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Les chrétiens pris au piège des mesures de Donald Trump

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Au Proche-Orient, les chrétiens y voient "une étrange manière" de les défendre...

La décision du président Donald Trump de fermer les frontières américaines aux étrangers issus de sept pays à majorité musulmane « n’aidera pas les chrétiens mais envenimera au contraire la situation, risquant de déclencher des actes de vengeance contre eux au Moyen-Orient et de renforcer l’idée d’une guerre de l’occident contre l’islam », ont estimé des personnalités religieuses chrétiennes dans la région, au lendemain des nouvelles mesures prises par le président américain, Donald Trump, en matière d’immigration. Certains dénoncent même « une instrumentalisation du dossier minorité » et d’autres « une continuité dans la manière étrange de défendre la démocratie dans la région » qui ne fait que se répéter depuis les attentats aux Tours jumelles, le 11 septembre 2001.

Ce que veulent les chrétiens

« Nous, chrétiens de Syrie et du Proche-Orient, n’apprécions pas les discours qui font la différence entre nous et les musulmans lorsqu’est en jeu la justice, la paix et l’aide aux personnes dans le besoin », a notamment confié l’évêque chaldéen d’Alep, Mgr Antoine Audo, à l’agence Fides, en réagissant à la volonté du président américain d’accorder le statut de réfugié « en priorité » aux chrétiens ayant subi des persécutions, estimant que ces derniers bénéficiaient d’un accueil « injuste » et « discriminatoire » sous la précédente administration Obama. Les mesures et les lois « doivent être justes et appliquées de la même manière pour tous, sans discriminations », a-t-il estimé. Ce que demandent les chrétiens, ne cesse-t-il d’insister, n’est pas « d’être aidés à émigrer mais d’avoir la paix dans leurs pays, pour vivre et témoigner »sur les terres de leurs ancêtres.

L’option du président américain est « un piège pour les chrétiens du Proche-Orient », a réagi de son coté le patriarche de Babylone des chaldéens, S.B. Louis Raphaël I Sako, patriarche de l’Église catholique orientale à laquelle appartient la très grande majorité des chrétiens irakiens, rapporte toujours l’agence Fides. Toute politique d’accueil qui discrimine les persécutés et les souffrants sur base religieuse, estime le Patriarche, finit par nuire aux chrétiens d’Orient, car « elle fournit des arguments à toutes les propagandes et à tous les préjudices qui attaquent les communautés autochtones du Proche-Orient en tant que corps étrangers et groupes soutenus et défendus par les puissances occidentales ». L’évêque a mis en garde l’administration américaine contre le risque de porter de cette façon « honte et violences » aux chrétiens du Proche-Orient, eux qui « souffrent déjà de préjugés, car  vus comme des minorités protégées par les puissances occidentales », rapporte de son côté l’agence AsiaNews.

« Les souffrants qui demandent de l’aide, a conclu Mgr Sako, rapporte Fides, n’ont pas besoin d’être divisés sur la base d’étiquettes religieuses et nous ne voulons pas de privilèges. L’Évangile nous l’enseigne et le pape François nous l’a montré également en accueillant à Rome des réfugiés ayant fui le Proche-Orient, tant chrétiens que musulmans, sans faire de distinctions ».

« Une instrumentalisation inacceptable »

Et les patriarches de Syrie et d’Irak ne sont pas les seuls à penser que ce n’est pas rendre service aux communautés chrétiennes que de donner « l’air de les privilégier « . Au Liban, le père Georges Massouh, du centre islamo-chrétien de l’université de Balamand au Liban, pense lui aussi que l’exemption des chrétiens de l’interdiction d’entrer aux États-Unis  ne fera « qu’exacerber la haine et l’extrémisme ». Dans un entretien au journal L’Orient Le Jour, il dénonce même une « instrumentalisation inacceptable » du dossier « minorités » dont tous les peuples de la région, y compris les chrétiens, craint-il, « paieront un jour le prix ». Une claire allusion aux puissances de France, Grande Bretagne, Russie, qui sont partis installé leur autorité au Moyen-Orient contre l’Empire ottoman, sous prétexte de défendre les minorités chrétiennes, druzes, orthodoxes, juifs… « , souligne le quotidien libanais.

Rien de nouveau depuis le 11 septembre 2011

De ce point de vue, selon le père Bernardo Cervellera, directeur d’AsiaNews, Donald Trump semble poursuivre la même politique que ses prédécesseurs. En 2001 après l’attaque des Tours jumelles, Georges Bush avait décidé d’attaquer l’Afghanistan (même si la majorité des kamikazes étaient Saoudiens) et avait appelé « croisade » cette opération. Résultat immédiat : une série d’attentats contre les chrétiens au Moyen-Orient et au Pakistan. Sous Barack Obama, et son « étrange manière de défendre la démocratie dans la région », commente le missionnaire et journaliste italien, même topo : après tous les printemps arabes, il a fini par soutenir les Frères musulmans en Égypte qui se sont sentis libres d’attaquer églises et chrétiens dans tout le pays (outre divers attentats en Irak). Pour l’heure, le religieux ne voit donc qu’une continuité entre les présidents républicains et démocrates. Continuité, craint-il, qui « ne fait que fomenter et soutenir une guerre entre l’Occident (américain) et le monde musulman, sans se préoccuper de voir si le terrorisme extrémiste ne se vengera pas ensuite sur les chrétiens ».

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