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Trafic d’organes : un colloque au Vatican fait polémique

This picture shows the sunset seen from Rome over St Peter's basilica at the Vatican on October 1, 2012. AFP PHOTO / TIZIANA FABI (Photo credit should read TIZIANA FABI/AFP/Getty Images)
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La présence de hauts responsables chinois est mal perçue par les experts en éthique médicale, mais le Saint-Siège assume.

La réaction à la polémique suscitée par la participation de Pékin à un colloque international sur le trafic d’organes, au Vatican, ne s’est pas faite attendre : « Nous ne couvrons pas les pratiques de la Chine en matière d’organes », a déclaré le chancelier de l’Académie pontificale des sciences, Mgr Marcello Sorondo, en ouvrant les travaux, les 7 et 8 février, « nous voulons renforcer la position actuelle du gouvernement chinois qui souhaite vraiment opérer un changement » dans son système de « prélèvement d’organes ». Système dont certaines pratiques « forcées » – malgré une nouvelle loi passée en janvier 2015 – continuent de susciter une forte inquiétude parmi les experts en éthique médicale et les organismes de lutte.

Le congrès, organisé par l’Académie pontificale des sciences, est consacré au « trafic d’organes » et « tourisme des greffes », souvent dénoncés par le pape François parmi « les nouvelles formes d’esclavage du XXIe siècle ». Une cinquantaine de spécialistes de plus de vingt pays – représentants gouvernementaux, procureurs, enquêteurs, juges, journalistes – était invitée à venir plancher sur une nouvelle ligne de conduite à proposer face à ce fléau pas suffisamment pris en compte – ou trop silencieusement – selon le Saint-Siège, par les acteurs de la vie internationale, comparé aux autres violations des droits de l’homme au niveau mondial.

Le Pape assume

La polémique soulevée par la présence des hauts représentants chinois, quelques jours avant l’ouverture du colloque, était arrivée jusqu’aux oreilles du Pape qui a maintenu l’invitation, mais également demandé à Pékin « un signe tangible » de cette « conversion »  comme le « démantèlement des salles opératoires dans les prisons ». Une réaction dans le pur style de sa nouvelle stratégie de paix visant à transformer des dossiers – petits et grands – qui fâchent en nouveaux terrains de dialogue « actif et créatif », comme largement développé dans son message pour la célébration de la 50e Journée mondiale de la paix. Le Saint-Père souhaite dans ce message que « ce soient la charité et la non-violence qui guident la manière des gens de se traiter les uns les autres dans les relations interpersonnelles, dans les relations sociales et dans les relations internationales ».

La polémique

« Qu’il n’y ait pas aujourd’hui de prélèvements d’organes illégaux en Chine, nous ne pouvons l’affirmer, mais nous voulons soutenir un changement de direction » en ce sens, a confié aux médias le haut représentant du Saint-Siège. De son côté, Huang Jiefu Wang Haibo, le président et membre du comité chinois pour le don et le prélèvement d’organes, a rappelé que Pékin, depuis janvier 2015, « a officiellement banni cette pratique dans toutes les circonstances », y compris celle pratiquée sur les prisonniers. Une lettre des représentants chinois a été envoyée à l’Académie pontificale des sciences, à la veille de l’ouverture des travaux. Dans cette lettre, ils confirment « leur engagement » à faire respecter « le nouveau système ». Système contesté « à l’intérieur comme à l’extérieur » de la Chine, par ceux qui « ne veulent pas renoncer aux bénéfices du vieux système », dont ils se disent « eux-mêmes victimes », ont-ils confié aux médias, et contre lesquels ils espèrent « le soutien de la communauté internationale », rapporte Vatican Insider.

« Il y a une tolérance zéro, toutefois la Chine est un grand pays avec une population de 1,3 milliards de personnes, donc il est possible qu’il y ait des violations de la loi. Si c’est avéré, cela sera sévèrement réprimé », a garanti Huang Jiefu aux journalistes. Selon un rapport canadien de trois chercheurs publié en juillet, entre 60 000 et 100 000 opérations de transplantations auraient lieu chaque année en Chine, la plupart clandestines, très loin des 10 000 greffes d’organes officiellement déclarées par le régime. Selon les auteurs du rapport, jusqu’à 1,5 millions de pratiquants du Falun Gong auraient été tués pour leurs organes depuis 1999.

« Encore trop de silence »

Et cette rencontre au Vatican, a souligné Mgr Sorondo, a justement pour objectif d’étudier « le mouvement de l’argent qui tourne autour de ce phénomène, la réelle étendue du trafic ». Le Vatican déplore « beaucoup de silence autour de cette question ». Or, a insisté le chancelier, « prendre un organe à quelqu’un et le commercialiser est un crime contre l’humanité » qui doit être dénoncé haut et fort comme tel pour « susciter plus de conscience ». Notamment chez les médecins, cette pratique ne pouvant se passer de « leur complicité », a-t-il relevé, et dans l’opinion publique pour éviter « les confusions » entre un vrai « don d’organe », un « prélèvement forcé » ou « trafic », dans des pays confrontés à d’autres formes d’exploitation, comme l’exploitation sexuelle ou le travail des mineurs.

Ce mercredi, à ce propos, à l’occasion de la Journée mondiale de prière et de réflexion contre la traite des personnes, le Pape a encore une fois appelé les responsables gouvernementaux du monde à ne ménager aucun effort pour « éradiquer ce crime honteux et intolérable », en étant plus à l’écoute des « plus petits, des humiliés dans leur dignité », a-t-il souligné à l’audience générale.

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