selon beaucoup, révèle un grand souci de traiter « cette affaire » avec respect. Il estime en effet qu’une « attention excessive » portée aux « messages » et « secrets » attribués à la Vierge, peut dans certains cas détourner les fidèles du cœur du message évangélique, comme souligné par Vatican Insider. « Mais la Vierge est Mère ! Elle n’est pas un chef de bureau de la Poste qui envoie des messages tous les jours », avait-il lancé en novembre 2014 dans une de ses homélies à Sainte-Marthe, à l’intention de tous ceux qui passent leur vie à courir après des messages et des prophéties sur l’avenir. Et l’année suivante, en juin : « Mais où sont ces voyants qui nous disent aujourd’hui quelle lettre la Vierge enverra à 16 heures ? Et ils vivent de cela. Cela n’est pas l’identité chrétienne. La dernière parole de Dieu s’appelle Jésus, rien de plus ». Pour d’autres, en prenant cette décision, le Pape chercherait à gagner du temps…

Dénouer un vieux litige

Mgr Hoser sera en contact avec l’évêque diocésain et les franciscains qui ont en charge la paroisse de Medjugorje, très probablement pour « y voir plus clair » dans les relations conflictuelles qui agitent le clergé local depuis le début des présumées apparitions, supposent divers commentateurs. « La nomination par le Pape d’un administrateur apostolique pour Medjugorje est « une hypothèse étudiée » par Rome « mais aucune décision n’a été prise en ce sens », avait déclaré en juillet 2016 le bureau de presse du Saint-Siège, réagissant à des rumeurs de la presse locale annonçant l’intention du Vatican de retirer aux frères franciscains la gestion des lieux.

Dans un passé récent, deux propositions ont été avancées : restaurer l’ancien diocèse de Trebinje, afin de soustraire Medjugorje au territoire de Mostar, ou créer un sanctuaire dont la gestion serait confiée à un recteur de l’extérieur. À ce jour, la position officielle de l’Église catholique repose sur la Déclaration de Zadar, fruit d’un long travail de la Conférence épiscopale d’ex-Yougoslavie qui, au bout de sept ans d’études, est arrivée à la conclusion : « Il n’existe pas de certitude sur l’origine surnaturelle des événements de Medjugorje ».


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