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Pape François : « Le chrétien doit apprendre à vivre dans l’attente comme une femme enceinte »

Isabelle Cousturié - Publié le 01/02/17

À l’audience générale, le Saint-Père a livré un nouvel enseignement sur l’espérance chrétienne.

Espérer pour un chrétien c’est « apprendre à vivre dans l’attente, comme une femme enceinte… ce n’est pas facile mais ça s’apprend », a déclaré le pape François dans sa nouvelle catéchèse sur l’espérance chrétienne, à l’audience générale de ce mercredi 1er février. Pour étayer son nouvel enseignement, l’invitation de saint Paul aux premières communautés de « porter l’espérance du salut » comme un casque « bien accroché » sur la tête, face aux épreuves de la vie. L’occasion pour le Saint-Père de méditer sur « la peur de la mort » et réaffirmé « la certitude de notre résurrection à venir, et celle de nos défunts ».

Face à lui, des milliers de fidèles et pèlerins rassemblés dans la salle Paul VI, dont différents élèves de collèges français, et un groupe d’une équipe Notre-Dame de Puy-en-Velay. À la fin de l’audience, le Pape a salué une délégation du Mouvement catholique mondial pour le climat, et un groupe de religieux et consacrés venus à Rome à l’occasion de la Fête de la Vie consacrée, ce jeudi 2 février.

S’ouvrir à un avenir d’espérance

« Quand une femme se rend compte qu’elle est enceinte, elle apprend chaque jour à vivre dans l’attente de rencontrer le regard de cet enfant qui naîtra ». Pour le chrétien c’est pareil : « Il doit apprendre à vivre dans l’attente de voir le Seigneur, de Le trouver », a expliqué le Pape, comme cela est indiqué dans le Nouveau Testament, où « l’espérance prend une dimension extraordinaire en raison du mystère pascal ».

Saint Paul, dans sa lettre aux Thessaloniciens, invitait les premières communautés à porter « l’espérance du salut » comme « un casque » bien planté sur la tête face « aux craintes et aux doutes », à commencer par « la peur de mourir que tout le monde éprouve », comme « ce petit vieux auquel je pense, a improvisé François, qui m’a dit : je n’ai pas peur de la mort mais un peu peur de la voir arriver ». L’apôtre, a-t-il poursuivi, essaie de faire comprendre à la communauté de Thessalonique « les conséquences décisives » de la résurrection du Christ sur « l’histoire du monde et sur tout homme », comprenant que la grande difficulté du chrétien, voire du plus fervent des chrétiens, n’est pas tant de croire en la résurrection du Seigneur mais en celle des morts.

La résurrection des morts, une certitude

Avoir la foi suppose que l’on croit en la résurrection des morts, et si cette croyance était difficile à faire comprendre jadis, elle l’est encore aujourd’hui. Cette lettre de Saint Paul « est donc très actuelle », a alors souligné le Pape : « À chaque fois que nous voyons la mort en face, la nôtre ou celle d’un proche, notre foi est mise à l’épreuve. Tous nos doutes remontent, toute notre fragilité et nos questions : Vraiment il y aura la vie après la mort… ? Je pourrai revoir et serrer dans mes bras les personnes que j’ai aimées… ?” »,  autant de questions qui montrent bien que « nous avons besoin, aujourd’hui comme hier, de retourner aux racines et fondements de notre foi, pour prendre conscience de tout ce que Dieu a fait pour nous en Jésus-Christ et ce que signifie notre mort ». Mais pour cela, a rappelé le Pape, il faut « un cœur humble, pauvre », de ceux qui savent attendre et non de ceux qui « pleins d’eux-mêmes et de leurs avoirs, n’ont confiance en personne, à part eux-mêmes ».

L’espérance chrétienne, a insisté le Pape, c’est donc attendre quelque chose qui s’est déjà réalisée « La porte est là, j’espère arriver à cette porte, que dois-je faire ? », doit se demander le croyant c’est « avoir la certitude de marcher vers quelque chose qui existe, et non vers quelque chose que l’on aimerait voir exister ». Et cette certitude, comme souligné par saint Paul devant la jeune communauté de Thessalonique, c’est que « nous serons pour toujours avec le Seigneur ». Une phrase à laquelle le Pape s’est dit particulièrement sensible, celle-ci lui transmettant un « fort sentiment de sécurité » et « tant d’espérance » en lui, comme il a confié aux fidèles et pèlerins dans la salle Paul VI, les invitant ensuite à répéter trois fois derrière lui : « Nous serons pour toujours avec le Seigneur ».

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